Detective Conan : The Scarlet Bullet

名探偵コナン 緋色の弾丸 / Meitantei Conan : Hiiro no Dangan Film d’animation japonais (2021) de Tomoko Nagaoka – 1h50

Alors que Tokyo s’apprête à accueillir les Jeux Sportifs Mondiaux, le détective Conan enquête sur une série de disparitions de personnalités devant assister à l’inauguration d’un train à très grande vitesse surnommé « Japanese Bullet »…

Depuis tout gosse, je suis fan de Detective Conan et son détective rajeuni créé en 1994 par Gosho Aoyama. Découvrant ses aventures dans le désordre des tomes disponibles à la bibliothèque municipale quand j’étais petit, je me suis récemment replongé dedans, dans l’ordre cette fois. J’en suis actuellement au tome 11, il ne m’en reste plus que 87 ! Sans compter la centaine d’épisodes de la série animée et les 24 longs-métrages dont le dernier en date, ce Dectective Conan : The Scarlet Bullet de Tomoko Nagaoka (qui en avait déjà réalisé un avant), est le premier à sortir dans les salles françaises grâce à Eurozoom – un grand merci, les gars ! C’est avec une trépignation tout enfantine que je me rendis dans ma salle de cinéma le diffusant en VO (et où je me retrouvais, sans surprise, tout seul) avant de me rendre très vite compte qu’avoir relu 11 tomes, bah c’est très loin d’être suffisant pour rattraper le train en marche ! Le succès ne devrait donc pas être au rendez-vous, ou en tous cas bien moindre que celui de Demon Slayer : le train de l’infini, carton surprise de la réouverture.

C’est amusant, dès qu’une franchise américaine cite ses épisodes antérieurs, on hurle souvent au fan service. Avec Detective Conan : The Scarlet Bullet, on est à un niveau bien supérieur tant il semble réservé aux fans hardcore de la saga ! Ceux qui l’auraient choisi au pif pour leur séance familiale en feront les frais : leurs chères têtes blondes roupilleront au bout de vingt minutes face à un film qui n’attend pas ceux restés sur le quai. Les profanes devront se contenter du générique de série télé pour avoir les prémisses de cet univers, après quoi ils devront suivre une enquête rocambolesque peuplée d’une myriade de personnages introduits des années plus tôt. Bloqué au niveau 11, je n’ai jamais entendu parler de ces agents du FBI (dont une certaine Jodie Starling, c’est fou comme on s’accroche à ce genre de clin d’œil quand on est en territoire méconnu) ou des autres personnages rajeunis qui accompagnent Conan dans ses aventures. Des personnages animés et qui semblent néanmoins avoir droit à une présence contractuelle ! Dans le souci de n’oublier personne, ils viennent donc s’agglutiner dans cette enquête bien mince pour 1h50 de métrage, la plupart d’entre eux ne faisant pas vraiment avancer l’intrigue.

Le détective Conan se la joue Mission : Impossible sur une autoroute de Tokyo : in your face McFly !

Une intrigue tournant donc autour d’un train inauguré pour les Jeux Sportifs Mondiaux (on dirait bien Jeux Olympiques, mais on a pas les droits) et, tout dépassé qu’on soit par cet univers s’étant tranquillement déployé sans nous, il faut bien dire qu’on a pas le temps de s’emmerder. Déjà parce que, propre à sa nature sérielle, les aventures du Detective Conan fonctionnent toujours plus ou moins de la même manière, et l’affaire, pas beaucoup plus dense que dans les petits dossiers du manga papier, file droit comme une balle avec des scènes d’action, épaulées par de l’animation 3D, assez prenantes (comme la poursuite sur l’autoroute en skateboard). On est beaucoup plus proche de Mission : Impossible que des récits d’Arthur Conan Doyle, imposant une frénésie qui nous fait accepter avec un grand sourire des trucs dont on ne tolérerait pas la moitié dans n’importe quel autre film : déductions capillotractées, gadgets grandiloquents, tours de passe-passe improbables, plans démoniaques inutilement complexes et final destructeur ressemblant à une version CE1 d’Akira. La palme de l’énôrme revenant au tir de sniper traversant des dizaines de kilomètres de tunnel pour toucher une cible bien précise à l’intérieur du train à grande vitesse. Mais qui a vraiment besoin de vraisemblance quand il a Detective Conan et ses aventures réconfortantes, territoire immuable de nos lectures d’enfance, promettant de remettre le couvert en 2022 dans un nouveau film qu’on ne verra très probablement jamais.

BASTIEN MARIE


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