Fast & Furious : Hobbs & Shaw

mv5bzdjmymm5zjktywq5zc00mdg3ltkyzgytmwzmmjyymmu4ntg1xkeyxkfqcgdeqxvyotk1nty2mzq40._v1_sy1000_cr006321000_al_Fast & Furious Presents : Hobbs & Shaw Film d’action américain (2019) de David Leitch, avec Dwayne Johnson, Jason Statham, Idris Elba, Vanessa Kirby, Eiza Gonzalez, Eddie Marsan, Cliff Curtis, Helen Mirren, Ryan Reynolds et Kevin Hart – 2h17

Luke Hobbs et Deckard Shaw s’unissent malgré leur aversion mutuelle pour protéger Hattie, la sœur de Shaw, porteuse d’un dangereux virus convoité par le surhumain Brixton et sa sombre société secrète…

C’est marrant, il faut que Fast & Furious se décline en spin-off pour que je sois tenté d’aller en voir un. Car qui dit spin-off dis pas de Vin Diesel, et ça, c’est vraiment une bonne nouvelle car Dwayne Johnson et Jason Statham me sont éminemment plus sympathiques que l’acteur dont le seul fait de gloire est d’avoir prêté sa voix au géant de fer. D’ailleurs, Vin a super bien pris la nouvelle d’un spin-off, tombée à la fin de la production de Fast & Furious 8 : il s’est embrouillé avec le Rock et a coupé une bonne partie de ses scènes au montage (ce que lui permettait de faire son poste de producteur exécutif), puis il a séché une journée de tournage, laissant toute l’équipe en plan et une perte de quelques centaines de milliers de dollars à la production. Diesel, c’est vraiment un mec super sans plomb !

Ce Fast & Furious : Hobbs & Shaw a donc été confié à David Leitch, réalisateur de Deadpool 2, avec donc Johnson et Statham, tous deux étant beaucoup plus bankables que Vin. Ont rejoint le casting Idris Elba dans le rôle du super-méchant, se rassurant de ne jamais être James Bond en cabotinant à mort, et Vanessa Kirby, découverte dans Mission : Impossible – Fallout. Pour faire honneur au côté familial de la saga, on a fait revenir Helen Mirren dans le rôle de la maman de Statham, tandis que Johnson et Leitch ont ramené chacun un copain, respectivement Kevin Hart et Ryan Reynolds, laissant augurer quelques minutes de monologues navrants.

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Luke Hobbs (Dwayne Johnson) et Deckard Shaw (Jason Statham) en pleine négociation de leurs salaires.

Qui dit spin-off dit aussi écart de conduite, ce qui permet à ce Hobbs & Shaw d’assumer un second degré stratosphérique et une désinvolture fatigante dès les cinq premières minutes (cinq premières minutes durant lesquelles Ryan Reynolds a déjà eu le temps de nous les briser !). Le film profite à fond de la liberté conférée par le pas de côté et défonce toutes les barrières qui pourraient le raccrocher à la saga originale, dont on se demande bien ce qu’il reste en-dehors des deux protagonistes. Il n’y a quasiment plus de bagnoles, sinon une course-poursuite à Londres ne cachant rien de ses CGI abjects, dans une trame de film d’espionnage bêta fondée sur du transhumanisme expliqué à un élève de CE2. Johnson et Statham passent moins de temps à dérouiller des gars qu’à se balancer des punshlines pour déclencher à intervalles réguliers les rires gras de bouffeurs de pop-corn. Ah si, voilà l’élément fondateur de Fast & Furious précieusement conservé dans Hobbs & Shaw : la débilité profonde qui a ici au moins le mérite de ne pas être portée par des mecs se prenant trop au sérieux.

Décidément, ce spin-off n’aide pas à comprendre comment cette franchise parvient à rester en tête de gondole à côté des bidons de lessive Disney. Même en termes d’action pure, Hobbs & Shaw déçoit : David Leitch noie ses vrooms-vrooms et ses bangs-bangs dans une photo uniformément grise et un montage au hachoir, et gâche son combat final en recourant à des bullet-time anesthésiants. Tout ce qui surnage du bourbier, c’est Vanessa Kirby qui peut s’estimer heureuse de jouer un peu plus qu’une sœurette en détresse, et la pub pour les îles Samoa que Dwayne Johnson a pu glisser en tant que producteur dans un final un peu dépaysant mais surtout très réaliste (car oui, The Rock peut tenir à bout de bras un hélico au bout d’une chaîne). Voilà, sinon le pop-corn était bon, le gros coup de massue de 2h15 valait largement le prix de la place et on est pas du tout impatient de voir Fast & Furious revenir sur ses rails.

BASTIEN MARIE


2 réflexions sur “Fast & Furious : Hobbs & Shaw

  1. Ouahhh super sévère comme critique !
    Certes, c’est un film d’action à gros budgets qui nécessite pas une grande réflection pour comprendre l’histoire.
    Un film avec des gros bras, des gadgets, un peu d’humour quand celui-ci n’est pas trop lourd et s’il c’était appelé juste Hobbs et Show, il aurait surement fonctionné tout pareil.
    Au plaisir de vous lire.
    Sly

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    1. Et au plaisir de lire votre réaction, Sly ! A votre pseudo, je devine que vous aimez le cinéma d’action et, malgré cette critique, nous aussi. Certes, je n’y ai pas été de main morte avec les pauvres Hobbs & Shaw, mais en même temps, eux non plus. 😉

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