Malcolm & Marie

Drame conjugal américain (2021) de Sam Levinson, avec John David Washington et Zendaya – 1h46

Malcolm, réalisateur, et sa compagne Marie rentrent dans leur maison californienne après l’avant-première d’un film de monsieur. Mais l’ambiance n’est pas à la fête : Malcolm n’a pas remercié Marie, point de départ d’une nuit de disputes…

Depuis Assassination Nation, Sam Levinson a fait un carton avec sa série Euphoria, valant un Emmy Award à son actrice Zendaya. La Covid en retarde la saison 2 ? Qu’à cela ne tienne, Sam Levinson emballe un long-métrage confinement compatible, c’est-à-dire un huis-clos avec deux acteurs et une équipe réduite, le tout revendu à Netflix pour que les spectateurs le regardent tranquillement enfermés chez eux. Ca donne Malcolm & Marie, scènes de la vie conjugale hollywoodienne inspirées au réalisateur par la fois où il avait oublié de remercier sa femme Ashley à une cérémonie de récompenses, boulette d’autant plus emmerdante quand madame est aussi ta productrice ! Pour son couple de stars, Levinson retrouve Zendaya et engage John David Washington (qui a un frangin qui s’appelle Malcolm, en souvenir du rôle de papa dans Malcolm X), tous deux produisant également le film.

Malcolm & Marie, c’est donc une nuit d’engueulade de couple, quelque part entre Ingmar Bergman et Qui a peur de Virginia Woolf ?, dans un noir et blanc qui, depuis Roma et Mank, semble devenir la marque visuelle de la caution auteur de Netflix (non pas que je m’en plaigne, j’aimerais voir plus souvent du noir et blanc dans le cinéma contemporain). Ca commence plutôt bien avec la première séquence où John David Washington, sur un morceau de James Brown, se félicite de la réussite de son avant-première pendant que Zendaya, fume en l’écoutant d’une oreille. Elle se poste à l’entrée de la baie vitrée tandis que lui, encore tout excité de sa soirée, ne tient pas en place et tourne en rond dans le salon, le tout saisi de l’extérieur par les allers-retours d’un travelling latéral rappelant la belle séquence de home invasion d’Assassination Nation : Sam Levinson se met dans ses chaussons et nous aussi. Malheureusement, le reste du film n’aura pas grand chose de plus à proposer que cette belle ouverture…

Entre Mary (Zendaya) et Malcolm (John David Washington), ce n’est pas la grande éclate ce soir.

S’il assume franchement son huis-clos, ce que je serais bien gonflé de lui reprocher alors que je disais hier que j’aurais aimé que One Night in Miami en fasse autant, Sam Levinson livre toutefois un film redondant, tout en disputes et réconciliations successives, tout juste ponctué par les interludes musicales où les personnages communiquent par chansons choisies sur leur iPod. Et pour un huis-clos à deux personnages, 1h46 représente déjà une sacrée durée. Malgré l’impétuosité de Zendaya et John David, je me suis poliment ennuyé faute de pouvoir m’impliquer émotionnellement dans leur conflit : au fond, ce n’est que le déchirement d’un couple dans sa jolie baraque californienne, big deal ! Et encore, on pourrait en plus être hermétique à la facture arty. Ce n’est pas mon cas : j’ai trouvé la mise en scène assez classieuse et la tentation d’y voir une posture me semble judicieusement contrebalancée par le commentaire jubilatoire de Malcolm sur la critique du L.A. Times. De même que le flot de monologues ne manque pas de dérision, notamment quand Zendaya fait son numéro de camée. De légers éclats sarcastiques qui me laissent penser que Malcolm & Marie, peu convaincant, n’est pas non plus complètement vain.

BASTIEN MARIE


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