Alita : Battle Angel

Alita-Battle-Angel-Posters-alita-battle-angel-42099892-1382-2047Film de science-fiction américain (2019) de Robert Rodriguez, avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Keean Johnson, Jennifer Connelly et Mahershala Ali – 2h02

2563, trois siècles après l’effondrement. Zalem, la cité céleste, déverse ses ordures dans la ville basse d’Iron City. C’est dans cette décharge à ciel ouvert que le docteur Ido tombe sur les restes d’une cyborg. Il la ramène alors à la vie en lui donnant le corps synthétique ainsi que le prénom de sa fille disparue : Alita. La jeune fille, amnésique, décide de percer le mystère de ses origines, même si elle doit pour ça s’enrôler en tant que chasseuse de prime ou encore participer au Motorball, un sport aussi populaire que dangereux.

Projet de longue date pour James Cameron qui planche sur une adaptation du manga culte Gunnm de Yukito Kishiro, oeuvre qui a déjà pu largement inspirer sa série Dark Angel, Alita : Battle Angel est vite mis de côté au profit du désormais célèbre Avatar. Aussi, après la triomphale sortie de ce dernier, il est un temps question que Cameron se consacre à nouveau à ce projet avant que le cinéaste ne se décide à repartir pour Pandora pour d’innombrables suites d’Avatar qui semblent compromettre définitivement Alita. Se contentant de la casquette de producteur, James Cameron le perfectionniste abandonne alors son bébé à un collaborateur des plus inattendus : Robert Rodriguez, traînant sa réputation de joyeux j’men foutiste.

Se retrouvant à la tête d’un film budgété à 200 millions de dollars et soucieux de respecter la vision de son prestigieux producteur, Rodriguez, comme il a déjà su le faire par le passé, se pose ici en tant qu’artisan capable de s’effacer derrière son film et se montre plus appliqué que jamais. Bénéficiant de tout le savoir faire de Lighstorm prêt à lui prêter main forte malgré le titanesque travail en cours sur Avatar, Rodriguez nous livre un blockbuster visuellement époustouflant, à la fois grâce à ses impressionnants effets spéciaux mais aussi à sa mise en scène d’une indiscutable efficacité. Ainsi, les doutes soulevés par les yeux démesurés de l’héroïne s’envolent assez vite tant les rendus sont saisissants de réalisme, cette étrangeté conférant une vraie singularité au personnage tandis que le film nous présente toute une galerie de cyborg hauts en couleur reprenant les visions cyberpunks bien barrées de Kishiro. On retrouve également l’esprit du manga lors des affrontements opposant Alita et sa fameuse technique du Panzer Kuntz à de redoutables machines à tuer. Ces scènes d’actions restent toujours très lisibles et les ralentis qui les ponctuent s’avèrent moins lourdingues qu’à l’accoutumé en mettant bien en valeur les poses iconiques d’une Alita qui ne se révèle vraiment que dans la baston.

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La célèbre Gally… heu… Alita en plein action. Les seuls moments où on peut retrouver pleinement le charisme du personnage.

Si Alita : Battle Angel brille donc par ses effets spéciaux et ses scènes d’actions, cette adaptation nous laisse malgré tout un goût un peu amer. En effet, Rodriguez a beau s’être montré le plus appliqué des élèves, il est loin d’égaler le maître et semble s’être quelque peu pris les pieds dans le tapis de l’universalité chère à Cameron. Ainsi, Alita : Battle Angel, en voulant s’ouvrir à un large public, met de côté un traitement un peu plus bourrin qu’on aurait pu espérer du réalisateur de Desperado et Une Nuit en Enfer, et prend souvent des allures de film « Young adult », en témoigne cette romance plus embarrassante qu’émouvante entre une Alita un peu nunuche et un Hugo à la tête de minet. Aussi, si l’adaptation se montre globalement assez fidèle (même si je devrais sûrement me replonger dans le manga pour vérifier ça…), le film paraît souvent trop léger et il faudra attendre le dernier acte pour commencer à entrevoir de véritables enjeux et toucher du doigt la dimension tragique de l’oeuvre originale. Après, à vous de voir si cet honnête divertissement vous a suffisamment convaincu pour remettre le couvert puisqu’un final ouvert (qui m’a troublé et induit en erreur en faisant apparaître une ressemblance insoupçonnée entre James Cameron et un guest surprise !!!) vous invitera à découvrir la suite au prochain épisode…

CLÉMENT MARIE


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