Irresistible

4695206Comédie américaine (2020) de Jon Stewart, avec Steve Carell, Rose Byrne, Chris Cooper, Mackenzie Davis, Topher Grace, Natasha Lyonne et Brent Sexton – 1h41

Au lendemain de l’élection de Trump, un conseiller politique démocrate aide un fermier vétéran à l’élection municipal de sa petite ville du Wisconsin…

Même si au Super Marie Blog il restera à jamais le prof de biologie de The Faculty, Jon Stewart est beaucoup plus connu pour avoir présenté le Daily Show de 1999 à 2015, seize ans durant lesquels il s’est moqué allègrement et brillamment de la politique américaine. Après un premier film passé inaperçu (Rosewater, 2014, dans lequel Gael Garcia Bernal jouait un journaliste irano-canadien détenu en Iran), il revient à la mise en scène avec cette satire politique tout à fait dans l’esprit du Daily Show… et qui risque d’être aussi vite oublié. À cause d’un certain Covid-19, Irresistible a dû se contenter aux States d’une sortie VOD et s’est fait égratigné par la critique. Chez nous, Universal l’a sorti sans conviction dans le désert de l’exploitation tout juste déconfinée et n’a pas reçu beaucoup plus d’intérêt. Pour ma part, j’étais curieux de voir ce que Stewart savait faire derrière une caméra et ma foi, je n’ai pas été déçu…

Irresistible est une agréable farce politique avec un soupçon de Capra, et devrait rejoindre des titres tels que Le Président et Miss Wade ou Primary Colors dans la liste de ces comédies politiques fort sympathiques mais quelque peu oubliées. Certes, Jon Stewart ne s’y montre pas aussi mordant qu’on aurait pu l’attendre, il paraît trop sonné par l’élection de Trump pour avoir assez de recul sur ce moment de folie de l’Amérique, mais il déploie tout de même une mise en scène assurée pour démonter la ridicule campagne qui se joue ici et un sens du dialogue qui fait parfois mal, bien aidé aussi par ses deux acteurs principaux : Steve Carell en faux idéaliste mais vrai opportuniste et Rose Byrne en incendiaire potiche républicaine. Patiemment, Stewart laisse monter le délire médiatique et financier de cette campagne dont l’enjeu exagéré (on parle juste de la mairie d’une petite ville du Wisconsin) révèle d’autant mieux l’absurdité des moyens mis en œuvre : la promo à New York, les bourdes de sondeurs, le face-à-face télévisé factice, les clips de campagne grotesques, la vaine mise en scène des paysages ruraux, etc.

IRRESISTIBLE
Le démocrate Gary Zimmer (Steve Carell) et la républicaine Faith Brewster (Rose Byrne) règlent la tension sexuelle politique qui les sépare…

À défaut d’être acerbe, la chronique de Stewart est franchement amusante même si elle cède parfois à des gags too much (le milliardaire Robocop) et se conclue maladroitement sur un twist un peu trop moralisateur, explicitant ce qui avait été très bien montré auparavant. Mais la démonstration d’une communication politique complètement déconnectée de la réalité, regardant de haut les électeurs mais scrutant de près les portefeuilles des donateurs, se souciant très peu du candidat qu’elle est censée promouvoir, reste convaincante. Les personnages de Carell et Byrne sont les chefs d’orchestre d’une machine tournant ridiculement à vide et Irresistible dégomme, de manière irrésistible donc, tout cet appareillage spectaculaire désespérément dénué de son élément préalable : la politique. Certes, rien qu’on ne savait pas déjà mais en rire de bon cœur fait tout de même un bien fou.

BASTIEN MARIE


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