Ticks

Film d’horreur américain (1993) de Tony Randel, avec Seth Green, Alfonso Ribeiro, Rosalind Allen, Peter Scolari, Virginya Keehne, Ami Dolenz et Clint Howard – 1h25

Un groupe d’adolescents difficiles de Los Angeles passe un séjour dans un chalet d’une forêt infestée de tiques géantes, dopées par des substances utilisées par un trafiquant de cannabis local…

C’est une histoire de tiques géantes : voilà le concept de creature feature rustique que le designer d’effets spéciaux Doug Beswick aurait traîné pendant une vingtaine d’années avant que Bert V. Friedman en tire un scénario au propre. Produit notamment par Brian Yuzna (Re-Animator) et réalisé par Tony Randel (Hellraiser 2), Ticks fut tourné pendant l’été 92 dans la forêt californienne de San Bernardino. Une vraie colonie de vacances à 2 millions de dollars à laquelle ont participé Clint Howard, le frangin de Ron jamais le dernier pour prêter sa trogne à des séries B horrifiques, Alfonso « Carlton » Ribeiro dans le rôle d’une petite frappe qui ferait trembler son cousin Prince de Bel-Air, et surtout Seth Green qui, pendant la promo d’Austin Powers – l’espion qui m’a tirée, se souviendra tendrement du film dans le Late Show de David Letterman. Si l’acteur en parle publiquement sans rougir, c’est sans doute parce que Ticks, sorti directement en vidéo aux States (mais, à en croire IMDb, nous français faisions partie des quelques chanceux à l’avoir eu au cinéma !), a eu droit à son petit culte. En tous cas, pour moi l’ayant vu gamin, il l’était avant de le revoir récemment avec cette appréhension familière de voir un film d’enfance s’effondrer lamentablement…

A mon grand étonnement, Ticks tient plutôt bien le coup. Bon, il était tard et Amazon Prime ne le proposait qu’en VF (« T’as pas envie de voir ce que ça donne quand j’ai un coup de calcaire ! »), donc « tenir le coup » reste à relativiser, mais je pense que Ticks est, hier comme aujourd’hui, idéal pour une bonne soirée vidéo. Sur le plateau de Letterman, Seth Green expliquait que lui et ses collègues se sont rapidement rendus compte qu’il ne fallait pas prendre ce film trop au sérieux et il en sera de même pour ses spectateurs face à ce long-métrage bien conscient de sa dérision. Approximatif (les raccords maladroits sont légion et on a même droit à un micro dans le champ), le film de Tony Randal est aussi généreux, ne s’en tenant pas qu’à la terreur animale : moralisme (la drogue, c’est mal et sans ce cultivateur de cannabis, les tiques seraient restées minuscules), survival (avec son duo de bouseux sortis de Délivrance) et catastrophe (incendions la forêt, tant qu’à faire), tous les moyens sont bons pour alarmer notre bande de protagonistes. Ceux-ci sont des ados à problèmes (si après ça, ils ne retrouvent pas le droit chemin, je ne vois pas ce qu’on peut faire pour eux !) encadrés par un couple de moniteurs bien laxistes, venus au chalet pour tirer leur coup (pas sûr qu’ils aient le BAFA…). Pas de quoi les rendre attachants, ce serait beaucoup demander, mais juste assez de caractérisation pour nous intéresser à leur sort.

Une tique victime du dopage…

Malheureusement, le bodycount de Ticks est peu élevé, c’est son principal défaut, mais les stars sont évidemment les tiques elles-mêmes. Et là-dessus, le film ne veut pas déconner. Doug Beswick (à l’origine du projet, rappelons-le), épaulé par les gars de KNB en seconde équipe, ne loupe pas une occasion de disséminer dans ses bois des chrysalides gluantes et visqueuses et de vives tiques animatroniques. Pour les besoins du spectacles, Clint Howard sert de souffre-douleur purulant, subissant un réjouissant calvaire cher payé, même pour un trafiquant de drogues, et Tony Randel, voulant signer un Alien forestier, fout même une caméra embarquée dans le cocon d’une de ses saloperies de tiques ! Je ne vous révélerai pas quelle taille peuvent atteindre ces arachnides suceuses de sang, mais je vous garantis que les mecs veulent que vous en ayez pour votre pognon ! Ainsi, en plus d’être amusant, Ticks ne manque pas non plus d’être répugnant pour que votre copine se blottisse contre vous… ou fuie à toutes jambes. Pour un rencard, les résultats peuvent donc varier mais pour une soirée entre potes, je le répète, Ticks tient encore le coup.

BASTIEN MARIE


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