Lupin III : The First

ルパン三世 Rupan sansei : The First Film d’animation japonais (2019) de Takashi Yamazaki, avec les voix de Kan’ichi Kurita, Suzu Hirose, Kiyoshi Kobayashi, Miyuki Sawashiro, Daisuke Namikawa – 1h33

Voulant achever une aventure que son grand-père n’avait fait qu’entamer, Lupin III se lance sur les traces du journal du professeur Bresson, subtilisé par les Nazis pendant la guerre mais qui réapparait à la faveur d’une exposition parisienne. Sur place il découvre vite qu’il est loin d’être le seul à convoiter le manuscrit et les secrets qu’il contient. Pour faire face à l’Ahnenerbe, la section de recherche des SS toujours active, Lupin devra user de tous ses talents mais pourra aussi compter sur l’aide de ses amis, voir même de ses ennemis…

Alors qu’un autre descendant du gentleman cambrioleur s’apprête à sévir sur Netflix sous les traits d’Omar Sy, c’est bien Lupin III qui parvient à faire son retour sur nos écrans, se permettant même d’avancer sa sortie de deux mois. Créé en 1969 par Monkey Punch, qui nous a quitté en avril 2019, ce manga, en s’inspirant du héros de Maurice Leblanc (à l’époque au détriment du copyright…), s’impose vite comme l’un des plus grands fleurons du jumelage culturel unissant le pays des fromages à celui du soleil levant. Aussi, le personnage a été adapté sur tous les supports : une série animée, diffusée en France sous le nom d’Edgar la cambriole (les fameux soucis de copyright…), une dizaine de films et nombre de téléfilms et autres OAV ainsi que des jeux vidéos. Bref, Lupin III est ce qu’on peut appeler un carton. Je dois pourtant bien avouer que ma connaissance du personnage se limite au Château de Cagliostro, magnifique premier long métrage réalisé par Hayao Miyazaki en 1979, que j’ai pu découvrir au début des années 2000 sur une VHS prêtée par un camarade rital que je salue au passage.

Quand il s’amène, Quand il s’en mêle, Tout se démêle, Tout se dégèle, Et s’ensorcelle, Le petit fils de l’Arsène…

Je ne serais donc pas le mieux placé pour juger de la fidélité ou non de ce nouveau film sobrement intitulé Lupin III : The First, il n’empêche que, retrouvant parfaitement le même rythme trépidant que dans le Miyazaki, j’ai passé un très bon moment ! Si le manga en 3D a de quoi effrayer (cf les images du prochain Ghibli…), les premières scènes du film de Takashi Yamazaki suffisent à nous rassurer : si l’animation semble parfois un peu raide, les personnages créés par Monkey Punch sont néanmoins parfaitement recréés, le réalisme et la finesse des textures leur conférant même une vraie épaisseur. Aussi, le travail sur les ambiances, via de très beaux décors et une direction photo très inspirée, est assez remarquable. Tout en décontraction avec juste une pointe de nostalgie, Lupin III est un film plein de charmes, et il le doit également à la musique so jazzy de Yūji Ōno, compositeur historique de la série, qui l’accompagne à merveille, de son générique bondien à ses tonitruantes scènes d’action. Une telle exécution fait très bien passer la pilule d’une histoire très convenue, il faut bien l’admettre, rappelant Les Aventures de Tintin, Le Château dans le ciel ou encore le bien encore le final d‘Indiana Jones et la Dernière Croisade. Mais, vraiment convaincu par le geste, j’aurais presque tendance à dire que tous ces clichés joueraient en la faveur de cette bonne vieille aventure à l’ancienne. S’il n’atteint jamais la profondeur et la grâce du Château de Cagliostro, Lupin III reste d’une redoutable efficacité et vous fera très certainement aussi passer un excellent moment !

CLÉMENT MARIE


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s