Girls With Balls

mv5bmdywztywytqtothlni00m2m2ltgzmzytndfinjm1odgzmmy3xkeyxkfqcgdeqxvymtiwmzixndg40._v1_Film d’horreur français, belge (2018) d’Olivier Afonso, avec Tiphaine Daviot, Manon Azem, Louise Blachère, Margot Dufrene, Artus, Camille Razat, Anne-Solenne Hatte, Dany Verissimo, Denis Lavant et Orelsan – 1h17

Les Falcons, une équipe de volley féminine, se perd dans les bois et se retrouve pourchassée par des locaux consanguins…

Olivier Afonso est un maquilleur français incontournable depuis une quinzaine d’années. Sans doute frustré par le peu de cinéma de genre en France avant que le CNC ne lui dédie une commission (dont on attend encore les nouvelles, d’ailleurs), il coécrit avec Jean-Luc Cano le scénario de Girls With Balls, un survival opposant une équipe de volleyeuses à une tripotée de tueurs consanguins dans une ambiance joyeusement gore héritée d’un Bad Taste. Tourné en Espagne avec le concours de guests très populaires, Girls With Balls doit conserver son fragile équilibre entre rires et gore, et Afonso doit faire avec beaucoup de suggestions penchant d’un côté ou de l’autre, et beaucoup de doutes aussi quand il s’aperçoit que son équipe technique espagnole rigole peu sur le tournage, la barrière de la langue n’étant pas idéale pour tester les vannes. Il a dû se sentir un peu mieux quand Girls With Balls a entamé son tour des festivals dans lesquels il était souvent la séance récréative au milieu de films d’horreur plus sérieux. Malheureusement, il n’aura pas pu tester son film sur le public français : devant un temps sortir dans les salles françaises début 2018, Girls With Balls a fini dans l’escarcelle de Netflix au milieu de cet été, et vous devrez donc rire tout seul chez vous plutôt que dans une salle partagée avec d’autres spectateurs.

Après, Girls With Balls est assez décevant. Ça commençait plutôt bien avec Orelsan en ménestrel sardonique (et hop, une première guest très bien castée !) puis la présentation de l’équipe d’actrices volontaires (mention spéciale à Tiphaine Daviot et Anne-Solenne Hatte) dont les dissensions vont leur compliquer la survie. Puis on embarque à bord de leur Mystery Machine qui prend la route d’un survival très balisé et pas aussi réjouissant que prévu. L’humour y est très bavard, le plus souvent résumé à des punshlines faiblardes – et laisser Artus faire son one-man-show n’est pas la meilleure idée. Quant au gore, Olivier Afonso ne voulant sans doute pas capitaliser sur ce qu’il sait déjà faire, il n’éclabousse pas autant qu’on le voudrait. Girls With Balls tâtonne donc entre ses deux humeurs – humour et horreur – trop prudent à ce que l’une ne prenne pas le pas sur l’autre, et reste sur la réserve alors qu’on préférerait voir le moteur s’emballer. Une timidité qui n’est pas aidée par un montage incertain et qui rend quelques scènes, comme celle où les sportives attaquent leurs assaillants à coup de ballons de volley, franchement ratées.

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Tatiana (Margot Dufrene) vient de trouver une arme un peu plus efficace qu’un ballon de volley…

Pourtant, malgré ses évidents défauts, on continue de regretter que Girls With Balls n’ait pas trouvé le chemin des salles, même en montrant patte blanche avec la participation de têtes connues. Certes, le film n’est pas aussi fendard qu’il le voudrait, mais il se revendique quand même comme un défouloir qui fonctionnerait forcément mieux si l’expérience était collective. A tous les niveaux, le film ne veut exclure personne : l’horreur y est plus light que ce à quoi le genre français nous avait habitué, l’humour est porté par des acteurs qui pourraient tout aussi bien faire les cons chez Arthur un vendredi soir, le sujet ne se définit pas dans un féminisme de bon aloi comme pouvait le faire un Revenge, etc. Bref, Girls With Balls veut être fédérateur. Mais pas facile de l’être quand chacun le regarde chez soi sur Netflix. Dommage qu’un distributeur n’ait pas voulu ou pu faire le poids face à la plateforme qui achète tout ce qui bouge, rendant les concessions d’Afonso vaines, alors que j’aurais pu être plus indulgent avec son film si je l’avais découvert en salles, avec un public qui aurait pu le trouver plus drôle. Au lieu de ça, on le voit tout seul chez soi, sans un rire dans la pièce pour élever les vannes, sans savoir quel potentiel le film d’Alonso aurait pu avoir au box-office. Certes, Girls With Balls n’est pas terrible, mais qui sait, peut-être aurait-il pu trouver un public plus large qu’à l’accoutumée et ainsi poser sa pierre à l’édifice, continuellement à reconstruire, du genre français.

BASTIEN MARIE


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