The Dead Don’t Die

mv5bmtk4ntm1oty3ml5bml5banbnxkftztgwnzc2ndg3nzm40._v1_sy1000_sx675_al_Film d’horreur américain (2019) de Jim Jarmusch, avec Bill Murray, Adam Driver, Chloë Sevigny, Tilda Swinton, Tom Waits, Caleb Landry Jones, Danny Glover, Steve Buscemi, Selena Gomez, RZA, Larry Fessenden, Carol Kane, Sara Driver et Iggy Pop – 1h43

Dans la petite ville tranquille de Centerville, le shérif Cliff Robertson et son adjoint Ronnie Peterson font face à une invasion de zombies…

Après avoir invité des vampires dans son cinéma avec Only Lovers Left Alive (2013), Jim Jarmusch se frotte cette fois au film de zombies avec The Dead Don’t Die, racontant la typique invasion de morts-vivants dans une bourgade américaine répondant au nom bien anodin de Centerville. L’occasion pour le cinéaste d’inviter ses acteurs fétiches, et en premier lieu Bill Murray qui avait déjà dû se farcir du zomblard dans Bienvenue à Zombieland (2009), et quelques autres nouveaux venus prestigieux (Danny Glover, Steve Buscemi, Selena Gomez, Caleb Landry Jones). Le casting était trop beau, il fallait bien l’inviter pour l’ouverture du festival de Cannes où The Dead Don’t Die lançait la compétition. Et tant pis pour les mauvaises langues qui diront que pour qu’un film de zombies concourt à la Palme d’or, il faut qu’il soit réalisé par un habitué de la Croisette…

Malheureusement, The Dead Don’t Die n’est pas le meilleur Jim Jarmusch, loin s’en faut. Si les vampires d’Only Lovers Left Alive se mêlaient bien au cinéma de l’auteur, servant une profonde mélancolie amoureuse, on se demande bien en revanche ce que les zombies viennent faire ici, menaçant de faire passer le film pour de l’opportunisme en surfant sur un genre établi sans trop chercher à le comprendre. On ne sait pas bien quel rapport Jarmusch entretient avec le genre (il doit aimer le regarder, mais en faire, c’est une autre paire de manches), si son film est un pastiche, un hommage ou les deux. Quand il cite Romero, est-ce en le prenant de haut ou avec déférence ? Mystère, on n’en sait pas plus que les personnages, et le genre ne nourrira ici que de futiles thématiques réchauffées, entre angoisse écologique, critique de l’Amérique trumpiste et hypnose consumériste. Jarmusch, lui, s’il devait s’identifier à un personnage, serait sans doute Bob l’ermite (Tom Waits), narrateur anticipant la catastrophe mais qui regarde tout ça de loin, impassible, tranquillement à sa place de marginal épargné par l’apocalypse.

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Jarmusch oblige, Iggy Pop joue un zombie plus intéressé par le café que par la chair humaine…

Tous les autres nombreux personnages sont, eux, livrés à eux-mêmes, n’ayant droit qu’à quelques séquences pour exister avant de mourir hors-champ pour certains d’entre eux. Sauf Bill Murray et Adam Driver, impeccables comme d’habitude, sans doute aussi parce qu’ils sont rodés à la nonchalance de leur réalisateur qui dilate inutilement le métrage (il fait 1h43, mais donne l’impression d’atteindre les deux heures). Pour relancer le rythme, on trouve des astuces et vannes méta plutôt gratuites, mais rien ne survit plus de quelques secondes, rien ne se poursuit sur plusieurs séquences. La seule émotion qui semble valoir le coup, c’est ce drôle de stoïcisme face à la fin annoncée, le regard ahuri porté sur l’apocalypse. Ça ne pèse pas bien lourd, même pour un Jarmusch qui nous a habitué à tellement mieux que ce Dead Don’t Die stérile, lui-même mort-vivant.

BASTIEN MARIE

Autres films de Jim Jarmusch sur le Super Marie Blog : Gimme Danger (2016) ; Paterson (2016).


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