Doctor Sleep

mv5bymy3ngjlytitymq4os00ztewlwizoditmjmznwu2mde0njzhxkeyxkfqcgdeqxvymzqzmda3mti40._v1_sy1000_cr006741000_al_Film d’horreur américain, britannique (2019) de Mike Flanagan, avec Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Cliff Curtis, Zahn McClarnon et Emily Alyn Lind – 2h32

Quarante ans après avoir survécu à l’Overlook Hotel, Dan Torrance vient en aide à Abra Stone, une fille douée de shining traquée par la bande de vagabonds de Rose O’Hara qui veut la tuer pour se nourrir de son pouvoir…

Après s’être déjà attaqué à Stephen King en adaptant son roman le plus minimaliste, Jessie, Mike Flanagan se frotte cette fois à un bien plus gros morceau avec Doctor Sleep, la suite de Shining. Le roman de King, très émouvant, est déjà un gros pavé mais il faut aussi prendre en compte le film de Kubrick, qui ne se terminait pas comme le livre. Le réalisateur doit donc faire avec ces deux mentors de taille quand il chope par hasard le projet chez Warner Bros, qui lui alloue un budget de 50 millions de dollars. Le film est tourné dans tous les états traversés par le livre ainsi qu’en studio où Flanagan reconstitue l’Overlook de Kubrick.

Le résultat devrait ravir les fans de Stephen King car Mike Flanagan a parfaitement réussi à adapter son roman, tout en circonvolutions complexes entre trois personnages principaux qui se croisent peu, du moins physiquement. Sur deux heures et demi de métrage justifiées et qui se ressentent à peine vu la densité du matériau, Flanagan maîtrise son récit elliptique et retors grâce à son sens du montage qu’il assure lui-même : reprenant les fondus enchaînés de Kubrick, le réalisateur-monteur fait dialoguer psychiquement ses trois personnages principaux grâce à des montages alternés foudroyants. Trois personnages qui sont si parfaitement incarnés qu’ils devraient rassurer les rats de bibliothèque craignant souvent dans les adaptations cinématographiques de ne pas retrouver les personnages de papier qu’ils avaient imaginés. Ce n’est pas du tout le cas ici : Ewan McGregor se saisit aisément de l’humanité et de la vulnérabilité d’un Dan Torrance rédempteur, Kyliegh Curran, du même âge que son personnage, semble être exactement la même Abra que King avait imaginé, et Rebecca Ferguson, au sommet de son charme fatal, donne une leçon de grande méchante de cinéma, comme si Ingrid Bergman avait joué un être démoniaque.

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Danny Torrance (Ewan McGregor) se souvient de papa…

Aidé par son impeccable casting, Mike Flanagan se montre donc très fidèle au roman de King, rend justice à l’ampleur de son cauchemar et démontre une nouvelle fois, après sa série The Haunting of Hill House, son talent pour un fantastique adulte, sincère et noble. Son Doctor Sleep en devient un film de studio particulièrement soigné et appliqué, naviguant à son aise dans un héritage fantastique costaud. Après, pour être tout à fait honnête et histoire de chipoter un peu, on peut regretter que Flanagan ne joue pas un peu plus avec le film de Kubrick, surtout après que Spielberg l’ait brillamment fait dans Ready Player One. L’Overlook n’a droit qu’à un climax forcément écourté après la longue exposition qui a précédé et ses citations de Shining sont un peu trop « King approved ». On insiste, ce n’est que du détail, rien qui n’empêche Doctor Sleep de rester un film solide, mais si seulement la déférence avait pu laisser un peu plus de place à l’imagination, on aurait sans doute tenu un chef-d’oeuvre.

BASTIEN MARIE


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