The Man Who Feels No Pain

mv5byjaymde2mdatmgewny00nji3lwe4zmqtnzg1mwyyzwrlzdk0xkeyxkfqcgdeqxvyntcynjkzndk40._v1_Mard Ko Dard Nahim Hota Film d’action indien (2018) de Vasan Bala, avec Abhimanyu Dasani, Radhika Madan, Satyajit Gunu et Gulshan Devaiah – 2h14

A cause d’une maladie rare, le petit Surya ne ressent aucune douleur. Cloîtré chez lui par son père, il se passionne pour les films d’action et pour la VHS d’un karatéka unijambiste. Devenu adulte, Surya part à la recherche de son maître pour devenir justicier…

Il y a sur toutes les plateformes VOD – et donc sur Netflix – toute une tripotée de films indiens. Qu’il est rassurant de se dire que derrière les exclusivités paresseuses et une histoire du cinéma commençant en 1985, il y a toute une cinématographie exotique prête à bondir sur des spectateurs qui n’y seront pas forcément préparés. Après, il vous faudra fouiner un peu car je doute que les algorithmes vous laisseront apparaître ces pépites en puissance. Tiens, comme ce Man Who Feels No Pain, second film de Vasan Bala (coscénariste de The Mumbai Murders) qui avait fait quelques passages remarqués en festivals comme à Toronto (où il s’est vu récompensé d’un prix du public) ou au Paris International Fantastic Film Festival. Du fait que son héros – qu’on n’oserait pas appeler super – ne ressent pas la douleur, on a eu tôt fait de le présenter comme une version bollywoodienne de Deadpool. Vous vous doutez bien qu’en réalité, ce n’est pas si simple, que Vasan Bala va puiser ses sources dans un cinéma populaire antérieur au film de Ryan Reynolds pour en ressortir une insouciance qui nous avait manquée.

Plus qu’un super-héros, Surya est surtout un cinéphile, lui qui a failli naître dans un cinéma passant un film avec Chiranjeevi (mais si, le gars qui a fait le Thriller indien !) avant d’être biberonné au cinéma d’action hollywoodien et bollywoodien. Forcément, Vasan Bala doit y mettre beaucoup de sa propre cinéphilie, tout en tentant de signer un métrage digne de ces aînés. On craint déjà un film bollywoodien pastichant maladroitement la mise en scène de l’autre Mecque du cinéma, mais The Man Who Feels No Pain s’en tire sans encombre grâce justement à cette note d’intention que Bala affiche dans son film et à ses personnages qu’il nous présente avec tendresse. Son héros campé par Abhimanyu Dasani, beau gosse bloqué en enfance, touche par son côté inadapté, son insensibilité à la douleur l’ayant empêché de passer à l’âge adulte, et sa candeur incarne bien aussi celle du film. Sa dulcinée est une femme bien plus forte que sa situation sociale ne veut lui faire penser. Son mentor n’est pas un simple Bruce Lee mais un karatéka unijambiste déchu, joué par Gulshan Devaiah qui se duplique en frère jumeau maléfique se la jouant Tony Montana de Bombay.

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Surya (Abhimanya Dasani) prêt à combattre le crime et conquérir Bollywood.

Loin de se réduire à ses influences revendiquées, The Man Who Feels No Pain s’attache donc à ses personnages pour faire avancer un récit en montagnes russes, passant sans prévenir de l’humour au mélo, avec recours obligatoire à des chansons sirupeuses. Mais les scènes de baston sont, elles, bien chorégraphiées. J’espère juste que ces violentes ruptures de ton et ce côté bordélique d’un film de 2h15 n’amèneront pas les spectateurs à le juger avec dérision. Car The Man Who Feels No Pain, s’il peut sembler maladroit et naïf à des spectateurs peu habitués à ces productions, affiche une sincérité à toute épreuve et use avec modération du second degré, ce qui manque cruellement aux productions hollywoodiennes actuelles. Vasan Bala peut s’estimer fier de son film car ce qu’il a exhumé des VHS d’antan, ce n’est pas seulement l’action généreuse mais surtout l’insouciance qui semble avoir disparu avec le support. Et s’il peut en dépayser certains, The Man Who Feels No Pain touche au moins l’universel avec ses doux souvenirs sur bande magnétique.

BASTIEN MARIE


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