Relic

Film d’horreur australien (2020) de Natalie Erika James, avec Robyn Nevin, Emily Mortimer et Bella Heathcote – 1h29

Alors que sa mère Edna est portée disparue, Kay, accompagnée par sa fille Sam, retourne dans la maison familiale pour tenter de la retrouver. Le retour de la vieille dame n’est pas réconfortant très longtemps puisque, visiblement perturbée, elle est incapable de dire où elle était. Aussi, la maison semble elle-aussi corrompue par un mal insidieux qui s’abat sur les trois femmes.

Pour son premier long métrage, Natalie Erika James décide de s’attaquer à une histoire très personnelle puisque s’inspirant d’une traumatisante visite à sa propre grand-mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, qui ne l’a alors pas reconnue. Relic n’est pas sans évoquer les fantômes asiatiques et notamment les films de Nakata mais aussi The Visit de Shyamalan et plus largement sur une tendance du cinéma d’épouvante à jouer sur une peur si lourde de sens qu’elle en est même souvent tabou, la peur des personnes âgées. Mais qu’on ne s’y trompe pas, en choisissant de verser dans l’horreur pure, la jeune réalisatrice n’a nullement l’intention de se cacher derrière les codes du genre, préférant au contraire les utiliser pour représenter son lourd sujet sous ses aspects les plus viscéraux (comme tout bon film d’horreur ?). Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Nathalie James n’y va pas avec le dos de la cuillère : déjà bien lugubre dès ses premières images, Relic se montre toujours plus poisseux, jusqu’à la claustrophobie et au gore, au fur et à mesure que se délite la santé mentale d’Edna, mais aussi celles de sa fille et de sa petite fille.

Edna (Robyn Nevin), Kay (Emily Mortimer) et Sam (Bella Heathcote). Trois femmes, trois générations face à la mort.

L’état de la grand-mère semble en effet contaminer tout ce qui l’entoure, à commencer par la maison. A moins que ça ne soit l’inverse ? En effet, d’abord pour retrouver la disparue puis pour enquêter sur son état et enfin pour tenter en vain de la sauver, Kay et Sam s’enfoncent dans ce ventre de la bête, une maison hantée doublée d’un espace mental sans équivoque (comme toute bonne maison hantée ?). Dans leur périple, elles semblent mettre le doigt sur un secret familial qui restera sans réponse, nous laissant avec l’inconfortable impression que le mal à l’œuvre ici est profondément enraciné.

Personnel et radical (comme tout bon premier film ?), Relic a de quoi questionner et émouvoir par son allégorie sans fard qui en vient souvent à dépasser la maladie d’Alzheimer pour évoquer plus largement le deuil, la filiation, la mémoire et l’éphémère. Alors oui, tout ça c’est certainement trop ambitieux, n’empêche qu’un film qui regarde ainsi la mort en face, c’est forcément impressionnant. Après, vous l’aurez compris, pour rigoler, mieux vaut remater Beetlejuice !

CLÉMENT MARIE


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