Le Bal de l’horreur

mv5bytg2ntnjzwytmjnhzi00ntuylwjiogytymfknjcyzdhjmtc5xkeyxkfqcgdeqxvymzu4odm5nw4040._v1_Prom Night Film d’horreur canadien (1980) de Paul Lynch, avec Jamie Lee Curtis, Leslie Nielsen, Anne-Marie Martin, Casey Stevens et Michael Tough – 1h32

Six ans après avoir tragiquement perdu sa petite sœur, Kimberly Hammond se prépare à être reine de son bal de promo, entaché par les agissements d’un serial killer…

Après le succès colossal de Halloween, Jamie Lee Curtis fut doublement victime de son statut immédiat de scream queen : alors qu’à l’écran elle doit inlassablement s’échapper des griffes de serial killers, en coulisses, elle disait oui à à peu près tout ce qui se présentait, et tout ce qui se présentait essayait essentiellement de récupérer les miettes du succès du film de John Carpenter, auquel la jeune Jamie restait heureusement fidèle malgré son aversion personnelle pour les films d’horreur. Dans tous ces ersatz de Halloween ayant réussi à s’offrir les services de sa star, l’un des premiers est ce Bal de l’horreur tourné par le canadien Paul Lynch qui, en recherche d’un succès, va demander comment réussir un bon slasher auprès d’Irwin Yablans, producteur de… Halloween. Ce dernier le dissuade de se lancer dans son idée première d’un tueur gynécologue, un peu trop tordue, et lui conseille plutôt de focaliser son film autour d’une fête populaire. Lynch jette alors son dévolu sur le bal de promo (quitte à pomper, autant prendre un peu de Carrie au passage !) et fera avec ce Prom Night le succès escompté, donnant lieu à trois suites (dont la première, en 1987, lui est apparemment supérieure) et à un remake en 2008 qui trouvera le moyen de faire pire que son modèle.

Le Bal de l’horreur n’a donc pas d’autre intérêt que d’être l’un des premiers à se lancer dans la course au slasher (à sa sortie, son grand rival sur les écrans sera Vendredi 13), se calant sur les rails déjà bien fixés du genre et s’essayant à un mix entre HalloweenCarrie et… La Fièvre du samedi soir ! Et oui, car le thème du bal est le disco, la preuve avec le score de Paul Zaza écrit en une semaine et recopiant celui des Bee Gees avec juste ce qu’il faut d’infimes nuances pour ne pas avoir à leur payer de droits. L’argument, repris plus tard à son compte par Souviens-toi l’été dernier, tourne autour d’un accident inaugural dont le tueur réclame vengeance. Ainsi, Le Bal de l’horreur s’ouvre sur un jeu macabre dans une école désaffectée par des gosses très irritants, mais on ne leur en veut pas trop puisqu’ils provoquent la mort la plus marquante du film, du moins jusqu’à une décapitation dans les dernières bobines, exigée par les producteurs de peur que leur film ne soit pas assez violent ! Déjà qu’il est routinier, alors si en plus il était trop sage…

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Kimberly Hammond (Jamie Lee Curtis) se demande si le titre de reine de promo n’attirerait pas un peu les pervers…

Pour entreprendre ses méfaits anonymement, le tueur ne porte qu’une simple cagoule (pour l’originalité du costume, on repassera !) et le spectateur ne manque pas de suspects potentiels. Est-ce le psychopathe accusé à tort du meurtre originel parce qu’il traînait dans le coin et qui, pour être tout à fait commode, vient juste de s’échapper de son asile psychiatrique ? Est-ce la mère sous Prozac depuis le drame qui s’entendrait ainsi très bien avec Mrs Voorhees ? Est-ce le bad boy du lycée au terrifiant mono-sourcil, sosie du Nelson des Simpson ? Est-ce l’homme à tout faire de l’établissement que tout le monde prend pour un pervers, tout ça parce qu’il ressemble à Didier Bourdon dans le sketch de « Tournez ménages » (« Jamie, est-ce que tu baises ? ») ? Un épais mystère qui ne semble pas troubler plus que cela le principal du lycée, placidement joué par Leslie Nielsen juste avant de rencontrer les ZAZ la même année pour Y a-t-il un pilote dans l’avion ?. Si le futur Frank Drebin n’en a donc pas grand chose à foutre, la jeune Jamie Lee Curtis, elle par contre, se donne à fond, donnant plus d’enthousiasme que le film n’en mérite, que ce soit pour hurler, dédaigner ses rivales, s’éclater avec ses copines ou enflammer le dancefloor du bal du promo. Jamie, notre éternel crush de lycée…

BASTIEN MARIE


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