Link

linkposterThriller britannique (1986) de Richard Franklin, avec Elisabeth Shue, Terence Stamp, Steven Pinner et Locke – 1h43

Jane, une jeune étudiante en zoologie, est engagée par le professeur Phillip pour le servir dans son manoir. Cet endroit reculé permet au primatologue d’étudier le comportement des chimpanzés, cohabitant ainsi avec trois sujets d’observation : Vaudou, une guenon non dressée, Himp, un jeune singe et son aîné Link, ancien animal de cirque se prenant aujourd’hui pour le majordome de la maison. Alors que Phillip confie à Jane ses doutes quant à la véritable intelligence de ces primates, Link va vite lui donner tort, bien décidé à se débarrasser de ce petit monde et à prouver qu’il est bien le maître des lieux…

Principalement connu pour le culte Patrick, qui lui valut le Grand Prix d’Avoriaz en 1978, Richard Franklin fit son retour près de dix ans plus tard dans ce même festival avec Link où il reçut un prix spécial du jury. Initialement prévu pour Anthony Perkins, que Franklin avait dirigé dans Psychose 2, le rôle du pathétique professeur Phillip est tenu par Terence Stamp, dont le charisme en prend donc un petit coup. Dans la peau de la jeune première, on retrouve une Elisabeth Shue débutante (après Karaté Kid mais avant Cocktail et Retour vers le futur pour vous situer…) pour un rôle assez proche de celui qu’elle tiendra dans le Hollow Man de Verhoeven. Autre personnage forcément central du film, Link le chimpanzé est incarné par l’ourang-outan Locke, teint en noir pour l’occasion… Bon, on ne peut pas dire que le maquillage fasse vraiment illusion mais qu’importe, le primate se rattrape largement par ce qu’on peut se permettre de qualifier de performance tant sa direction, ainsi que celle des deux autres (vrais) chimpanzés, est bluffante. Le résultat à l’image a évidemment beaucoup plus de charme que beaucoup des effets numériques systématiques d’aujourd’hui.

mv5bmjvintexowutotgymi00owiyltgyn2etnwi2owrlm2nhywzkxkeyxkfqcgdeqxvymjuyndk2odc-_v1_.jpg
On apprend pas à un vieux singe à faire la grimace mais pour ce qui est de se griller un petit habano tranquilou…

Si son intrigue apparaît somme toute classique, nous présentant un savant mégalo vite dépassé par son cobaye qui ne se prive pas de le remettre à sa place pour nous rejouer l’éternel combat entre l’homme et l’animal, c’est bien par son ton que Link surprend. Loin de se cantonner au thriller oppressant, Richard Franklin n’hésite pas à jouer le décalage et à glisser vers le burlesque, bien épaulé par un Jerry Goldsmith roublard qui livre un surprenant score électro qui rappelle dans le dernier acte son fameux thème de Gremlins. Aussi, le réalisateur australien cumule des plans audacieux que n’auraient pas reniés Raimi et les Coen pour une prise de vue d’un trou de balle (!) au travers une porte (ouf), Peter Jackson pour un plan aérien survolant une colline ou encore De Palma pour un travelling en plongée passant au dessus des cloisons… Largement de quoi faire de Link une série B mieux emballée que la moyenne.

Avant Romero et son excellent Incident de parcours ou bien encore Shakma avec un Roddy McDowall décidément porté sur les singes, Richard Franklin donnait donc déjà dans le primate tueur via ce film aussi curieux que sympathique. Après, si le fait d’avoir un singe pervers dans un film ne suffit pas à votre bonheur et que vous ne goûtez pas aux charmes bucoliques des paysages écossais, c’est sûr qu’il faudra mieux passer votre tour sur ce coup là…

CLÉMENT MARIE


Une réflexion sur “Link

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s