Unicorn Store

mv5bzdnjmmq1mwqtnjnjni00ymeylwe0mmmtnjaynjixy2ezmgfhxkeyxkfqcgdeqxvyodc0oteyndu40._v1_sy1000_cr006751000_al_Comédie américaine (2017) de Brie Larson, avec Brie Larson, Samuel L. Jackson, Joan Cusack, Bradley Whitford et Mamoudou Athie – 1h32

Après avoir manqué ses études artistiques, Kit accepte un job par intérim dans une boîte de design. Sur le point d’abandonner ses rêves au profit de cette vie bien rangée, elle est invitée dans une mystérieuse boutique tenue par un vendeur excentrique qui lui propose d’acquérir une licorne…

Attention, cette bafouille peut contenir des spoilers (si jamais vous vouliez voir le film, sait-on jamais). Merci de votre compréhension.

Quand elle n’était pas encore une super-héroïne capable de se cracher sur Terre sans une égratignure, mais déjà l’ex de Scott Pilgrim, Brie Larson passait encore des auditions comme n’importe quelle autre actrice. Par exemple pour un film dont l’héroïne, ayant du mal à passer à l’âge adulte, se voit proposer d’adopter une licorne, un projet que doit à l’époque réaliser Miguel Arteta (Be Bad !) et dont la principale concurrente pour le rôle est Rebel Wilson. Son Oscar remporté pour Room fait pencher la balance du côté de Larson mais, manque de bol, Unicorn Store n’a plus de réalisateur. Sur les conseils de la scénariste Samantha McIntyre, Brie Larson en profite donc pour se lancer dans la réalisation de son premier long-métrage et a la chance de voir Samuel L. Jackson se proposer spontanément dans le rôle du vendeur de licorne. Tourné en 2017, passé inaperçu au festival de Toronto, Unicorn Store aurait pu tranquillement rester dans un tiroir. Sauf qu’à la faveur du succès d’un Captain Marvel, Netflix a pu racheter le premier film de l’actrice pour une bouchée de pain afin de le sortir pile poil un mois après le carton de la production Marvel.

Dans le plus pur style Netflix donc, Unicorn Store profite d’un coup de pub à peu de frais pour un résultat qui n’en demandait pas tant. Pour son premier film, Brie Larson ne compte que sur l’excentricité de son pitch et sur une indigeste esthétique strass et paillettes pour se faire remarquer. Devant sa propre caméra, l’actrice est beaucoup moins inspirée que devant celle des autres, campant une agaçante femme enfant voulant convaincre les gens de se rappeler de leurs rêves d’enfance sans même être sûre de croire encore aux siens. Face à elle, Samuel L. Jackson n’arrive même pas à cabotiner aussi bien que d’habitude dans le costard rose bonbon d’un monsieur loyal quelconque. Sans doute pensé pour être singulier et original sur un grand écran, Unicorn Store devient terriblement formaté sur la plateforme VOD, vendant un univers bariolé qui ne concerne finalement qu’une poignée de séquences au milieu d’un monde gris et neutre, anesthésié par des couches de dialogues monocordes et stoïques, car c’est ça, être adulte.

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Kit (Brie Larson) contemple son oeuvre et se demande s’il ne faudrait pas se calmer sur les couleurs…

L’ironie involontaire de Unicorn Store est parfaitement résumée dans sa fugace scène d’introduction. Lors d’un examen aux beaux-arts, la petite Kit peinturlure tout un mur de couleurs criardes, tâchant aussi ses fringues et son visage, alors que les autres candidats ont opté pour d’austères autoportraits en noir et blanc. Le discours du film est posé avec un manichéisme manifeste : Kit devra s’accrocher à son rêve d’enfant dans le morne monde adulte. Sauf que Brie Larson ne va même pas au bout de cette logique, pourtant élémentaire, et regarde son personnage désespérément désirer une licorne avant d’y renoncer quand il ne reste plus qu’à la ramener chez elle. Unicorn Store est donc un joli conte d’apprentissage à la normalité et au conformisme, son héroïne finissant par adopter le point de vue de son entourage et à se faire à son boulot merdique. La fantaisie du film n’est vraiment qu’une façade dont il faudra se débarrasser pour grandir. Un contresens final assez ahurissant qui donne de sérieux doutes sur l’avenir de réalisatrice de Brie Larson…

BASTIEN MARIE


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