Black Snake, la légende du serpent noir

0704304Comédie française (2019) de Thomas Ngijol et Karole Rocher, avec Thomas Ngijol, Karole Rocher, Michel Gohou, Edouard Baer et Bernard Ménez – 1h22

Après des années passées à Paris, Clotaire Sangala revient dans son pays natal en Afrique. A la mort de son grand-père chinois expert en arts martiaux, Clotaire va devenir Black Snake, un super-héros masqué libérateur du peuple face au dictateur Ezéchias…

Il y a quelques semaines, on vous disait que Nicky Larson et le parfum de Cupidon était pas si mal. C’est maintenant Thomas Ngijol qui se lance dans la comédie matinée d’un peu d’action, distribuant blagues et tatanes, avec Black Snake, la légende du serpent noir, un film inspiré d’une de ses vannes au Jamel Comedy Club où il disait que quand Superman survole l’Afrique, il fait semblant de pas la voir. C’est sans Fabrice Eboué mais avec sa compagne Karole Rocher qu’il coécrit et coréalise donc les aventures de son super-héros africain luttant tant bien que mal contre la dictature locale. Une idée qui pouvait sembler vaguement originale il y a quelques temps, mais qui maintenant sonne plutôt comme une parodie opportuniste de Black Panther, désormais multi-oscarisé.

Au-delà de l’idée nous présenter un super-héros africain en n’ayant finalement pas grand chose à dire sur l’Afrique (le film Marvel était trop illusoire pour ça, et Ngijol s’en tient aux archétypes de ses dictatures), Black Panther et Black Snake n’ont que très peu de rapports entre eux et, bien sûr, pas du tout le même budget. Mais Black Snake a au moins le mérite de se réclamer d’une facture de bande d’exploitation 70’s. Avec son costume à la Kato, ses ponctuations musicales cheap, ses bagarres rudimentaires et les graffitis à la gloire de son héros ressemblant à des affiches ghanéennes, Black Snake ressemble aux tentatives de blockbusters nigérians ou ougandais et affiche une sorte de blaxploitation belle et bien africaine, sans condescendance dans la démarche. Une identité visuelle aussi attrayante qu’étonnante quand on le découvre dans un multiplexe qui nous fait rarement voyager jusqu’en Afrique, le continent étant généralement déserté par le cinéma en-dehors de ses frontières.

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A la mort de son grand-père, Clotaire (Thomas Ngijol) devient Black Snake : un héros est né, mais un comique, pas vraiment.

On pourrait donc saluer cette singularité du film de Thomas Ngijol et Karole Rocher, ce soin apporté à l’hommage d’un cinéma fauché sans s’en moquer. Mais ce serait oublier que Black Snake a un gros problème : il n’est absolument pas drôle. Pour se moquer de la dictature de son pays africain anonyme, on s’en tient à une parodie bondienne réchauffée. Et entre ses bastons, s’appauvrissant au fil du métrage, c’est la grosse pénurie de blagues. Eboué ayant embarqué toutes les farces et sarcasmes du duo, Ngijol se retrouve paumé tout seul, se contentant de brailler des insultes et des Jackie Chan à tout bout de champ et en se faisant piquer la vedette par un Edouard Baer ou un Bernard Ménez en petite forme. Black Snake ne dure donc qu’1h22 car il n’aurait pas pu aller beaucoup plus loin avec sa simple idée de base et, niveau humour, il ferait passer Le Crocodile du Botswanga pour du Billy Wilder.

BASTIEN MARIE


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