Ricochet

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Rendu célèbre après une arrestation rocambolesque, le policier Nick Styles gravit rapidement les échelons de la justice de Los Angeles en devenant procureur. Sauf que Blake, le terroriste qu’il avait mis à l’ombre, s’évade de prison et jure de se venger en ruinant sa carrière prometteuse…

Il ne faut parfois pas grand chose pour se faire un petit plaisir cinéphile, pour attribuer une petite aura autour d’un film qui n’en demandait pas tant. Par exemple, il suffit d’en entendre parler la première fois dans le Rockyrama Video Club des 100 meilleurs films à regarder entre amis un samedi soir, puis de le trouver en DVD à 1€ dans une brocante, puis le regarder le samedi soir suivant. C’est exactement ce qui s’est passé avec ce Ricochet qui fleure bon sa cuvée 1991, rassemblant nombre de noms du cinéma d’action surpuissant de l’époque : Joel Silver à la production, Steven E. de Souza à l’écriture d’un scénario initialement taillé pour l’inspecteur Harry, Russell Mulcahy à la réalisation, surfant sur la vague du succès de Highlander (mais plus pour longtemps puisqu’il a allait commettre le 2 la même année) et dans les rôles principaux, un Denzel Washington encore obligé de dire oui à tout ce qui se présente et John Lithgow en méchant de service option œil de verre, un costard qui lui va bien depuis ses premières armes chez De Palma. Cerise sur le gâteau, Ice-T s’invite en guest star et signe le morceau du générique, succédant au score aux forts accents de Predator d’Alan Silvestri.

Avec une telle équipe de gros bras, vous imaginez bien à quel type de thriller musclé on a affaire. Ricochet raconte le rise and fall d’un flic noir orchestré par le suprématiste blanc, ayant autant le sens de la punshline que de la manipulation, qu’il avait mis derrière les barreaux. Pour lancer son ascension fulgurante, Denzel Washington, gardant la finesse pour Philadelphia, ne recule devant rien, ni une arrestation en slip, ni une plaidoirie grandiloquente, pour se faire remarquer – faire le buzz dirait-on aujourd’hui – à une époque où l’élection d’Obama n’est encore qu’un doux rêve afro-américain. Face à lui, John Lithgow est assez psychopathe pour savoir comment traîner une réputation dans la boue avec une bonne vieille VHS sur laquelle on pouvait déjà enregistrer des sex tapes embarrassantes bien avant l’arrivée d’Internet. Oserait-on dire que Ricochet était un film prophétique ? Non, quand même pas…

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Nick Styles (Denzel Washington), un procureur élevé dans le hood : « Vous savez, les mecs, j’ai arrêté un terroriste en slip, alors vous foutre un coup de pression à la grenade, c’est vraiment pas un problème… »

Avant-gardiste ou pas, le tout est filmé par un Russell Mulcahy en très grande forme, encore au sommet de sa gloire de clippeur, n’hésitant pas à s’auto-citer au détour d’un hommage à Highlander improvisé par deux taulards bien vénères à la cantine. Comme on finira bien par se rendre compte que le script de de Souza n’est pas des plus subtils, Joel Silver ordonne à ses équipes de tout faire péter dans un dernier acte paroxystique dont l’époque avait le secret. Parce que la pression psychologique, ça va bien un moment, mais il faut bien que Ricochet se termine sur un mano a mano des familles. Un final durant lequel Denzel devra retourner dans le hood originel, en s’alliant avec un dealer – Ice-T donc – ayant plus de ressources que le bureau du procureur de Los Angeles. Un final durant lequel Denzel apprendra également qu’au cinéma, il n’y a que la justice expéditive qui vaille pour laver une réputation à grande eau javellisée. Il y avait sans doute un autre moyen, plus sage et mesuré, de démasquer l’ennemi quelque part dans les petits trous du script, mais une production Silver à l’époque ne connaissait de moyens que les gros. Sur le générique de fin, Ice-T scande « You get hit by the ricochet », et la déflagration a fait du bien, merci.

BASTIEN MARIE


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