Pokemon : Detective Pikachu

mv5bndu4mzc3nze5nv5bml5banbnxkftztgwmze1nzi1nzm40._v1_sy1000_cr006741000_al_Film d’aventures américain, japonais, canadien (2019) de Rob Letterman, avec Ryan Reynolds, Justice Smith, Kathryn Newton, Bill Nighy, Chris Geere, Suki Waterhouse et Ken Watanabe – 1h44

Le jeune Tim Goodman se rend à Ryme City après le décès de son père détective. Il y rencontre un Pikachu parlant, ancien partenaire de son père mais amnésique depuis l’accident qui lui a coûté la vie. Ensemble, ils vont mener l’enquête laissée par le père parmi les hommes et les Pokémons…

Après 22 films d’animation dont seulement trois sont sortis dans les salles françaises avec un succès fort décroissant, l’univers Pokémon fait sa première incursion live avec ce Pokémon : Detective Pikachu, chapeauté par Legendary Entertainment et The Pokemon Company. C’est apparemment le succès de l’application Pokémon Go qui aurait convaincu la Pokémon Company de se lancer dans un film live et de céder les droits d’adaptation à Legendary qui, en cas de succès, envisagerait de lancer plusieurs films adaptés des jeux Nintendo. Ce qui ne manque pas de rappeler à notre bon souvenir le calamiteux Super Mario Bros (1993)… Pas question de se refaire avoir ce coup-ci, c’est pourquoi Detective Pikachu, vaguement inspiré du jeu éponyme, a été développé main dans la main avec les créateurs des Pokémons et que le réalisateur Rob Letterman (Gang de requins, 2004 ; Chair de poule – le film, 2015) a surtout visé la fidélité absolue. Et surtout qu’on a empêché Ryan Reynolds, casté dans le rôle de Pikachu malgré une pétition en ligne qui réclamait Danny De Vito dans le rôle, de faire n’importe quoi comme sur un vulgaire Deadpool.

Et c’est pourquoi, à bien des égards, Pokémon : Detective Pikachu reste un film bien sage, si ce n’est verrouillé. Hormis son addiction à la caféine, la souris électrique reste une créature toute mignonne, avec ses grands yeux noirs et son pelage de nounours. L’ambiance de film noir dans laquelle baigne le film reste strictement compatible avec le public familial visé. Le décor draine des influences visuelles (la bourgade de province à la Gremlins, Ryme City baignée aux néons de Blade Runner) qui ne se tiennent qu’à l’évocation. L’enjeu écologique du film et le rapport des hommes aux Pokémons sont réduits au plus simple. Et surtout, les Pokémons ne jouent finalement qu’un rôle peu actif dans leur propre film. Il y a très peu de bastons de Pokémons et, hormis Pikachu et Mewtwo, le seul à avoir une scène significative est l’humanoïde M. Mime. Faisant apparaître 60 des 800 Pokémons existants, la plupart à un simple rôle de figuration malgré leur rendu convaincant, Rob Letterman semble un peu embarrassé par son imposant bestiaire et n’arrive pas à envisager les monstres de poche comme autre chose que des animaux de compagnie.

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Dans le rôle de Pikachu, Ryan Reynolds n’a jamais été aussi mignon !

Curieusement, dans l’industrie actuelle, cette forme prudente et contrainte de Pokémon : Detective Pikachu joue plutôt en sa faveur. Soigneux de ne jamais déborder du cadre qu’il se donne, habile dans son équilibre entre fan service et ouverture aux néophytes, le film de Rob Letterman a le mérite de se montrer très honnête et à hauteur de son public, avec une candeur manquant cruellement à une concurrence trop occupée à jouer au petit malin. Pokémon : Detective Pikachu visant essentiellement le jeune public, il s’en tient à un premier degré salutaire et à une (en)quête du père classique mais bien menée. Le film évite également tous les pièges méta qui se tendaient à lui, soucieux de la crédibilité de son univers plutôt que de son commentaire et léger dans ses influences qui auraient pu être envahissantes et verser dans une nostalgie indigeste. Certes, au max de son potentiel, Pokémon : Detective Pikachu aurait pu rivaliser avec un Qui veut la peau de Roger Rabbit ? mais, plutôt qu’aller se brûler les ailes en se mesurant à Robert Zemeckis, Letterman s’en tient à un travail beaucoup plus modeste et livre l’honorable film familial qu’on lui demande. Et pour une fois qu’on pourra emmener les gosses voir un blockbuster hollywoodien sans crainte…

BASTIEN MARIE


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