Love and Monsters

Film fantastique américain, canadien (2020) de Michael Matthews, avec Dylan O’Brien, Jessica Henwick, Michael Rooker, Ariana Greenblatt et Dan Ewing – 1h49

Sept ans après une catastrophe qui a transformé une partie de la faune terrestre en monstres gigantesques, le jeune Joel sort de son bunker pour rejoindre celui d’Aimee, sa girlfriend d’avant l’apocalypse…

Peu après le Monster Hunter de Paul W.S. Anderson, on parle d’un autre film avec des monstres dedans, pas beaucoup mieux : Love and Monsters, second long-métrage de Michael Matthews. Pas une adaptation de jeu vidéo (encore que l’errance dans des paysages de fin du monde pourrait s’en inspirer) mais un post-apo young adult produit par Paramount et 21 Laps Entertainment (studio de Stranger Things) avec Dylan O’Brien, acteur de la trilogie Le Labyrinthe qui revient apparemment d’un break dans sa carrière qu’on n’avait pas remarqué. Destiné au cinéma, le film s’est retrouvé exploité par Netflix chez nous, comme on est déjà en plein dans notre fin du monde, mais il a assez fait parler de lui pour se retrouver nommé à l’Oscar des meilleurs effets spéciaux, ce qui témoigne bien de l’hécatombe cinématographique de l’année écoulée…

Comme son titre programmatique l’indique bien, Love and Monsters est un film tranquillou, sans plus de prétentions que d’originalité, à zyeuter indifféremment enfermé chez soi tel le héros dans son bunker. Un antidépresseur pour ados déployant tous les poncifs du fantastique young adult au fil d’une odyssée se gardant bien de s’écarter des sentiers battus. Le film commence sur un générique animé racontant la catastrophe originelle sur la voix off sardonique immédiatement irritante du héros, amorçant un ton à la Zombieland n’ayant que trop fait ses preuves. Notre brave Dylan O’Brien, ma foi bien sympathique, se lance ensuite dans l’aventure, rencontre un chien, caution « trop mignon ! » du long-métrage, et surtout deux gardiens de la galaxie, Michael Rooker et Ariana Greenblatt, qui lui prodiguent les incontournables règles de survie pour rassurer notre héros et plus encore nous, pauvres spectateurs, qu’on ne tombera pas sur de mauvaises surprises.

Joel (Dylan O’Brien) s’est trouvé un fidèle compagnon, le chien Boy, qui ne rate jamais une occasion de lui piquer la vedette.

Dès lors, Love and Monsters se déroule strictement comme prévu, multipliant les fusils de Tchekhov : à peine le moindre élément du film est-il énoncé qu’on sait qu’il va resservir au moment propice. Du coup, on traverse tout le long-métrage sans craindre pour la vie de notre héros ou de son compagnon canin trop mignon, l’unique suspens restant étant de savoir s’il va pécho sa bien Aimee à la fin. Plus encore que les minces enjeux, c’est surtout l’imaginaire du film qui se retrouve délimité : chaque monstre, et la façon de s’en débarrasser, étant répertorié dans le carnet de Joel, ils n’ont plus vraiment l’occasion de nous surprendre ou nous effrayer, surtout que la mise en scène n’essaie pas vraiment de les mettre en valeur. Ceux qui n’auraient pas zappé au milieu du film pourront éventuellement se voir récompenser par la jolie séquence nocturne où passent des méduses géantes, ou par le charme très Ray Harryhausen du monstre final. Mais ça ne pèse pas lourd dans le formatage dominant de Love and Monsters

BASTIEN MARIE


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