La Main du cauchemar

La_Main_du_cauchemar (1)The Hand Film d’horreur américain (1981), d’Oliver Stone, avec Michael Caine, Andrea Marcovicci, Annie McEnroe et Bruce McGill – 1h44

Jonathan Lansdale, auteur de comics, perd sa main droite dans un accident de la route. Ne parvenant pas à remettre la m… à retrouver le membre sectionné, il se retrouve vite muni d’une prothèse robotique high-tech. Mais sa main, continuant à le hanter, semble bien décidée à se lancer dans un jeu de vilain…

Auréolé du succès de Midnight Express, pour lequel il vient d’être oscarisé, Oliver Stone n’est pas encore le réalisateur de Salvador ni surtout de Platoon, qui lui vaudra deux autres statuettes, lorsqu’il réalise cette Main du cauchemar. Aussi, on vous laissera vous occuper de l’analyse politique de votre côté, ayant surtout vu ici une bonne vieille série B. En effet, on oublie souvent qu’avant de devenir pleinement le cinéaste franc tireur d’Hollywood, Oliver Stone était également un réalisateur de films d’horreur, en témoigne son premier essai, La Reine du mal, datant de 1974, un film bien fauché mais qui compte quand même au casting Martine Beswick, Jonathan Frid ou Hervé Villechaize. Si Oliver Stone tourne cette fois avec La Main du cauchemar son premier film de studio, il n’en reste pas moins un pur film d’horreur.

Écrivant également le scénario, Stone se base sur le roman The Lizard’s Tails de Marc Brandel, paru en 1979 mais reprenant plusieurs éléments de La Bête aux cinq doigts réalisé par le franco-américain Robert Florey. Il faut dire que ce film de 1946 avec Peter Lorre semble avoir fait bien des émules, les mains tueuses s’invitant si souvent au cinéma qu’elles pourraient constituer un genre à part entière, de The Crawling Hand à La main qui tue en passant par Les doigts du diable, sorti la même année que le film de Stone, ainsi que, la plus sympathique mais néanmoins horrifique la Chose, célèbre membre de la famille Addams, mais aussi, plus poétique (et moins criminelle !), le récent film d’animation français J’ai perdu mon corps.

Ici, on suit donc un dessinateur de comics, ce qui en soit est toujours cool à voir dans un film mais trouve logiquement sa place ici, même si cela aurait certainement mérité d’être davantage approfondi. Cela permet néanmoins à Stone de montrer des planches de Barry Windsor-Smith, artiste ayant œuvré sur Conan le Barbare, rappelant ainsi non sans une certaine amertume son fameux projet d’adaptation avorté, laissant place au chef d’oeuvre de Milius. Ce qui doit arriver arrive et notre dessinateur, campé par un Michael Caine visiblement engagé dans un de ses « paycheck movies », pour un résultat quand même moins embarrassant que Les Dents de la mer 4, perd donc tragiquement sa main dans un accident vraiment à la con pour un sectionnement si généreux en giclées de sang qu’on pourrait presque le ranger au rayon porno.

La_Main_du_cauchemar
Fini la branlette ! Et pas de bol, il est pas gaucher…

Forcément, ce qui doit arriver continue d’arriver, notre héros se retrouve au milieu d’un gros jeu de coucherie qui constitue certainement une part trop importante du film mais permet au moins à notre héros estropié de péter méchamment un boulon. Visions télépathiques nocturnes à la clé, c’est via son membre sectionné et devenu autonome que s’accomplie, bien malgré lui, la vengeance de notre handicapé infidèle et cocu (et un peu schizo aussi). Alors que Michael Caine découvre les terribles agissements de son membre fou, il décide d’y mettre un terme, se lançant dans un affrontement forcément un peu grotesque qui rappelle d’autant plus le génialissime Evil Dead 2 et son inoubliable duel Ash vs Evil Hand qu’il prend place dans une vieille grange. A se demander si Sam Raimi n’a pas découvert le film, qui a de quoi lui plaire, alors qu’il sortait le premier Evil Dead à la même époque. Plutôt que de dénouer les fils de son abracadabrantesque récit horrifique par cette affrontement « mano à mano », Oliver Stone préfère opter pour une fin plus ouverte et granguignolesque qui évoque autant la folie du Cabinet du docteur Caligari que la roublardise d’un Wes Craven.

Passées ces illustres comparaisons, il faut raison garder en reconnaissant que, malgré Michael Caine au casting, James Horner à la musique, Richard Marks au montage, Carlo Rambaldi aux effets spéciaux ou J.Michael Riva aux décors, La Main du cauchemar n’a rien de vraiment mémorable, annonçant davantage le cinéma cheap des vidéo-clubs (le film n’est d’ailleurs pas sorti en salles en France) que la carrière à venir de l’engagé Oliver Stone. Mais bon, une petite série B comme ça, ça reste vachement plus cool que World Trade Center.

CLÉMENT MARIE


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