Hurlements 2

Howling 2 : Stirba Werewolf Bitch Film d’horreur américain, britannique, tchèque (1985) de Philippe Mora, avec Christopher Lee, Reb Brown, Annie McEnroe, Marsha A. Hunt et Sybil Danning – 1h31

A l’enterrement de sa sœur, Ben et sa fiancée Jenny apprennent par Stefan Crosscoe, un spécialiste de l’occulte, qu’elle était un loup-garou. Il leur propose de l’accompagner en Transylvanie pour tuer Stirba, reine millénaire des loups-garous…

Le grand Christopher Lee a dit qu’il avait voulu jouer dans Hurlements 2 parce qu’il n’avait jamais fait de film de loup-garou. Quelques années plus tard, sur le plateau de Gremlins 2, il s’est officiellement excusé auprès de Joe Dante pour avoir participé à une si pitoyable suite d’un de ses films. Mais que s’est-il passé entre les deux ? Le romancier Gary Brandner obtient de Hemdale la possibilité de monter ce Hurlements 2 sans le proposer à Dante auquel il n’a pas pardonné les libertés de son adaptation. L’auteur aurait bien écrit le scénario lui-même s’il n’avait pas été accaparé par la rédaction d’un nouveau roman. C’est donc Robert Sarno qui s’occupe du script… qui n’a aucun rapport avec le roman d’origine. Le français Philippe Mora est chargé de réaliser le film en Tchéquoslovaquie encore soviétique – avec toutes les difficultés que cela implique – avec des costumes de loups-garous qui sont en fait recyclés de ceux de La Planète des singes ! Lee est accueilli en héros à Prague de par son passé de tueur de nazis, il fait visiter la ville à son réalisateur en lui décrivant toutes les horreurs qu’il y a vu, et passe le reste du tournage à prier secrètement de pouvoir le quitter, consterné par la médiocrité de Reb Brown, un routier du nanar notamment vu chez Bruno Mattei (Strike Commando et Robowar), auquel il donne la réplique. Quant à Stirba, reine des loups-garous, elle est jouée par Sybil Danning, lassée de devoir tourner nue dans tous ses films et qui accepte l’offre de Mora une fois que ce dernier lui a garanti qu’elle n’aura à concéder qu’un seul et unique plan topless (on y reviendra).

A l’arrivée, Hurlements 2 (dont on vous laissera choisir parmi les nombreux sous-titres qu’on lui a affublé, d’un générique Horror au teenage Your Sister is a Werewolf, notre préférence allant naturellement à Stirba Werewolf Bitch !) est un authentique nanar. Pas étonnant que Christopher Lee se soit senti déshonoré ; il ne cache d’ailleurs aucunement sa consternation dans le film même. Du prologue cheap où l’acteur, grossièrement détouré sur un ciel étoilé, cite un passage de la Bible insistant sur le mot prostitution, à l’affrontement final rigide tout en effets spéciaux à hurler de rire, l’ancienne star de la Hammer traverse le long-métrage comme un fantôme, mains dans le dos, attendant patiemment que tout ce bordel se termine. Mais Philippe Mora ne semble pas vouloir laisser le pauvre acteur tranquille, surtout quand il l’affuble d’un costume des plus ringards, avec blouson similicuir, chemise fluo et lunettes de soleil ridicules, pour infiltrer une boîte de nuit fréquentée par des loups-garous. A ce moment, le dégoût de Lee est particulièrement visible sur son visage, hurlant silencieusement son profond désarroi. Le reste du temps, il donne la réplique à ce gros benêt de Reb Brown, armoire à glace qui, malgré toute la bonne volonté du monde, est tout simplement incapable de jouer correctement, et à Sybil Danning passant son temps à feuler et répéter des incantations bidons, sa poitrine faisant le reste (on y reviendra, promis !).

La reine des loups-garous Stirba (Sybil Danning) bien habillée… quand elle est habillée, bien sûr.

Quant à l’aventure de Hurlements 2, on passe d’un Los Angeles baignant dans le jus 80’s le plus démodé, avec chanson electro-nulle répétée ad nauseam et punks du dimanche, à une Transylvanie cumulant tous les clichés de l’Europe de l’Est peuplée d’habitants aussi sales que superstitieux. Philippe Mora oscille entre scènes d’action conçues sans aucune notion de raccords, déchargeant balles d’argent et grenades à l’eau bénite (et le petit conseil en plus pour se prémunir des loups-garous : les boules quies à la cire bénite !), et gros plans aussi gores que fugaces montrant aussi bien loups-garous simiesques, chauve-souris violeuse de bouches que nain maltraité, ayant d’abord les yeux qui explosent avant de se faire balancer du troisième étage pour atterrir sur un lot de piques acérées. Dans un tel foutoir, les loups-garous peuvent évidemment apparaître quand bon leur semble, que ce soit par nuit de pleine lune ou en plein jour sur une banquette arrière ! Mais Hurlements 2 est surtout racoleur, profitant de l’instinct bestial de ses lycanthropes comme prétexte pour foutre tout le monde à poil, dans tous les sens du terme. Que ce soit pour attirer des proies au début à L.A., pour célébrer la renaissance de Stirba par un triolisme humano-canin ou pour se mettre à l’aise dans sa chambre d’hôtel avec le petit coup vite fait de Ben et Jenny (je vous retranscris l’intégralité du dialogue préliminaire : « – Il est beau cet hôtel. – Oui. – J’ai envie de toi. » Fin de transcription). Ce qui nous amène au point d’orgue de Hurlements 2 : le plan où Sybil Danning dégrafe sa robe ! Mora ne lui a pas menti, c’est effectivement le seul plan la montrant seins nus. Ce qu’il ne lui a pas dit en revanche, c’est que, pour être sûr de rentabiliser le plan, il allait le répéter pas moins de 17 fois dans la dernière bobine ! Un accès de générosité polissonne qui fait définitivement entrer Hurlements 2 dans la légende…

BASTIEN MARIE


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