Logan

mv5bztfimdu4ntgtotg3mc00yzm0lwjly2itogm3zgu2njk3mgiwxkeyxkfqcgdeqxvynti4mda1mzi-_v1_sy1000_cr006511000_al_Film de super-héros américain (2017) de James Mangold, avec Hugh Jackman, Dafne Keen, Patrick Stewart, Boyd Holbrook et Stephen Merchant – 2h17

Dans un futur proche, Logan passe ses journées entre son job de chauffeur aux Etats-Unis et une gare abandonnée au Mexique où il veille sur le professeur Xavier. Alors qu’ils pensaient les mutants éteints, une femme leur confie une jeune fille aux pouvoirs semblables à ceux de Logan, et les prie de l’emmener vers la frontière canadienne, à l’abri des agences gouvernementales lancées à sa poursuite…

Ça y est, au bout de neuf films, Hugh Jackman en a sa claque de Wolverine. Non seulement le personnage n’a connu que des échecs quand il partait à l’aventure en solo, mais en plus, avec sa cinquantaine approchante et son cancer, l’acteur a de plus en plus de mal à assumer physiquement le rôle. La Fox lui accorde donc un dernier baroud d’honneur devant la caméra de James Mangold qui l’avait dirigé dans Kate & Leopold (hum…) et Wolverine, le combat de l’immortel, les dernières aventures du griffu en date qui tentait déjà une approche originale pour rendre justice à la sauvagerie du personnage, mais dans un résultat trop haché pour convaincre. Persévérant, Mangold s’accroche au perso en ne tournant aucun film entre deux et entend bien avoir les coudées franches ce coup-ci. Ce que lui accorde la Fox, acceptant la classification R confirmée par le succès maison de Deadpool et lui permettant de tourner un stand alone, faisant fi du reste de l’univers cinématographique de Marvel dont la Fox veut s’écarter pour conserver les droits des X-Men, Fantastic Four et consort.

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Logan (Hugh Jackman) face à un mec qui vient de lui parler de X-Men Origins : Wolverine : coup de griffes imminent !

Ces deux données – la violence et le récit indépendant – est justement ce qui permet à Logan de voler bien au-dessus de la mélasse super-héroïque contemporaine. Le récit indépendant permet à James Mangold de livrer un vrai film (avec un début, un milieu, une fin, et sans putain de bande-annonce à la fin du générique) et un portrait beaucoup plus dense et complet de Wolverine sans qu’aucune tapette avec un masque et une cape vienne lui faire sa pub. Mieux encore, Mangold se moque de cette agaçante perméabilité des productions Marvel en évoquant une expérience traumatique vécue par Logan et Xavier qu’il ne montre pas et qui gagne naturellement en force avec cet implicite mystérieux, sans abîmer la cohérence du film. Quant à la violence de Logan (nécessaire, rappelons-le, quand on parle d’un mec qui a des griffes qui lui sortent des poings), elle permet au film de gagner un propos plus adulte (ce serait pas une première chez Marvel ?) et responsable. Rappelons à ceux dans le fond qui diraient « Hé, Deadpool aussi c’était violent » que la violence que nous montre Mangold a un sens et une implication : les têtes et les membres volent aux quatre coins de l’écran, mais ce n’est pas sans conséquence pour l’assassin qui les coupe, en l’occurrence Logan, qui n’a jamais, au cinéma, été autant à cheval entre le bien et le mal.

Ces quelques aspects suffiraient à Logan pour exploser ses concurrents super-héroïques, mais il s’avère en plus que le film est bon ! Sa mise en scène en Scope, ample et rigoureuse, rappelle le cinéma de Jeff Nichols (Mangold a dû voir Midnight Special récemment), et le film marie hyper bien la légère anticipation et le western (qui se targue d’une convaincante mise en abyme en prime, plus authentique que celle des comics), se montrant parfois digne d’un Mad Max clairement érigé comme modèle (même si Mangold cite plus modestement Beyond Thunderdome). Il faut avouer en revanche que le film est un peu long, confondant ton crépusculaire avec pesanteur, mais Logan brasse assez de thèmes et réussit assez de séquences marquantes pour bien emmener son spectateur au bout du voyage. Surtout que les compagnons de route sont impeccables, de Patrick Stewart (qui devrait lui aussi dire adieu au professeur Xavier sur ce film) laissant deviner sa puissance mentale derrière son apparence de vieillard sénile, à Dafne Keen laissant deviner sa sauvagerie indomptée derrière son apparence de fillette quasi-muette. Et puis Hugh Jackman : on dirait qu’il campe Wolverine pour la première fois tant les échecs successifs avaient émoussé ses griffes, nous faisant oublier l’évidence qu’il représentait dans la peau du griffu. Il a enfin l’occasion de montrer toute son animosité, même usée, dans cet hommage du personnage plein de rage et des cicatrices qu’elle inflige en retour. Une ultime et sombre interprétation qui survole également les huit autres, puisque Logan, j’insiste, n’est pas qu’un bon film de super-héros, mais un bon film tout court.

BASTIEN MARIE

2017.03 - Logan


Une réflexion sur “Logan

  1. Je plussoie ce passage où tu dis que « la violence que nous montre Mangold a un sens et une implication »… Je m’étais gentiment amusée devant Deadpool (la scène du T Rex me restera en mémoire pendant encore longtemps) mais bon, à part faire dans la surenchère, le fond restait affreusement vide.
    Je suis contente qu’on ait enfin un film un tant soit peu à la hauteur du personnage de Logan/Wolverine. Je suis loin d’être une experte concernant les comics, mais je trouve vraiment que c’est un des super héros les plus attachants qui existent (du moins, dans ceux que j’ai pu voir adaptés au cinéma). Peut être parce que c’est un des plus perdus et imparfaits, je saurais pas vraiment l’expliquer.

    P.S. : Concernant l’image, je suis dit exactement la même chose, ahah.

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