The Climb

Comédie américaine (2019) de Michael Angelo Covino, avec Michael Angelo Covino, Kyle Marvin, Gayle Rankin, Talia Balsam, George Wendt et Judith Godrèche – 1h34

Attention, ce flim est un flim sur le cyclimse ! Merci de votre compréhension.

Lors d’une excursion à vélo en France, Mike avoue à son meilleur ami Kyle qu’il a couché avec sa fiancée. Ils ne se voient plus pendant des années avant que la famille de Kyle, qui vient de se fiancer à nouveau avec son ex du lycée Marissa, n’invite Mike à Noël…

Michael Angelo Covino et Kyle Marvin sont deux potes acteurs qui se sont rencontrés sur les plateaux de publicités. Ensemble, ils ont produit des films de réalisateurs croisés en chemin (dont un Kicks en 2016 qui a l’air très intéressant) avant que Covino ait lui-même des envies de réalisation. Il a alors mis en scène, avec l’aide de Marvin au scénario, le court-métrage The Climb qui s’est trouvé primé à Sundance. Forts de ce succès, ils ont décidé de prolonger le court (qui devient la séquence d’ouverture) en un premier long qui s’est lui vu primé à Cannes dans la section Un Certain Regard puis à Deauville un an avant de sortir finalement dans nos salles.

La scène d’ouverture est effectivement irrésistible : Mike le connard (Covino) avoue à Kyle le naïf (Marvin) qu’il a couché avec sa fiancée, mais a attendu pour le faire une montée pour être sûr que Kyle, cycliste moins rodé que lui, ne puisse pas le rattraper. Ce plan-séquence est le premier de toute une série dans un film chapitré qui nous raconte les tumultes et remous de l’amitié pour le moins conflictuelle qui lie les deux personnages. La structure, l’autofiction (vous aurez remarqué que les deux protagonistes ont les mêmes prénoms que les acteurs), la francophilie (Bécaud à la BO, la projection d’un film d’Etaix, Judith Godrèche en guest-star) feront penser à une panoplie indé qui peut rendre certains spectateurs hermétiques. Et tout cela au service d’une bromance comme on en a vu tant dans la comédie US de ces dernières années. Sauf que ce serait balayer un peu vite The Climb qui a de réelles finesses à montrer dans sa mise en scène aussi ambitieuse que humble, les plans-séquences successifs n’étant pas là pour l’esbroufe mais plutôt pour laisser toute la place aux acteurs. Quant à ce que le film a à dire de cette amitié toxique et imparfaite – et c’est pour ça qu’on l’aime – il n’y a qu’à voir la dernière séquence, faisant écho à la première, pour constater la discrète mais réelle évolution que le film nous a fait traverser en pente douce. Une forme cyclique, forcément…

Mike (Michael Angelo Covino) a pris de la distance sur Kyle (Kyle Marvin), c’est maintenant le moment idéal pour lui annoncer qu’il est cocu.

Même si Michael Angelo Covino ne s’excuse pas de faire un film d’acteur, très dialogué et avec une caméra avant tout attentive à saisir les performances, il faut bien lui reconnaître une certaine élégance. Par exemple avec une superbe transition, en un seul travelling, nous faisant passer de Thanksgiving à Noël, suivi d’un très beau plan-séquence faisant le tour de la maison familiale avant de nous y faire entrer, dans un mouvement de caméra très maîtrisé mais symbolisant bien aussi la problématique de Mike à ce moment du film. Et moi qui aime bien quand le héros est un connard, je dois dire que je suis servi avec Mike ! De plus, Covino et Marvin maîtrisent très bien leur écriture, notamment leur sens de l’ellipse, source de gags ou de brèves confusions tout à fait intentionnelles. Mais c’est surtout leur timing comique qui fait mouche, encore plus dans un film au rythme assez lancinant qui rend d’autant plus inattendues – et donc plus drôles – des chutes, parfois littérales. Leurs jeux sur les clichés et les passages obligés sont aussi irrésistibles, surprenant le spectateur aux termes d’un enterrement larmoyant, d’un mariage interrompu ou d’un déménagement après un divorce douloureux. L’extrait du film d’Etaix s’explique alors, puisque le burlesque de The Climb a effectivement des similitudes avec celui du réalisateur du Soupirant, et ce n’est pas un mince compliment…

BASTIEN MARIE


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