Crawl

mv5bmgflnjm0zmqtyjmwzc00n2uzltllnzuty2vkotk1mtcyzju5xkeyxkfqcgdeqxvyodiyoteymzy40._v1_sy1000_sx750_al_Film d’horreur américain (2019) d’Alexandre Aja, avec Kaya Scodelario et Barry Pepper – 1h27

En Floride, alors qu’un ouragan menace, Haley va chercher son père, coincé dans la cave de l’ancienne maison familiale, sans savoir qu’elle est aussi infestée d’alligators…

Après la « non-sortie » de La 9ème Vie de Louis Drax, bazardé après le rachat de Miramax, et alors qu’il doit se résigner à faire une croix sur le projet Cobra (déjà dur à monter à la base, encore plus après l’échec de Valérian et la cité des mille planètes…), Alexandre Aja tombe sur le scénario de Crawl, écrit par Michael et Shawn Rasmussen (auteurs du script pas terrible de The Ward de John Carpenter), qui lui permet de revenir au creature feature après Piranha 3D sans avoir à se coltiner les Weinstein et leurs aléas de postproduction. Il condense le script et demande à Sam Raimi de produire le film avec lui chez Paramount. Le studio lui alloue un budget de 15 millions de dollars tandis que les effets spéciaux sont confiés à Rodeo FX, présent sur toutes les étapes de la production. Après des projections-test toutes favorables, tous les voyants semblent donc être au vert pour Crawl qui, on l’espère, fera un petit succès en salles dans un été bouffé par les films d’animation et un remake Disney.

Comme souvent avec Aja, le film est lucide, honnête et sincère : Crawl est un pur roller coaster de série B n’ayant aucune autre intention que de voir ses personnages survivre à la tempête et aux alligators, et ses spectateurs en avoir pour leur argent. Ramassé sur 1h27 parce qu’il n’en faut pas plus, le récit ne se laisse pas le temps de digresser, à part éventuellement pour alimenter ses bestiaux en chair fraîche. Pour le reste, Aja s’en tient à l’essentiel comme en témoigne sa réécriture visant à équilibrer l’action et le background des personnages. Ainsi, la relation père (Barry fucking Pepper !)-fille se caractérise toujours à travers les catastrophes qu’ils traversent : l’intransigeance du coach envers sa fille nageuse finit par payer quand il s’agit de devoir échapper à des alligators affamés, la tempête achève le douloureux divorce des parents en dévastant la maison familiale. Pas de longs discours ou de dialogues larmoyants, tout passe par le survival, assez sanglant de surcroît.

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Haley (Kaya Scodelario) aux prises avec un alligator pervers qui veut la prendre sous la douche.

Ca fait un bien fou de voir ainsi Crawl foncer vers sa cible avec conviction alors que les films d’horreur infestés d’animaux féroces étaient devenus l’apanage de série Z type Asylum (et on y fourre volontiers le mégalodon tatanné par Jason Statham d’En eaux troubles). Alexandre Aja se livre à l’exercice avec une application qu’on avait pas vu depuis belle lurette et en s’accrochant à un premier degré en voie de disparition face à l’hégémonie d’une ironie narquoise qui, chez la concurrence, a le don de ridiculiser les personnages. Dans Crawl, on a envie de les voir survivre (ce qui est tout de même le minimum, non ?) et on est captivé par les décors d’une production qui ne veut pas se foutre de notre gueule. L’inondation progressive de la baraque et même de tout le quartier est haletante et Rodeo FX soigne ses effets pour que Crawl ne ressemble pas à un téléfilm catastrophe du samedi après-midi. Il y a donc dans ce blockbuster un savoir-faire devenu rare, une honnêteté salvatrice qui nous rappelle un temps pas si lointain où il était encore permis de prendre son pied dans une salle de cinéma un soir d’été.

BASTIEN MARIE


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