Halloween 2

mv5bmje2otezodi0nf5bml5banbnxkftztcwmte4mty2mg-_v1_Film d’horreur américain (2009) de Rob Zombie, avec Scout Taylor-Compton, Tyler Mane, Malcolm McDowell, Brad Dourif, Danielle Harris et Sheri Moon Zombie – 1h45

Un an après avoir survécu à la vague de meurtres de Haddonfield le soir de Halloween par Michael Myers dont le corps a mystérieusement disparu, Laurie Strode se voit rappelée à son trauma par un livre polémique du docteur Loomis et par le retour du tueur…

Trop contents d’avoir ressuscité Michael Myers dans le remake de Halloween (2007), les frères Weinstein ont forcément eu envie d’en faire une suite que Rob Zombie ne devait pas signer lui-même. En effet, les frangins lui avaient promis de produire un film plus personnel mais, après lecture du scénario de catcheurs mexicains que leur tend Zombie (et qui deviendra plus tard un film d’animation), ils font aussitôt machine arrière. Zombie se résigne alors à donner suite à son Halloween, ce qui fait sauter le travail d’Alexandre Bustillo et Julien Maury initialement prévus pour le remplacer, et emballe ce Halloween 2 en six mois, du scénario au montage. Comme le veut la coutume, les Weinstein passent derrière la copie avec leurs ciseaux, faisant sauter dix minutes de métrage, et c’est en mars 2010 que sortait chez nous, directement en vidéo, ce Halloween 2 brut de décoffrage, de son image 16 mm au traitement désabusé de Zombie.

Dans de telles conditions de tournage, assez expéditives, Halloween 2 en ressort fatalement comme un film chaotique, monté au hachoir et ne sachant pas trop où aller (comme Michael Myers qui erre pendant une bonne partie du métrage). Le film commence pourtant de manière efficace, comme pour montrer patte blanche aux producteurs en leur livrant ce qu’ils attendent de leur produit : un slasher sauvage. Quelques heures après les événements du premier volet, Myers y va donc de son petit carnage, bien violent, dans l’hôpital où ont été conduites ses victimes (à noter qu’Octavia Spencer passe sous son couteau, rappelant sa première carrière composée de rôles minuscules avant d’être nommée de nombreuses fois aux Oscars). Manque de bol, cette ouverture n’est qu’un rêve de Laurie, rappelée à une réalité bien plus incertaine dans son exécution. Certes, on y reconnaît indéniablement la patte de Rob Zombie, notamment à travers son casting, des caméos de feu Margot Kidder ou Mark Boone Jr aux excellentes prestations de Malcolm McDowell et Brad Dourif. Sans oublier Danielle Harris, s’imposant comme la survivante ultime de Myers en participant à son quatrième épisode de Halloween ! Depuis, Jamie Lee Curtis l’a redoublée

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Michael Myers (Tyler Mane) se fait un petit carnage dans un hôpital pour se mettre en jambes.

Pas de doute, Zombie est bien aux commandes mais dans une attitude plutôt « fuck it all » (Big John apprécierait sans doute), ne cachant pas qu’il tourne ce Halloween 2 sous la contrainte. Paradoxalement, sa personnalité semble s’y afficher plus frontalement encore, libérée des compromis, sans crainte de l’inéluctable remontage. Les apparitions de sa muse Sheri Moon et de son beau cheval blanc notamment, visions du conte de fée tordu que se fait Michael, semblent avoir échappées aux coups de ciseaux des Weinstein sans trop que l’on sache comment. De plus, Zombie trouve de bonnes idées sans se soucier de les lier harmonieusement au script ; on appréciera par exemple la seconde carrière, cynique et ridicule, du docteur Loomis, même si elle n’apporte pas grand chose au récit. Mais ce qui persiste le plus joliment dans le beau bordel de Halloween 2, c’est encore son traitement de Michael Myers. Zombie transforme le boogeyman en clochard en quête de réunion familiale, suggérant même de lui accorder notre empathie comme l’indique une fugitive citation de Frankenstein via la rencontre avec un gosse faisant la tournée des bonbons. Et Zombie poussait même le bouchon plus loin dans son montage original, en faisant carrément parler Myers à visage découvert ! Là, les Weinstein ont clairement posé leur véto, de peur de se mettre les fans à dos et de ruiner des possibilités de séquelles. On sait aujourd’hui qu’il n’y en aura aucune, Halloween 2 fermant tant bien que mal la parenthèse des mésaventures de Haddonfield vues par Rob Zombie, le seul metteur en scène de la série à avoir proposé de laisser tranquille l’héritage de John Carpenter… et par conséquent de s’en montrer le plus digne.

BASTIEN MARIE


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