Captive State

1863784Film de science-fiction américain (2019) de Rupert Wyatt, avec John Goodman, Ashton Sanders, Jonathan Majors, Kevin Dunn, James Ransone, Alan Ruck et Vera Farmiga – 1h49

Dans un Chicago délabré une décennie après le début d’une occupation extraterrestre, le commissaire William Mulligan est chargé de démanteler un réseau de résistance nommé Phénix, avant que les aliens ne s’en chargent eux-mêmes…

Le britannique Rupert Wyatt est un bon gars. Après le succès surprise de son sympathique La Planète des singes : les origines (que Matt Reeves n’a pas réussi à surpasser à mon humble avis), le sieur aurait pu tranquillement foutre les pieds sous la table de la Fox, à signer sans risques d’autres volets de la saga simiesque. Ne s’en laissant pas conter par le studio, Wyatt a préféré partir sur des projets l’intéressant un peu plus. Manque de bol, ses projets suivants ont provoqué une indifférence qui pourrait lui faire regretter le confort d’une franchise : son remake de The Gambler avec Mark Wahlberg est passé complètement inaperçu et sa série L’Exorciste d’après le classique de William Friedkin s’est arrêtée au bout de sa seconde saison faute d’audience. Et la guigne devrait continuer avec Captive State, film de SF original qu’il a coécrit avec sa compagne Erica Beeney et qu’il a réussi à produire tant bien que mal à Chicago pour la modique somme de 25 millions de dollars. Pourtant précédé d’une campagne promo astucieuse à la CloverfieldCaptive State s’est rudement viandé aux Etats-Unis et devrait connaître un sort comparable chez nous.

Il faut dire que Captive State est un film pour le moins austère, ayant du mal à cacher ses petits moyens et mettant du temps à révéler son véritable sujet. Finalement, l’invasion extraterrestre n’y sert que de point de départ : passée une séquence d’ouverture impressionnante, les détails de l’invasion nous sont donnés dans le générique à travers des messages d’ordinateur et des images brèves. Après cela, Rupert Wyatt nous plonge dans le Chicago occupé par une force alien qui est seulement suggérée, sans que l’on sache vraiment si c’est par choix scénaristique ou par manque de budget. Quoiqu’il en soit, le réalisateur maintient la tension laborieusement dans la première partie du film, à la narration morcelée qui ne nous aide pas à nous identifier aux personnages, quand bien même l’intérêt principal se portera sur les humains. Petit à petit, et jusqu’à une séquence d’attentat millimétrée, on comprend que c’est la résistance qui intéresse Wyatt, et on s’accommode mieux à l’avancée chaotique du récit, raconté à travers ses réseaux.

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William Mulligan (John Goodman) vient de mettre le grappin sur un jeune résistant (Ashton Sanders), il ne manque plus qu’à voir des aliens.

En fait, Captive State, c’est L’Armée des ombres avec des aliens. Ça aide à relativiser la confusion de ce qui a précédé, l’opacité des personnages et des situations, l’absence des extraterrestres imposant leur domination à distance. Sur le dernier tiers du film, le puzzle s’assemble enfin et on est touché par son humanité persévérante et résistante. Captive State serait donc un film qu’on aimerait défendre par cet humanisme porté par le petit budget d’un film de SF indépendant, par son réalisateur, assez doué (certaines séquences sont rondement menées et soignées sur le montage et le son), refusant de rester sous la coupe de gros studios, préférant proposer des alternatives à l’entertainment (on est plus près d’un Neil Blomkamp que d’un J.J. Abrams). En somme, par une résistance exprimée autant dans le film que dans sa fabrication. Malheureusement, Captive State est trop chaotique et contraint pour emporter le morceau et même en retombant sur ses pattes, le film aurait assurément gagné à être mieux structuré et incarné. Espérons que ce semi-échec, un de plus, ne dissuadera pas Rupert Wyatt à persévérer sur sa propre voie…

BASTIEN MARIE


Une réflexion sur “Captive State

  1. J’avais bien apprécié « The Gambler » mais le scénario était un peu light et le métrage était porté par un Mark Wahlberg sérieusement amaigri pour l’occasion. Par chez moi, on peut voir des affiches pour « Captive Slave » un peu partout, et surtout les bus des transport en commun de la ville de Mulhouse. L’affiche est bien travaillée, mais ta critique ne me motive pas du tout à aller voir ce métrage… Je me replongerai alors dans la série de films Planet of the Apes dont je me suis promis d’en faire les critiques et surtout parce que ma douce moitié est une fan de longue date de l’ensemble de cette franchise, saga, série télévisée, etc.
    😉

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