Mon ninja et moi

2292957Ternet Ninja Film d’animation danois (2018) de Thorbjørn Christofferson et Anders Matthesen – 1h23

Pour son anniversaire, Alex reçoit de son oncle marin une poupée ninja. Sauf que la poupée est animée par l’esprit d’un véritable ninja, voulant venger la mort de l’enfant qui l’a fabriqué en Thaïlande…

Attention, cette bafouille contient des spoilers ! Merci de votre compréhension.

Il y a tout au long de l’année au cinéma une myriade de films d’animation aux origines parfois exotiques qui passent inaperçus sur les radars de spectateurs sans enfant. Cela va de la sous-marque pure et dure (comme la saga russe La Princesse des glaces, perpétuant une guerre froide contre Disney) à des toutes petites productions dont l’animation et le scénario ne pèsent pas lourd, le tout présenté par des distributeurs essayant de glaner quelques sous aux familles qui auraient déjà vu toute l’animation hollywoodienne sortie à la même période. Bien que présenté à Annecy (petit gage de qualité quand même), le danois Mon ninja et moi, gros succès dans son pays d’origine (1 danois sur 5 l’a vu), fait partie de ceux-là. La bande-annonce m’avait déjà titillé, le film parlant d’exploitation d’enfants, irrésistible terrain glissant pour un film d’animation. Mais c’est l’ami Pascalou qui m’a convaincu de tenter ma chance : il y avait emmené sa fille dans un cinéma qui avait apposé au film un avertissement suite à des plaintes de parents ! D’un coup, le film devenait carrément subversif et effectivement, je me suis bien marré pendant la projection en pensant à toutes les ligues parentales que Mon ninja et moi pourrait faire hurler. Je pense que le mieux est de vous raconter le film et vous laisser vous en faire votre propre idée…

Mon ninja et moi commence dans une usine thaïlandaise où des enfants fabriquent à la chaîne des poupées de ninja avec des yeux en boutons comme dans Coraline (pour rester dans le film d’animation angoissant). Lors de la visite du patron danois, un enfant coud accidentellement l’écharpe du patron et celui-ci bat l’enfant à mort (donc meurtre d’enfant : check !). Soudain, la poupée cousue dans l’écharpe est habitée par l’esprit d’un vrai ninja dont on apprendra plus tard qu’il a vu sa famille brûler vive. On rencontre ensuite notre héros Alex qui se voit offrir le fameux ninja à son anniversaire par son oncle alcoolique et cocaïnomane (mais comme on est toujours dans un film pour enfants, on préférera le terme excentrique). Alex est brimé par son demi-frère et son beau-père (pour se venger de ce dernier, le ninja glissera plus tard dans sa chambre une revue porno aux pages collées), il est secrètement amoureux de « l’avion de chasse » (sic) Jessica (dans une chanson, il dira qu’il aimerait être son pull pour la « regarder tranquillement se déshabiller », sic encore), et il est martyrisé par un élève de secpa (dont il se vengera grâce aux méthodes de combat patiemment apprises auprès du ninja). Pendant ce temps, le ninja sourde sa vengeance contre le fabriquant de jouets qu’en bon ninja, il entend tuer. Quand Alex s’en rend compte, il veut l’en empêcher et, en bon ninja, le ninja lui répond : « Si tu ne m’aides pas à tuer ce type, je vais tuer toute ta famille ! » Ce qu’il s’apprête effectivement à faire dans le quart d’heure qui suit, plus proche de Chucky que de Toy Story. Alex arrête in extremis le meurtre de son demi-frère mais, comme personne ne veut croire à son histoire de poupée possédée, il finit à l’asile. Là, le ninja est à deux doigts de tuer Alex mais y renonce car ils ont vécu tant de bonnes aventures ensemble, après quoi Alex trouve une alternative pour assouvir la vengeance du ninja sans avoir à assassiner le fabricant de jouets, son plan impliquant d’acheter de la drogue. Avec l’aide de l’oncle excentrique (mais au point où on en est, on peut bien dire cocaïnomane), Alex achète donc de la drogue qu’il introduit dans la poupée ninja qui, elle, se cache dans le sac du fabriquant pour qu’il se fasse choper par la douane thaïlandaise. « C’en est fini pour toi, tueur d’enfants ! » La fin.

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Alex aurait sans doute préféré que son ninja vienne de Toy Story, il aurait été plus inoffensif…

Maintenant vous savez, vous n’aurez pas de surprise en emmenant votre enfant voir Mon ninja et moi ! Même si c’est borderline, sachez tout de même que la violence reste hors-champ (faut pas déconner non plus !) et que la morale est sauve : le ninja ne tue personne, Alex n’est donc pas complice de meurtre, et le dealer et le fabricant finissent en taule. Mon ninja et moi délivre un beau message en fin de compte : au « Si je ne fais rien de mal, quelqu’un d’autre le fera de toute façon » délivré par le fabricant de jouets au début, Alex finira par répondre « Si je ne fais rien contre le mal, qui le fera ? », prônant la responsabilité de l’individu face aux dérèglements de la société tout en restant dans l’ordre moral et légal, une pure logique de super-héros en somme semblant certes un peu brut de décoffrage dans un film pour enfants. Après, ce sera à chacun de voir si ce discours est gentiment impertinent ou carrément inapproprié. Pour ma part, moi qui ai été biberonné à des films d’action autrement plus musclés, j’aurais adoré voir un film comme Mon ninja et moi étant gosse. L’animation reste rudimentaire (à l’exception du ninja, qui est trop cool, le design des personnages est grossier et les mouvements un peu saccadés) mais le film est bien rythmé et plutôt rigolo (notamment une séquence avec un chien nommé Bingo). Comme quoi, on trouve de bonnes surprises partout ! Maintenant, je vous laisse, je vais voir sur Allociné si des parents en colère ou des Ségolène Royal craignant de voir leurs chères têtes blondes devenir des justiciers sanguinaires ont laissé des commentaires indignés…

BASTIEN MARIE


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