The Relic

Film fantastique américain, britannique, japonais, allemand (1997) de Peter Hyams, avec Penelope Ann Miller, Tom Sizemore, Linda Hunt, James Whitmore et Clayton Rohner – 1h50

Au musée de Chicago, une biologiste et un lieutenant de police s’associent pour chasser une créature mythologique échappée d’une caisse envoyée du Brésil par un anthropologue disparu…

Il y a peu, on vous parlait de Relic, le premier film fantastique de Natalie Erika James. Voici maintenant le film avec lequel il ne fallait pas le confondre, The Relic (en France, on a enlevé le « the » car c’est bien connu que nous sommes incapables de le prononcer). Ca raconte l’histoire d’une énorme créature amazonienne qui décime les visiteurs d’un musée : on confirme donc que ça n’a aucun rapport avec le film de James. Et celui-là, c’est qui qui l’a fait ? Et bien c’est Peter Hyams, honnête artisan du cinéma fantastique et de science-fiction, qui s’est quand même coltiné la suite de 2001, l’odyssée de l’espace, qui a signé le solide Outland avec Sean Connery avant d’emballer quelques films pour son copain Van Damme. Ici, il adapte le premier d’une série de romans fantastiques de Lincoln Child et Douglas Preston, à partir d’un scénario comptant dans ses auteurs Rick Jaffa et Amanda Silver (le reboot de La Planète des singes et Jurassic World) pour une production indépendante cossue posant ses caméras non pas dans le musée de New York (qui craignait que le sujet effraie les visiteurs potentiels) mais dans celui de Chicago. Le tournage fut rendu difficile par sa créature sortie du Stan Winston Studio, mélange de CGI, d’animatroniques et d’acteurs dans un costume mal conçu, ce qui condamnera Kothoga (c’est le nom de la bestiole) à un temps de présence très réduit à l’écran. D’ailleurs, les financiers de The Relic s’attendait à ce qu’il fasse un bide au box-office, alors qu’il ne s’en est pas trop mal sorti, parvenant presque à rentabiliser son budget sur le seul sol américain.

Vu aujourd’hui, The Relic n’est rien d’autre qu’un petit film fantastique typique des 90’s tenant de récupérer des miettes de Jurassic Park. Sauf que comme il ne peut pas vraiment capitaliser sur sa créature problématique, Peter Hyams joue les prolongations. Il fait tourner la montre sur la phase d’exposition, s’attardant plus que nécessaire sur son couple de protagonistes, la biologiste pas bête et le lieutenant de police italo-américain irascible et superstitieux, campés par Penelope Ann Miller et Tom Sizemore alors au sommet de leur petite notoriété, et multipliant les seconds rôles qui seront resservis au dîner de la bestiole quand ça tournera – plutôt bien – à la catastrophe. Hyams veut aussi soigner l’ambiance dans son musée moins chaleureux que dans La Nuit au musée, avec une photographie qu’il assure lui-même et dont je ne peux pas vraiment juger de la qualité, la faute à un DVD peu contrasté, avec l’aide du score de John Debney s’inspirant du Silvestri de Predator. Et pour achever de nous faire patienter, on enchaîne évidemment les fausses alertes nous faisant croire à la présence du monstre, comme cette pauvre femme de ménage asthmatique dont on avait pris la respiration difficile pour celle de la créature !

Le lieutenant Vincent d’Agosta (Tom Sizemore) tape la pose dans le musée comme s’il était dans un film de monstres Universal.

Parlons-en du monstre justement. Sur le papier, Kothoga est une chimère (corps de reptile géant, mandibules arachnéennes, crinière de lion) née de l’absorption de baies toxiques dopant et amalgamant différentes hormones animales. A l’écran, Kothoga est aussi une chimère (une gueule de Predator sur un corps de komodo) né de l’amalgame de différentes techniques d’effets spéciaux s’alliant si maladroitement que le réalisateur est obligé de ménager ses apparitions. Bon, la bestiole a tout de même droit à son petit quart d’heure de gloire quand elle décapite et cisaille à l’envi les pauvres équipes de secours s’infiltrant dans le bâtiment. Mais elle est ensuite tragiquement euthanasiée par des CGI qui, eux, ont pris un atroce coup de vieux. Ou quand la principale attraction du film à sa sortie devient aujourd’hui sa plus grosse faiblesse… Du coup, The Relic en devient un film très moyen, pas désagréable mais peu intéressant, à ne recommander qu’aux plus nostalgiques du cinéma fantastique 90’s que Peter Hyams achèvera définitivement avec son film suivant, le bien nommé La Fin des temps.

BASTIEN MARIE


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