Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension

mv5bmme1owzjyjctyzzlni00ymeyltg4ywytzdc4nte2odzlyzhhxkeyxkfqcgdeqxvynzc5mja3oa4040._v1_sy1000_cr006511000_al_The Adventures of Buckaroo Banzaï Across the 8th Dimension Film de science-fiction américain (1984) de W.D. Richter, avec Peter Weller, John Lithgow, Jeff Goldblum, Ellen Barkin, Christopher Lloyd, Robert Hito, Lewis Smith et Clancy Brown – 1h44

Buckaroo Banzaï, célèbre neurochirurgien rockstar nipo-américain, n’a que quelques heures pour sauver le monde d’une attaque d’extraterrestres venus de la 8ème dimension et tous appelés John…

Vous le savez sans doute, les films cultes nécessitent souvent un certain sens du timing : si on prend le train en marche trop tard, il peut s’avérer être une expérience décevante à cause des fantasmes qu’on plaque dessus en trépignant de pouvoir le voir. Culte, Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension l’est assurément, autant que son titre et son pitch alléchant nourrissent les fantasmes. Culte déjà parce qu’il en a les caractéristiques – échec en salles à sa sortie avant de se refaire une réputation grâce aux vidéos précieusement conservées – et parce qu’il avait droit à une citation de choix dans Ready Player One dont le héros Parzival revêtait le costume du personnage titre pour aller draguer son crush. C’est donc le premier film de W.D. Richter, plus connu pour son travail de scénariste (nommé à l’Oscar pour Brubaker mais surtout auteur du script des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin, autres aventures frappées et cultes des 80’s), qui passe à la mise en scène pour porter le scénario joyeusement bordélique de son pote Earl Mac Rauch (qui, lui, avait écrit le New York, New York de Scorsese).

Le film s’ouvre sur un texte défilant jaune racontant le passé du héros et le défi qui l’attend. Ce n’est pas un Star Wars mais c’est tout comme : écrit à l’époque où le film de George Lucas faisait un carton, Les Aventures de Buckaroo Banzaï… est lui aussi un hommage aux serials de SF d’antan, Earl Mac Rauch empruntant des noms et éléments à Doc Savage. Dès lors, le scénariste n’a certainement pas l’intention de lever le pied et s’embarque dans une frénésie scénaristique que W.D. Richter derrière la caméra a un petit peu de mal à suivre. On sent que son budget n’est pas très élevé (12 millions de dollars, dont il ne remboursera en salles que la moitié, sûr que ce n’est pas le grand luxe), ses décors et costumes sont aujourd’hui menacés par le kitsch, et son chef op s’est fait viré en plein tournage ! En effet, durant les premiers jours de production, la photographie était assurée par Jordan Cronenweth (Blade Runner) avant d’être remplacé par Fred Koenekamp par le producteur qui voulait un rendu moins baroque. Un changement qui pèse beaucoup sur le film puisque Cronenweth semblait être l’homme idéal pour mettre en lumière les couleurs et textures de l’univers bariolé de Mac Rauch. On ne s’étonnera pas de savoir que Cronenweth aura eu le temps, par exemple, d’éclairer la scène du concert des Hong Kong Cavaliers durant laquelle Buckaroo rencontre Penny Pridy (torride Ellen Barkin), l’une des séquences les plus abouties et attrayantes du film.

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Buckaroo Banzaï (Peter Weller) torturé par le terrible John Whorfin (John Lithgow) : de son sérieux imperturbable dépend le sort de l’humanité…

J’imagine que ceux qui auraient grandi avec Les Aventures de Buckaroo Banzaï… me trouveront dur avec, et j’en suis désolé. Mais entre son ouverture intrigante et son dénouement réussi, dont les effets spéciaux tiennent encore bien le coup d’ailleurs, je trouve le film assez plat, n’ayant pas tout à fait les moyens de son délire. En revanche, le casting est impeccable : la grandiloquence des méchants John Lithgow et Christopher Lloyd est parfaitement contrebalancée par le drôle de stoïcisme des gentils Peter Weller et Jeff Goldblum, et l’implication des acteurs, d’un grand sérieux pour camper leurs personnages délicieusement bigger than life, permet au film de ne pas céder à un second degré sous lequel il serait noyé s’il était fait de nos jours (et on croise évidemment les doigts pour que l’idée d’un remake ne germe dans l’esprit d’aucun producteur). Le premier essai de W.D. Richter derrière la caméra est donc tout à fait honorable, et on regrette quand même que Buckaroo Banzaï n’ait pas pu se lancer dans les autres aventures annoncées à la fin du film. Il ne nous reste plus qu’à les imaginer, et ce n’est peut-être pas plus mal : la réalité a parfois la fâcheuse tendance d’esquinter des films aussi fantasmagoriques que ces Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension

BASTIEN MARIE


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