Malignant

Film d’horreur américain, chinois (2021) de James Wan, avec Annabelle Wallis, Maddie Hasson, George Young et Michole Briana White – 1h51

Attention, cet article peut contenir des spoilers ! Merci de votre compréhension.

A Seattle, Madison Mitchell est hantée par de terrifiantes visions de meurtres perpétrés par un homme maléfique ayant avec elle un lien plus proche qu’elle ne le pense…

Après un Fast & Furious et entre deux Aquaman, James Wan se ressource dans l’horreur qui l’a vu naître avec Malignant. Bien qu’il porte quasiment le même titre, le film n’est pas du tout l’adaptation du comic-book coécrit par Wan en 2011. Pas de super-héros ici, il s’agit bel et bien d’un film d’horreur des familles que le réalisateur coécrit avec sa compagne et actrice de La Nonne Ingrid Bisu, avec dans le rôle principal Annabelle Wallis, héroïne d’Annabelle, au milieu d’un casting d’autres gens croisés dans le Conjuring-verse. Sauf que contrairement aux autres Saw, Insidious et Conjuring du réalisateur, Malignant ne devrait pas donner lieu à une lucrative franchise pour Warner qui s’est contenté avec ce film d’une sortie technique précédée d’une promo quasi-nulle et déboulant chez nous le 1er septembre, traditionnellement mois le plus calme de l’exploitation cinématographique. Le studio s’est-il senti embarrassé par le dernier-né de son poulain pour en bazarder ainsi la sortie au plus vite ? Dommage car bien que médiocre, Malignant est tout de même très divertissant.

Je ne sais pas pour les quatre autres personnes dans la salle où je l’ai vu, mais j’ai bien rigolé devant ce Malignant qu’on ne peut mieux décrire que tel que l’a fait Fausto Fasulo dans le dernier Mad Movies : « Du William Castle version tuning. » C’est effectivement ce qu’on ressent en sortant, lessivé, des près de deux heures (quand même !) de ce film qui se voudrait être dans la lignée d’un Dario Argento mais qui est surtout un roller-coaster pas très sécure nous laissant avec des courbatures. Le film commence sur les chapeaux de roue avec une séquence d’ouverture qui, déjà, sature : dans le couloir d’un hôpital psychiatrique, les néons explosent, les gardiens démembrés hurlent à la mort et une créature laissé dans le flou grogne à travers les ondes radios ! Déjà déboussolés et prêts à croire n’importe quoi après cette agression inaugurale, nous découvrons ensuite la vie tranquille de Madison (Annabelle Wallis qui joue mal en écarquillant les yeux), du moins jusqu’à ce qu’elle se fasse agressée par son mari buveur de bières (qui ne paie rien pour attendre de mourir dans d’atroces souffrances sous les coups d’une sorte de fantôme japonais dans la scène suivante). Et tout Malignant se déroule ainsi, dans une succession de séquences horrifiques poussant tous les curseurs à donf et abusant de couleurs giallesques et de scènes beaucoup plus plates, animés par de mauvais acteurs (la petite sœur est une contrefaçon de Florence Pugh, le duo de flics est stéréotypé jusqu’au fond de leurs gobelets de café) épluchant des dossiers pour tirer le fil d’un scénario prétexte et mal fichu. Avec entre les deux la pauvre Annabelle Wallis horrifiée par ses visions et par les affreux effets numériques qui leur donnent vie.

Attention, Madison (Annabelle Wallis), derrière toi, des effets spéciaux dégueulasses !

Pendant ce temps, on se demande ce que James Wan a derrière la tête jusqu’à ce qu’on découvre ce que Madison a derrière la sienne : les restes d’un jumeau maléfique devenu une vilaine tumeur dissimulé sous le cuir chevelu et prenant régulièrement le contrôle du corps de son hôte pour massacrer les gens à reculons (un peu comme dans Tenet). Si vous avez du mal à suivre, c’est normal, il faut voir Malignant pour le croire, ce film d’horreur partagé entre quelques jolies idées (la plongée verticale suivant Madison dans les différentes pièces de sa maison montrée comme un plan au sol, la visite dans l’authentique Seattle sous-terrain) et grand guignol généreux (la séquence de massacre/kung fu dans la cellule de prison pour femmes est le moment le plus nawak vu depuis un moment dans un film de studio !) au fil d’un récit dont on ne sait à quel degré il faut le prendre (le film est globalement très sérieux mais laisse traîner quelques répliques laissant penser que les auteurs ne sont pas dupes). Le tout au service d’un propos vaguement dans l’air du temps (Malignant parle d’une masculinité plus que toxique : cancéreuse !) balancé avec la même subtilité qui pousse Wan à utiliser une reprise assourdissante de Where Is My Mind. Un vrai sens de la surenchère qu’on prend avec plaisir.

BASTIEN MARIE


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