Wounds

mv5bothimzjkotctmzhizi00mjfllwfiodmtogflnzgwnwi1zgi5xkeyxkfqcgdeqxvymtmxodk2otu40._v1_sy1000_cr006751000_al_Film d’horreur américain, britannique (2019) de Babak Anvari, avec Armie Hammer, Dakota Johnson, Zazie Beetz et Karl Glusman – 1h35

A la Nouvelle Orléans, après une nuit agitée dans son établissement, un barman retrouve le portable d’un client. Bientôt, il reçoit des messages et des appels inquiétants, et y trouve des vidéos horribles qui l’obsèdent peu à peu…

Après avoir été remarqué avec le film fantastique iranien Under the Shadow (2016), Babak Anvari tente son film américain avec Wounds, l’adaptation d’une nouvelle appelée The Visible Filth (« la crasse visible », miam, miam) tournée exclusivement à la Nouvelle Orléans. Dans les rôles principaux d’un barman plongeant dans la folie et de sa douce, Anvari engage Armie Hammer et Dakota Johnson, venant tous deux de tourner pour Luca Guadagnino, respectivement dans Call Me By Your Name et Suspiria (ce que je ne trouve pas bon signe personnellement, mais enfin…) tandis que Zazie Beetz, la belle de Joker, vient jouer la tentatrice accoudée au bar. Un joli trio de stars idéal pour le tapis rouge de la Quinzaine des réalisateurs où le film a été présenté. Mais la sélection officielle a attiré tant d’attention que ce Wounds est passé trop inaperçu pour échapper à une sortie Netflix…

En même temps, qu’aurait pu espérer en salles un film comme Wounds, partagé entre horreur glauque et ennuyante étude de caractère ? Pas sûr que la plateforme ne puisse en faire grand chose… Le film de Babak Anvari peut un temps intriguer avec ses saillies horrifiques, partagées entre l’influence d’un Cronenberg (« wounds » signifiant « plaies », le barman est témoin de sacrées anomalies anatomiques et a un truc qui lui pousse sous l’aisselle) et celle d’un Hideo Nakata (la femme du barman est hypnotisée devant son écran d’ordinateur lui jouant un remake de Ring, Dakota Johnson pouvant ainsi jouer une impassibilité qui lui sied à merveille). Pour peu qu’on sorte du domicile cosy du couple, les décors décrépis de la Nouvelle Orléans offrent un cadre adéquat au cauchemar que veut créer le réalisateur, tournant autour d’une sorte de folklore crado avec lequel a un peu trop joué un groupe d’adolescents. Manque de bol, ce contexte horrifique n’est qu’un prétexte à la défaillance psychologique d’un barman alcoolique qu’on suit avec beaucoup moins d’intérêt.

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Will (Armie Hammer) et Carrie (Dakota Johnson) regardent, horrifiés, les films qu’ils avaient tournés avec Luca Guadagnino.

Une descente aux enfers qui rend Wounds terriblement linéaire et prévisible, malgré les louables efforts d’Armie Hammer pour tenter de rendre son personnage, égoïste et nigaud, un minimum attachant. Le barman laisse en revanche ses partenaire féminines dans l’ombre, réduites à la compagne bien sage et à l’amante torride. Sur un point de départ inconsistant (n’importe quel type sensé aurait immédiatement livré le portable aux flics), Anvari développe donc son programme de visions cauchemardesques et de ruptures et engueulades en bon réalisateur indépendant persuadé de sa légitimité, sur un montage métronomique réveillant le spectateur à intervalles réguliers entre deux tunnels de dialogues banals. Pas de quoi pénétrer sa chair, à peine de quoi l’effleurer… ce qui est quand même con pour un film qui s’appelle Wounds.

BASTIEN MARIE


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