Men in Black : International

mv5bztbmzgningetzmixyy00ndgxlwe4mgityzkwyjg2yzq1nzk1xkeyxkfqcgdeqxvymdm2ndm2mq4040._v1_Film de science-fiction américain (2019) de F. Gary Gray, avec Tessa Thompson, Chris Hemsworth, Kumail Nanjiani, Rafe Spall, Rebecca Ferguson, Emma Thompson et Liam Neeson – 1h54

Après avoir rêvé toute sa vie de travailler pour les Men in Black, l’agent M est envoyée, pour sa première affectation, à Londres où, avec l’aide de l’agent H, elle doit protéger une arme surpuissante convoitée par une taupe de l’agence…

Après le succès d’un Men in Black 3 (2012) tourné à l’arrache, Sony annonçait un reboot de la franchise en 2015, sans Will Smith ni Tommy Lee Jones, et envisageait même un crossover avec 21 Jump Street ! C’est con, si on s’était souvenu que Men in Black était à l’origine un comic-book Marvel, on aurait peut-être pu tenter de négocier avec Les Gardiens de la galaxie… Peu importe puisque, quatre ans plus tard, le studio est reparti sur un reboot beaucoup plus raisonnable, ouvrant une branche internationale à l’agence de protection contre les aliens. Emma Thompson (déjà apparue dans le 3) et Liam Neeson viennent cachetonner dans le rôle des patrons, tandis que le duo d’agents est campé par Chris Hemsworth et Tessa Thompson, couple déjà à l’oeuvre dans Thor Ragnarok. A la réalisation, on a choisi F. Gary Gray qui avait déjà flingué la suite d’un film de Barry Sonnenfeld avec Be Cool (2004), abominable séquelle de Get Shorty (il ne reste plus qu’à faire un nouveau Famille Adams pour achever le travail de destruction). Le maquilleur Rick Baker aurait même proposé de sortir de sa retraite pour l’occasion, mais j’espère qu’on ne l’a pas dérangé pour cette production bien formatée, à des années lumières du brillant film inaugural sorti il y a 22 ans.

Entre un Godzilla 2 qui amènerait à réévaluer celui de Roland Emmerich et un énième X-Men qui promet d’être le dernier, je ne saurais trop dire pourquoi j’ai opté pour Men in Black : International pour constater l’essoufflement hollywoodien estival. Je peux vous dire en tous cas que ma motivation n’était pas élevée, mais tant mieux, puisque celle des « créateurs » de ce reboot non plus ! Dès sa première séquence, Men in Black : International affiche une paresse manifeste, comme s’il ne se destinait qu’à une sortie technique pour renouveler le copyright de la franchise. D’ailleurs, le film ne sait pas trop par où commencer : il semble avoir tiré au sort sa scène d’ouverture parmi les trois ou quatre premières séquences, minces prémisses à un scénario dont on connaît déjà tout le déroulement au bout d’un quart d’heure. Dans leurs costards, Tessa Thompson et Chris Hemsworth jouent l’hyper-décontraction à défaut de pouvoir faire autre chose de personnages dont ils savent qu’ils n’existeront que le temps d’un film (l’acteur de Thor a même annoncé qu’il ferait un break dans sa carrière, sans se soucier d’éventuelles suites). Quant à l’international annoncé par le titre, ça se limite à des décors londoniens, parisiens et marocains tournés avec si peu d’inspiration qu’on ne saurait discerner le fond vert du décor de studio ou des extérieurs.

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L’agent M (Tessa Thompson) et l’agent H (Chris Hemsworth) attendent tranquillement qu’il se passe quelque chose.

Si vous vous tâtez encore à accorder une chance au film de F. Gary Gray, je vous invite aussi à voir les critiques presse sur Allociné. Elles n’ont rien de très constructif à dire si ce n’est que le film n’est pas déplaisant (certes, mais il n’est pas plaisant non plus), une d’entre elles s’amuse même du fait qu’on leur ait imposé un embargo alors qu’il n’y a rien à spoiler (hormis l’identité de la taupe qu’on devine de toute façon en un temps record). La seule certitude est que Men in Black : International est l’un des pires films vus cette année. Certes, il n’est pas aussi détestable et énervant qu’un remake Disney à la Dumbo par exemple, mais on est aussi résigné que les créateurs du film face à son inutilité complète et son absence totale de la moindre intention. Un coup de Neurolaser n’est même pas nécessaire pour oublier le film, il s’en chargera lui-même, en même temps qu’il nous fera regretter la savante dérision de la trilogie de Barry Sonnenfeld (présente même dans ses épisodes les plus faibles), et même l’idée de crossover avec 21 Jump Street qui, bien que farfelue, n’aurait pas manqué de surprendre au moins un petit peu.

BASTIEN MARIE


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