L’Éventreur de New York

mv5bogqwotqwnwqtzmexmi00odu0ltgxzwmtmjuwndg5yzq3y2qxxkeyxkfqcgdeqxvymziwndy4ndi40._v1_Lo Squartatore di New York Film d’horreur italien (1982) de Lucio Fulci, avec Jack Hedley, Almanta Suska, Howard Ross, Andrea Occhipinti, Alexandra Delli Colli et Paolo Malco – 1h27

A New York, un flic s’allie avec un psychologue pour retrouver un dangereux serial killer qui éventre ses victimes et les contacte en prenant une voix de canard…

1982 marque le retour au giallo de deux maîtres incontestés du genre juste après leur âge d’or respectif : Dario Argento signe Ténèbres qui suspend la conclusion de sa trilogie des trois mères, tandis que Lucio Fulci réalise cet Éventreur de New York juste après sa fastueuse quadrilogie tout en morts-vivants et terreurs lovecraftiennes (L’Enfer des zombiesFrayeursL’Au-delà et La Maison près du cimetière). A l’origine, il y a un scénario de Gianfranco Clerici et Vincenzo Mannino derrière lequel passe Dardano Sacchetti pour changer l’identité du tueur et en faire une sorte de Jack l’éventreur moderne tel que le veut Fulci. Avant que ce dernier ne se mette lui-même à la réécriture pour ajouter des séquences très sanglantes. Après y avoir situé le prologue de L’Enfer des zombies, le réalisateur retourne à New York pour y tourner ses extérieurs pendant quatre semaines, avant de filmer le reste en studio à Rome. Le décalage horaire ne se fait nullement ressentir dans le film grâce à l’expérience de son metteur en scène.

Comme principale influence de L’Éventreur de New York, Lucio Fulci cite William Friedkin, et ça se devine. Non pas que le film soit à la hauteur d’un French Connection (il en est plutôt la version bis bien gore), mais il y a tout de même une volonté de réalisme, de battre le pavé de la Grosse Pomme pour y débusquer le ver qui la ronge, un tueur à voix de canard dont les forfaits sadiques ne sont plus montrés dans une mise en scène qui cherche la sophistication. Du giallo, Fulci ne garde finalement que les gants et le rasoir du tueur (tranchant œil et téton : oui, c’est bien dégueulasse !) et la seule séquence de meurtre baignant dans une lumière rouge héritée de Bava sera plus tard identifiée comme une hallucination. Les seules autres lumières rouges de L’Éventreur de New York seront celles des néons des peep shows et cinémas pornos de la 42ème rue (qui permet au réalisateur d’y mettre un peu de sexe aussi), terrain de jeu idéal d’un néo-Jack l’éventreur.

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Une des victimes de l’éventreur de New York porté sur la bouteille…

Le New York que veut nous montrer Fulci est donc celui bien poisseux d’antan, mégapole de tous les vices. Et la sordidité de ses images, le réalisateur ne la réserve pas aux plans extérieurs de son coupe-gorge mais aussi dans ses séquences en studio, mises en scène avec la même urgence. Par exemple, une séquence de perquisition filmée dans une brutale vue subjective scrutant l’appartement miteux d’un suspect rempli de seringues et de magazines pornos. La cohérence d’une mise en scène brute de décoffrage permet d’effacer les coutures bis du film tourné entre Rome et New York et ne nous laisse guère respirer. L’Éventreur de New York est si éprouvant que le mobile mélancolique du tueur (qui explique aussi sa voix de canard, mais je vous laisse le mystère) est presque rassurant ! Fulci retrouve donc sa place d’auteur particulièrement extrême du bis rital, parfois envers ses propres collaborateurs (Catriona MacColl, actrice des trois précédents films du réalisateur, refusa l’un des rôles principaux, tandis que le scénariste Dardano Sacchetti se désolidarise du film fini). L’Éventreur de New York n’est évidemment pas du niveau de la quadrilogie qui le précède, ni aussi inspiré que d’autres gialli de l’auteur (Perversion Story, 1969 ; Le Venin de la peur, 1971) mais il reste assez glauque et sadique pour d’éventuels nostalgiques d’un New York décadent.

BASTIEN MARIE

Autre film de Lucio Fulci sur le Super Marie Blog : L’Enfer des zombies (1979)


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