Scary Stories

3992643Scary Stories to Tell in the Dark Film d’horreur américain, canadien (2019) d’André Øvredal, avec Zoe Margaret Colletti, Michael Garza, Austin Zajur, Gabriel Rush, Natalie Ganzhorn, Austin Abrams, Gil Bellows, Lorraine Toussaint et Dean Norris – 1h48

Le soir de Halloween 1968, un groupe d’adolescents se rend dans la maison hantée de leur bourgade. Ils y prennent un livre qui bientôt écrit de lui-même en lettres de sang les histoires qui vont leur coûter la vie un à un…

Son Oscar remporté pour La Forme de l’eau ne semble pas avoir ralenti le rythme de travail frénétique de Guillermo Del Toro. Alors qu’il doit normalement être en train de réaliser un Pinocchio en stop motion pour Netflix et qu’il participe au prochain jeu vidéo de Hideo Kojima, il continue d’être un producteur généreux et impliqué. En attendant de le voir à ce poste sur Antlers, un film d’horreur réalisé par Scott Cooper (Hostiles), et surtout sur Sacrées Sorcières, une adaptation de Roal Dahl par Robert Zemeckis, cet été sortait sur nos écrans Scary Stories, un projet que Del Toro développait chez CBS Films depuis cinq ans. Il a même trouvé le temps de coécrire le scénario de cette adaptation d’une série de romans horrifiques d’Alvin Schwartz, un peu plus offensive que des Chair de poule car interdite par certaines bibliothèques jugeant les livres et leurs illustrations par Stephen Gammell (fidèlement retranscrites dans le film) trop effrayants pour le jeune public auquel ils s’adressent. Comme il était fan de The Jane Doe Identity, Del Toro a confié Scary Stories au réalisateur André Øvredal qui signe une anthologie horrifique toujours plus incarnée qu’un Annabelle 3

Le charme de Scary Stories opère dès les premières minutes avec sa balade dans le Halloween 68 d’une petite bourgade américaine au son de Season of the Witch de Donovan. Ensuite, on fait un petit tour au drive-in projetant La Nuit des morts-vivants avant l’inévitable visite de la maison hantée du coin, point de départ du cauchemar du film alimenté par les histoires d’Alvin Schwartz inspirées de celles qu’on se raconte au coin du feu. A partir de là, Scary Stories est le classique film d’horreur qu’il assume tout à fait d’être, assez bien écrit pour maintenir notre intérêt jusqu’au bout. Derrière la caméra, André Øvredal s’acquitte de sa tâche de bon artisan de l’horreur, moins inspiré que sur The Jane Doe Identity mais s’amusant tout de même avec son décorum rétro et ses classiques histoires qui font peur. Et il se montre ingénieux dans les horreurs qu’il filme : sans une goutte de sang pour éviter une interdiction aux moins de 12 ans, il parvient à livrer des images répugnantes par d’autres biais graphiques, avec par exemple une transformation en épouvantail ou une invasion d’araignée sous-cutanée. De quoi faire frémir en restant tout public !

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Ramon (Michael Garza) et Stella (Zoe Margaret Colletti) font face à un épouvantail qui leur font penser à un camarade de classe.

Et le charme de Scary Stories se maintient grâce au don qu’a Guillermo Del Toro de se laisser reconnaître même dans les films qu’il se contente de produire : quitte à ce que quelqu’un fasse du « à la Del Toro », autant chapeauter ça soi-même ! Une position de mentor qui, par le passé, a révélé des talents (Bayona sur L’Orphelinat, Muschietti sur Mama), s’est parfois montré handicapant (comme sur Don’t Be Afraid of the Dark par exemple, trop gothique pour être honnête), et fonctionne très bien sur Scary Stories. On reconnaît Del Toro au bestiaire (les fantômes ressemblent à ceux de Crimson PeakMama… ou à du Miyazaki boursouflé !), dans des idées recyclées de films antérieurs (le concept du livre qui lit son lecteur vient du Labyrinthe de Pan), mais surtout dans la forte thématique des histoires et de leurs effets sur ceux qui les vivent ou les lisent. Ça va du conte horrifique, bien sûr, à la rumeur destructrice et aux mensonges d’état (l’année 68 traînant avec elle un autre fantôme terrifiant, celui du Vietnam). Pas de quoi faire une thèse, mais de quoi donner du cœur à ce film d’horreur pour ados, genre qui en est le plus souvent dépourvu.

BASTIEN MARIE


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