Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga

Comédie américaine (2020) de David Dobkin, avec Will Ferrell, Rachel McAdams, Dan Stevens, Melissanthi Mahut, Mikael Persbrandt, Olafur Duri Olafsson et Pierce Brosnan – 2h03

Depuis qu’ils ont vu la victoire d’ABBA quand ils étaient petits, les islandais Lars Eriksson et Sigrit Ericksdottir n’ont qu’un rêve : remporter l’Eurovision. Ensemble, ils forment le groupe Fire Saga et, après un horrible concours de circonstances, ils se retrouvent à représenter l’Islande à la prochaine compétition se déroulant à Edimbourg…

Will Ferrell est un fan de l’Eurovision. Il a découvert l’événement en 1999 lors d’un repas chez sa belle-famille suédoise et depuis, il ne rate jamais une édition du concours et s’est même rendu à Lisbonne pour assister à la victoire de Conchita Wurst. Un jour ou l’autre, il devait en faire un film et c’est désormais chose faite avec cet Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga. Pour le préparer, il a accompagné une délégation suédoise au côté de laquelle il a pu observer tout le fonctionnement de l’événement, des premières répétitions à la représentation finale. Il a ensuite écrit le scénario avec Andrew Steele, un comparse du Saturday Night Live et de Funny or Die, puis en a confié la réalisation à David Dobkin (Serial noceurs). Le film a été coproduit par Netflix et la European Broadcasting Union, société organisatrice du vrai Eurovision, et il a commencé à faire parler de lui avec le clip de Volcano Man, un des titres de Fire Saga composé de Ferrell et Rachel McAdams, qui ouvre le long-métrage. Eurovision Song Contest… devait ensuite être mis en ligne le même soir que la diffusion de l’édition 2020 du concours. Malheureusement, l’événement a été annulé à cause du Covid et le petit buzz du film, finalement sorti tout seul en juin dernier, est vite retombé.

Si le clip de Volcano Man vous a fait marrer, je dois cependant vous prévenir que le reste de Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga n’est pas à la hauteur de cet amuse-gueule. Alors qu’on espérait que Will Ferrell nous offre une irrésistible parodie de l’événement, on se rend compte que l’acteur est en fait vraiment fan de l’Eurovision et que le film en devient moins une gentille moquerie qu’un hommage (plutôt réussi au demeurant) au fameux concours. Nous n’aurons droit qu’à une poignée de gags rigolos (comme ce pilier de comptoir demandant sans cesse au groupe, avec une agressivité bien éthylique, la chanson grivoise Jaja Ding Dong), le long-métrage tirant plus vers la romcom un peu débile que vers la satire musicale. D’ailleurs, le groupe fictif Fire Saga est assez peu développé, bien loin d’un euro-Spinal Tap. Will Ferrell réitère sa prestation d’homme puéril conduit par une obsession flippante qu’on lui connaît déjà bien, tandis que Rachel McAdams est livrée à elle-même pour animer les enjeux sentimentaux du film. Alors que le sujet semblait taillé pour sa star, le film de David Dobkin (et pas Adam McKay malheureusement) se révèle être plutôt laborieux au long de ses deux heures exagérées, et on sent très vite, malgré tous les efforts de ses acteurs (notamment Dan Stevens en concurrent russe), que le kitch des numéros mis en scène ici ne saurait égaler celui du vrai concours.

Fire Saga (Will Ferrell et Rachel McAdams) dans le clip de Volcano Man : ils ont visiblement mis toutes les chances de leur côté pour remporter l’Eurovision…

A la rigueur, on pourra être surpris par la sincérité avec laquelle Eurovision Song Contest… rend hommage à l’événement – avec les sous des organisateurs, ça doit aider aussi. A mi-film par exemple, il y a cette séquence où Ferrell, McAdams et Stevens se mêlent à de vrais participants de l’Eurovision pour entonner un medley (enfin, deux chansons en fait, Waterloo et Ne partez pas sans moi, car l’Eurovision n’a pas non plus donné naissance à une infinité de tubes). Un moment chaleureux mettant en avant la diversité d’interprètes qu’on ne verrait pas ailleurs qu’à l’Eurovision. Si le concours n’a certainement pas fait évoluer la musique (faut pas déconner non plus !), il est tout de même hétéroclite par nature et a modestement fait évoluer les mentalités (comme en témoigne le personnage de Stevens, assumant une homosexualité qu’il doit cacher dans son pays). Une sorte d’exception, ou du moins d’excentricité, culturelle que Ferrell défend bec et ongle en beuglant sur les touristes américains, lui l’islandais qui vient d’un pays dont la majorité des habitants semblent être des marins alcooliques possiblement consanguins ! Mais bon, au-delà des rivalités et concurrences, vous verrez que tout le monde est plutôt gentil dans le fond. A défaut d’être mordant, Eurovision Song Contest : The Story of Fire Saga est donc bien cheesy.

BASTIEN MARIE


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