The Gentlemen

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A Londres, un américain tente de vendre son empire de la marijuana avant de partir en retraite, mais les acheteurs potentiels sont tous d’impitoyables gangsters…

Après s’être récemment abîmé dans des blockbusters invoyables tels que Le Roi Arthur ou Aladdin, Guy Ritchie retourne au modèle de films qui ont fait sa renommée : des fresques criminelles avec un gros casting pour camper sa galerie de gangsters hauts en couleur et au fort accent cockney. Bien que la production soit entièrement américaine, The Gentlemen a bien été tourné à Londres, avec un gros stock de beuh pour convaincre ce vieux stoner de Matthew McConaughey d’endosser le rôle principal auprès de copains du réalisateur comme Charlie Hunnam et Hugh Grant. Serait-ce donc le grand retour de Ritchie à des films… passables ?

Le réalisateur aimerait s’en convaincre dans son intro dans laquelle son maître-chanteur, interprété avec délice par Hugh Grant, présente The Gentlemen comme un film de cinéma, un vrai, en scope et sur pellicule, juste avant de lancer un générique fleurant le cinoche d’exploitation, car pas de Guy Ritchie sans écrasante influence tarantinienne. Bref, Ritchie revient jouer à domicile et nous laisse sur une impression très partagée. D’un côté, on aimerait être gentil avec lui en remarquant que The Gentlemen est de très loin son film le plus élégant avec son image clinquante semblant figurer l’ambition de ses gangsters voulant squatter l’aristocratie anglaise. De l’autre, on ne peut s’empêcher de constater qu’il revient aussi à ses mauvaises habitudes entre accès de violence caricaturaux et désamorçages incessants par des monologues interminables, donnant l’impression que le film dure plus de deux heures. Pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre, il faudra compter sur les acteurs qui, eux, ont l’air de s’amuser et dont certains sont vraiment brillants : Grant donc, mais aussi Charlie Hunnam en homme de main désabusé et Colin Farrell en grosse frappe s’excusant de l’être.

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Coach (Colin Farrell) et Ray (Charlie Hunnam) sont en train de kidnapper un plan de Tarantino.

Les acteurs ont bien saisi ce décalage des personnages, tentant de dissimuler leurs crimes derrière une distinction très british ou l’inverse. Une indécision qui semble être celle de Guy Ritchie lui-même, dont les mésaventures hollywoodiennes l’ont laissé plein de doutes et aspirant à un retour aux sources avec ce cinéma qu’il sait faire à peu près le mieux. C’est sans doute ça qui rend The Gentlemen un peu plus fréquentable que ses précédents titres : une certaine humilité qui rend le film un peu mieux tenu, un peu moins tape-à-l’œil mais tout aussi maladroit. On ne sait toujours pas qui raconte vraiment l’histoire du film, inutilement retors et faussement complexe, mais au moins le réalisateur semble plus impliqué que d’habitude. Le tout jusqu’à un final méta qui semble refermer The Gentlemen comme une parenthèse avant que Ritchie ne reparte vraisemblablement vers les blockbusters.

BASTIEN MARIE

Autres films de Guy Ritchie sur le Super Marie Blog : RockNRolla (2008) ; Le Roi Arthur : la légende d’Excalibur (2017)


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