Les Mitchell contre les machines

The Mitchells vs. the Machines. Film d’animation familial américain (2021) de Mike Rianda et Jeff Rowe, avec les voix VO de Danny McBride, Abbie Jacobson, Maya Rudolph, Mike Rianda et Olivia Colman, et les voix VF de Bruno Magne, Lou Viguier, Valérie Bonneton et Claude Perron – 1h53.

Alors que Katie Mitchell doit enfin quitter un cocon familial devenu un peu blasant pour intégrer une école de cinéma en Californie, une énième dispute éclate à table et elle s’en prend directement à son père. Ce brave Rick Mitchell, pour se faire pardonner, annule le billet d’avion de sa fille pour lui offrir une énième virée en voiture afin de relier le Michigan à la côte ouest. Katie, ravie (sarcasme…),n’a que peu de temps pour se morfondre qu’une « robocalypse » menée par l’intelligence artificielle PAL éclate. Rick Mitchell et sa famille cintrée devront s’unir s’ils veulent sauver l’humanité…

Originellement titré Déconnectés (mais Connected en VO), cette nouvelle production de Sony Pictures Animation devait initialement sortir au premier semestre 2020 avant qu’une envahissante « grippette » ne vienne foutre son bordel. D’abord reculé à octobre, on reste sans nouvelles du film jusqu’à janvier 2021 où Netflix annonce avoir racheté pour 110 millions de dollars les droits du bébé répondant désormais au nom de Les Mitchell contre les machines (The Mitchells vs the machines pour un titre VO plus cohérent cette fois-ci) et qui fait donc une entrée mondialisée sur la plateforme le 30 avril dernier. C’est qu’on l’aura attendu ce film !

Car oui, nous attendions ce film pour la simple et bonne raison que nous attendons à peu près tout ce qui se voit accoler les noms Lord/Miller au générique ! Après avoir essuyé les plâtres de Sony Animation avec Tempête de boulettes géantes, un film qui mériterait d’être davantage célébré, ne serait-ce que pour son rythme à toute épreuve et son foisonnement d’idées bien timbrées, Phil Lord et Christopher Miller sont ensuite partis réaliser les surprenantes adaptations 21 puis 22 Jump Street, n’oubliant pas de repasser par la maison mère pour une suite à leur bijou barré intitulée L’île des Miam-nimaux. Après avoir dirigé un autre défi risqué mais relevé haut la main avec La grande aventure Lego, les deux compères se sont quelque peu embourbés sur Solo, finalement remplacés par Ron Howard pour un résultat qu’on peut penser tristement plus convenu… Après une telle déconvenue, il fallait bien pour Lord et Miller retourner chez Sony. Ce qu’ils feront avec brio en chapeautant le remarqué (et remarquable) Spider-man : New Generation et maintenant ce Les Mitchell contre les machines.

Une famille américaine cintrée, la norme d’un divertissement tout public parfaitement bien huilé !

Alors oui, il faut préciser que le film est écrit et réalisé par les nouveaux venus Mike Rianda et Jeff Rowe, déjà à l’œuvre ensemble sur la série Souvenirs de Gravity Fall, et que Lord et Miller n’y sont que producteurs (enfin, on les connait les Miller à la prod…). Néanmoins, nous assumons ce long préambule qui leur est consacré tant Les Mitchell contre les machines porte indubitablement leur touche enlevée et cool, à l’instar de Spider-Man : New Generation avec lequel le film partage un même style graphique particulièrement frais, mélangeant 3D, cell-hading et texture stylisées. Ce rendu coloré, associé à une mise en scène qui ne vous lâche par la rétine d’une frame et aux inserts omniprésents d’onomatopées diverses, de visions cartoonesques fantasmées, voire carrément de vidéos puisées dans ce que YouTube a à offrir de plus crétin, fait une nouvelle fois des merveilles. On aurait aimé que le mythe familial américain soit réinvesti avec autant de fraîcheur mais, s’il est possible de trouver les aventures de nos héros un peu balisées, il sera malgré tout difficile de ne pas s’attacher à ces braves Mitchell qui, lors des courses poursuites et autres scènes d’actions tonitruantes (rythmées par une BO à base de Talking Heads, Le Tigre ou Sigur Ros, qui ne pouvait que nous plaire, malgré un petit Ozone/Rihanna qui nous a un peu fait saigner des oreilles…), n’ont même pas trop à rougir face à leurs voisins super-héroïques de chez Pixar.

S’il ne révolutionne pas le genre, Les Mitchell contre les machines se distingue malgré tout par son approche très contemporaine de l’apocalypse robotisée, avec sa famille connectée à divers degrés et son Skynet, IA éconduite par son irresponsable créateur, logé dans un smartphone. Du coup, on peut trouver cocasse de voir ce film devenir ainsi un contenu de choix pour la plateforme au N rouge (le PAL qui donne son nom à l’IA renvoyant à un célèbre codage permettant la télédiffusion de video)… Le genre de paradoxes que n’aurait pas renié, pas plus que l’impertinence qui vient pimenter certains dialogues où cette séquence tout droit sortie d’un Horror Show qui parodierait Maximum Overdrive, une autre célèbre famille de Springfield… En bref, ça se regarde tout seul !

CLÉMENT MARIE


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