Le Prince oublié

5092178Comédie fantastique française, belge (2020) de Michel Hazanavicius, avec Omar Sy, Bérénice Bejo, François Damiens, Sarah Gaye, Néotis Ronzon et Eye Haïdara – 1h41

Chaque soir, un père veuf raconte à sa fille Sofia les aventures d’un prince à son image dans un monde imaginaire. Mais après la rentrée au collège, le prince n’est plus le père mais un garçon de l’âge de Sofia…

Les temps post-Oscars ont été durs pour Michel Hazanavicius : apparemment, un remake d’un film de guerre de Fred Zinnemann ou un biopic de Jean-Luc Godard ne sont pas du genre à attirer le public dans les salles ni à s’attacher les faveurs de la critique. Aussi, quand les producteurs Jonathan Blumental et Philippe Rousselet lui ont proposé de tourner un film familial écrit par Bruno Merle, Hazanavicius s’est jeté sur cette occasion de se refaire une santé au box-office. Réécrivant le script avec Noé Debré, il a casté dans le rôle du père veuf Omar Sy, lui qui faisait déjà un père célibataire idéal dans Demain tout commence, a trouvé comme d’habitude un rôle pour sa douce Bérénice Bejo et a retrouvé François Damiens après son apparition dans OSS 117 : Le Caire, nid d’espions. Pour ne vraiment rien se refuser, il a même engagé Howard Shore à la musique, et Le Prince oublié a débarqué dans les salles pendant les vacances de février où il a failli toucher au million d’entrées.

Même si ses allers-retours entre réel et fiction rappellent le Philippe de Broca du Magnifique, même si son pays imaginaire a parfois des airs de ressemblance avec celui d’un Paul Grimault, même s’il retrouve ainsi un imaginaire français pas si lointain, Le Prince oublié ne manquera pas de rappeler les films Pixar et en particulier Vice Versa (surtout dans ses couleurs et son prolongement des troubles de ses personnages dans l’imaginaire). Logique puisque c’est de toute évidence la principale – et un peu écrasante – inspiration de Michel Hazanavicius. Même s’il parvient très bien à lier visions adulte et enfant de son film, puisque le monde imaginaire appartient autant au père qu’à la fille, Le Prince oublié va forcément souffrir de la comparaison avec le célèbre studio d’animation, faute de pousser son concept assez loin et d’en explorer toutes les possibilités. Au niveau visuel, on laissera les effets spéciaux à l’appréciation de chacun (moi, personnellement, j’ai trouvé le film plutôt joli), mais pour une fois, les échappées imaginaires sont moins convaincantes que les scènes réelles, fort bien écrites et où tout se joue.

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Omar Sy joue le prince, pour ceux qui l’auraient déjà oublié…

Même si son film restera toujours mieux foutu que d’autres productions hexagonales aussi friquées que lui, Hazanavicius aurait pu faire plus avec cette première incursion fantastique de son cinéma. Les bonnes idées y sont plus fugitives qu’à son habitude. En revanche, il sait faire plaisir à ses acteurs qui semblent beaucoup s’amuser. En particulier Omar Sy qui, comme souvent, fait beaucoup dans la sympathie de ce Prince oublié, moins dans le costume du prince, trop simplet, que dans celui du père tentant d’accepter aussi bien que possible que sa fille grandisse. Sur cette thématique de la fiction aidant à accepter le réel, Le Prince oublié est plutôt réussi, même s’il ne devrait pas rester le film le plus mémorable de son auteur ni de son acteur…

BASTIEN MARIE

Autre film de Michel Hazanavicius sur le Super Marie Blog : Le Redoutable (2017)


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