Les Diamants sont éternels

Diamonds Are Forever Film d’espionnage britannique (1971) de Guy Hamilton, avec Sean Connery, Jill St John, Charles Gray, Lana Wood, Jimmy Dean, Putter Smith et Bruce Glover – 2h

Engagé pour enquêter sur un détournement massif de diamants, James Bond remonte une piste qui le mène à Las Vegas sur les traces d’un mystérieux milliardaire n’ayant plus fait d’apparitions publiques depuis des mois…

Après George Lazenby dans Au service secret de sa majesté qui refuse de renouveler son contrat sur les conseils de son agent qui pense que le succès de James Bond ne durera pas (pauvre fou !), et ne parvenant pas encore à trouver de remplaçant (parmi les candidats, John Gavin qui avait joué notre OSS 117 national, et Roger Moore encore trop occupé par la série Amicalement vôtre), Albert R. Broccoli et Harry Saltzman convainquent Sean Connery de revêtir pour la sixième fois le costard de l’espion, pour un salaire record de 1,25 million de dollars. Le film précédant ayant fait un moins bon score au box-office américain, on réengage Guy Hamilton pour réitérer le succès de Golfinger et il est décidé que Les Diamants sont éternels se déroule essentiellement à Las Vegas pour draguer le public ricain. Quant à l’intrigue, elle apparaît à Broccoli en rêve, dans un cauchemar où il rend visite à son ami Howard Hughes remplacé par un imposteur. Une fois de plus, le film n’est donc pas vraiment l’adaptation du roman homonyme de 1965 de Ian Fleming et heureusement d’ailleurs, car il avait été retitré en France par un peu glamour Chauds les glaçons ! Sean Connery trouva le tournage éprouvant : tournant dans les casinos de nuit de 3 à 6 heures du matin, il passait la journée à y jouer avec une bonne partie de l’équipe, tout en sortant avec Jill St John et Lana Wood en même temps ! C’est quand même du boulot d’être James Bond…

Dernier James Bond « officiel » de Sean Connery, Les Diamants sont éternels est aussi le moins bon de son ère, glissant déjà vers le ton des Roger Moore plus portés sur l’humour. Après un prologue assez hard boiled, où Bond remonte la piste de Blofeld à coups de poings et bikini arraché, l’espion revient ensuite de vacances (clin d’œil à la parenthèse Lazenby) pour une mission assez pépère de vol de diamants, même si on apprendra plus tard (donc spoil) que c’était pour confectionner un putain de laser de l’espace ! L’aventure est donc assez routinière et pas exempt de fautes de goût, comme le couple d’hommes de main homosexuels au physique pas possible aux trousses de l’espion, ou un deus ex machina expédié, quand Bond est sauvé dans un crématorium on ne sait trop comment. Quelques pointes d’ironie fonctionnent mieux (comme quand l’espion se retrouve inopinément sur le tournage d’un alunissage bidon au milieu du désert du Nevada) et Les Diamants sont éternels retrouve de l’élégance quand il se rapproche du repère de Blofeld (joué par Charles Gray, criminologiste adoré de The Rocky Horror Picture Show) : superbe séquence de haute voltige au sommet d’une tour de Vegas avant d’atterrir dans le luxueux QG du méchant créé par un Ken Adam décidément indispensable au cachet des James Bond.

James Bond (Sean Connery) s’entraîne pour Moonraker en s’incrustant sur le tournage d’un alunissage bidon.

Après un crochet sympa par Amsterdam, où Bond fait croire à sa Girl qu’il est un trafiquant de diamants ayant tué Bond (pour une fois qu’il arrive à ne pas griller sa couverture en cinq minutes !), Les Diamants sont éternels se passe donc essentiellement à Las Vegas : volonté des producteurs de draguer le public américain… ou de mettre en évidence la classe britannique naturelle de Bond au milieu de l’entertainment ricain aussi clinquant que vulgaire ? En tous cas, Guy Hamilton disait avoir peu de goût pour la « culture » américaine, en particulier leurs grosses bagnoles bien loin de la raffinée Aston Martin de Bond brillant ici par son absence. C’est ainsi le réalisateur qui insista pour avoir la scène de course-poursuite avec les flics de Vegas, assez stupides pour se faire semer sur un petit parking, histoire de plier de cette sale tôle ricaine ! En tous cas, le paradis du jeu, dans lequel le joueur invétéré Bond devrait se sentir comme un poisson dans l’eau, est filmé avec peu d’inspiration et fait toc. Allié à un ton presque parodique, avec le toupet de Connery ne se cachant plus, Les Diamants sont éternels devient donc une aventure anecdotique du célèbre espion.

BASTIEN MARIE


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