Cuban Network

5217190Wasp Network Film d’espionnage français, espagnol, belge (2019) d’Olivier Assayas, avec Edgar Ramirez, Penelope Cruz, Wagner Moura, Ana de Armas et Gael Garcia Bernal – 2h03

Au début des années 90, René Gonzalez quitte soudainement Cuba, laissant femme et enfant, pour rejoindre Miami, bientôt suivi par quelques-uns de ses compatriotes. Ensemble, ils montent un réseau anti-castriste, à moins que ce ne soit l’inverse…

Olivier Assayas avait fait fureur avec sa mini-série Carlos : présentée à Cannes, puis exploitée en version long-métrage dans les salles françaises, elle avait fini par remporter un Golden Globe. Puis c’est en voyant Carlos que le producteur brésilien Rodrigo Teixeira, détenteur des droits d’un livre du journaliste Fernando Morais sur les différents réseaux d’espions cubains à Miami, a tout naturellement proposé le projet à Assayas. Et dix ans plus tard, rebelote : le réalisateur renoue avec l’espionnage avec Cuban Network, de nouveau avec Edgar Ramirez au milieu d’un casting prestigieux, en le présentant cette fois à Venise. Sauf que ce film ne devrait pas faire le même effet…

Ceux qui auraient vu Carlos dans sa version long-métrage auraient pu éventuellement douter du fait qu’il s’agissait du digest d’une mini-série. En revanche, en regardant Cuban Network, on a bien la sensation d’être en train de regarder le digest d’une série… qui n’existe pas. En effet, Olivier Assayas raconte comme il peut son ample histoire d’espionnage dans un scénario trop étriqué pour son sujet. Toutes les séquences ont l’air trop courtes pour donner l’impression que le rythme est soutenu, les ressorts dramatiques surgissent sans prévenir (comme le revirement des personnages à mi-film, raconté à la va-vite sans que rien ne nous y prépare avec une voix off de circonstance bien commode), et les personnages sont croqués bien trop sommairement (en particulier celui d’Ana de Armas, tombant amoureuse en cinq secondes avant d’être complètement abandonnée par le film comme par son espion de mari). Cuban Network raconte son pan d’histoire sans nous laisser l’occasion de nous y accrocher, autant par ses personnages hyper-opaques changeant de nature en un clin d’œil que par son contexte politique, laissé quelque part dans le fond.

1850072
René Gonzalez (Edgar Ramirez), notre héros ou anti-héros, on ne sait plus trop…

A force de vouloir mettre en évidence la réversibilité des espions, Olivier Assayas finit donc par livrer un film très mince et superficiel, manquant de point de vue. Tout ce qu’il reste de Cuban Network, c’est de vouloir raconter l’espionnage à un niveau très intime, à échelle d’homme. Ainsi subsistent quelques scènes très touchantes avec Edgar Ramirez, seul acteur du casting à pouvoir jouer quelque chose d’intéressant avec son personnage n’hésitant pas à sacrifier sa famille pour une cause qui est finalement très éloignée de lui. Assayas aurait sans doute beaucoup gagné à raconter le destin de ce personnage uniquement et à laisser plus de place à ses tiraillements, plutôt qu’en essayant d’embrasser tout un réseau que le film ne parvient à saisir qu’en s’épuisant. Tant pis, on se contentera de Carlos

BASTIEN MARIE

Autre film d’Olivier Assayas sur le Super Marie Blog : Personal Shopper (2016)


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s