La Mule

mv5bzgfmyjfjndytmznins00otbiltgyyjutmwniotmyntiwmwjlxkeyxkfqcgdeqxvymtyzmdm0ntu@._v1_sy1000_cr006741000_al_The Mule Thriller américain (2018) de Clint Eastwood, avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Michael Peña, Dianne Wiest, Taissa Farmiga, Alison Eastwood, Laurence Fishburne et Andy Garcia – 1h56

Un horticulteur octogénaire en difficulté financière accepte de faire la mule pour les cartels, transportant d’importantes cargaisons de drogue jusqu’en Illinois…

Pour se rattraper de son film le plus décrié et raté Le 15h17 pour Paris, Clint Eastwood s’est jeté sur La Mule, thriller inspiré de l’histoire vraie de Leo Sharp, un octogénaire vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui devint une mule prolifique pour un cartel. Pour incarner un héros de cet âge, Clint n’hésite pas à repasser devant sa caméra pour la première fois depuis dix ans et Gran Torino, qui partage avec ce nouveau film son scénariste Nick Schenk (et ça se sent). Principalement partagé entre la Géorgie (où vit le personnage de Clint) et l’Illinois (où travaille celui de Bradley Cooper, qui n’a pas hésité une seconde pour rempiler après American Sniper), le tournage de La Mule s’est ensuite baladé dans autant d’Etats que son protagoniste, Clint renouant avec une Amérique des grands espaces pour cet ultime film avant le prochain.

Clint Eastwood n’étant malheureusement pas éternel, on a très vite décrit La Mule, précédé d’une bande-annonce excessivement sombre, comme un film testamentaire, rédempteur, crépusculaire, etc. Sauf que si vous demandiez à Eastwood ce qu’il en pense, vous risqueriez fort de vous voir répondre que c’était juste une bonne histoire, avec un bon personnage dont les ressemblances avec son acteur seraient presque fortuites. Encore une fois, on aurait donc tendance à voir dans La Mule plus ou moins d’autres choses que son auteur a voulu y mettre, on voudrait y décrypter la pensée profonde du réalisateur, ses opinions politiques notamment, en fantasmant plus qu’en lisant le propos d’un film qui tient avant tout à son efficacité narrative, à sa ligne claire. Si La Mule ressemble pourtant bien à Eastwood, c’est plutôt par son côté libertarien irascible d’Américain qu’il faut pas faire chier, qui se fout pas mal de l’avis de son prochain, ce qui ne l’empêche pas de lui filer un coup de main. Une fois cela assimilé, on pourra profiter pleinement de La Mule, se laissant agréablement découvrir dans son ton étonnamment léger, souvent très drôle, bien loin de la noirceur qu’a voulu nous vendre en paquet de dix la bande-annonce.

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Earl (Clint Eastwood) et sa fille Iris (Alison Eastwood) tâtonnent une possible réconciliation : ce n’est pas le moment de faire sa tête de mule.

On retrouve donc Eastwood bien dans les bottes d’Earl Stone, horticulteur (si ça, ça veut pas dire cultivez votre jardin avant d’aller pisser sur les hortensias du voisin !), un brin réac (notamment par son aversion pour la technologie), un brin raciste (il laisse échapper un « nègre » qui ne manquera pas de faire couler beaucoup d’encre), bref un peu archaïque dans une Amérique dont il suit l’évolution bon an mal an. Il la suit si bien qu’il se retrouve endetté, exproprié, et ne trouve plus d’autres options qu’accepter ce job de mule qu’on lui propose, un job clandestin qui deviendrait presque, avec la candeur du papy Stone, un service de livraison comme un autre. La Mule est si désinvolte, si chaleureux (notamment dans sa lumière dirigée par Yves Bélanger, bien loin du quasi noir et blanc de Tom Stern) qu’il en oublierait presque d’être un thriller, bazardant quelque peu la traque de la DEA menée par Bradley Cooper qui se fait berné comme nous par le papy malin Eastwood. Ce dernier, fidèle à lui-même, renvoie les détracteurs et les polémistes à leurs élucubrations, réserve son pudique et émouvant mea culpa à la famille qu’il a délaissée (il fut un mari et un père assez déplorable mais cela ne nous regarde pas) et signe, en guise de « film testamentaire » si ça vous chante, une oeuvre qui, avec la même évidence classique que d’habitude, dit de profiter du temps qu’il reste à défaut de pouvoir rattraper celui qu’on a perdu. Donc merci encore, Clint.

BASTIEN MARIE

Autres films de Clint Eastwood sur le Super Marie Blog : Sully (2016) ; Le 15h17 pour Paris (2018)


Une réflexion sur “La Mule

  1. Pour ma part, « The Mule » est un très bon thriller dramatique disposant d’une histoire captivante, d’une intrigue rationnelle et d’un développement soigné et malicieux. Le rythme est plaisant, le récit est fluide et cohérent, la photographie est agréable et la bande originale est amusante. Les personnages sont attachants et la distribution offre de très bonnes prestations, cependant dominée par la performance de Clint Eastwood, qui s’avère séduisante et touchante. Un film simple, tout en maîtrise, qui saura charmer les fans de la star…
    Ma note : ★★★★☆
    Ma critique : https://wp.me/p5woqV-6RE

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