Charlie

mv5bnzfiztq4zjqtnjgyzi00yjc0lwi2y2ytnjk0yzm3nwewyjyzxkeyxkfqcgdeqxvymtqxnzmzndi-_v1_sy1000_cr006421000_al_Firestarter Film fantastique américain (1984) de Mark L. Lester, avec Drew Barrymore, David Keith, George C. Scott, Martin Sheen, Freddie Jones, Art Carney, Louise Fletcher et Heather Locklear – 1h50

Pour s’être prêtés à des expériences destinées à développer des pouvoirs psychiques, Andy et Vicky McGee ont donné naissance à Charlie, une petite fille douée de pyrokinésie. Malgré la protection de son père, la fillette est maintenant poursuivie par le Laboratoire, l’organisation secrète à l’origine de son état…

Huit ans après Carrie de Brian De Palma et sa jeune fille dotée de pouvoirs télékinésiques, Stephen King est de nouveau adapté avec Charlie et sa jeune fille dotée de pouvoirs pyrokinésiques. Entre-temps, l’auteur de Shining (et son jeune garçon doté de pouvoirs télépathiques) a pu imposer son nom sur les affiches de grands succès du cinéma fantastique. C’est pourquoi le nabab Dino de Laurentiis achète les droits d’adaptation de Charlie un million de dollars pour un film, coproduit par Universal, qui en coûtera quinze millions. Le projet est d’abord confié à John Carpenter qui, avec Bill Lancaster, le scénariste de The Thing sur lequel ils sont en train de travailler, rédige un script approuvé par Stephen King lui-même. Sauf que le film d’extraterrestre de Carpenter se crashe au box-office face à E.T. ; le réalisateur est donc remercié (il retrouvera King l’année suivante sur Christine) tandis que Drew Barrymore, starlette du film de Spielberg, se voit confier le rôle de Charlie, au détriment notamment de Heather O’Rourke, la gamine de Poltergeist.

La réalisation de Charlie échoit à Mark L. Lester, comptant à son actif nombre de bandes d’exploitation (dont un film de roller, Roller Boogie, avec Linda Blair, ça donne envie !), parmi lesquelles de Laurentiis repère Class 84, un vigilante adolescent un brin réac mais ayant fait un petit succès (y aura même la suite avec des robots, Class 99 !). Lester accepte immédiatement le job, dégraisse le script de Carpenter pour s’en tenir à une adaptation très fidèle et réunit un beau casting, qui compte tout de même Martin Sheen, remplaçant au pied levé Burt Lancaster et jouant à nouveau un méchant dans une adaptation de King un an après Dead Zone, et George C. Scott, pour lequel de Laurentiis a négocié une rallonge de budget d’un million de dollars ! Lester va légèrement déchanté sur le tournage, de son aveu le plus difficile de sa carrière, qui se déroule en Caroline du Sud par souci d’économies, avec une équipe technique majoritairement italienne par souci d’économies, et avec nombres d’effets pyrotechniques très complexes justifiant ces soucis d’économies. Ajoutons à cela le temps de travail très contraignant de Drew Barrymore du fait de son jeune âge, et l’infection que George C. Scott chope de son œil factice le rendant indisponible quelques jours. Lester peut tout de même être fier de lui, car personne n’a été blessé sur le tournage déjà, et ensuite parce que Charlie a impressionné Joel Silver au moment où celui-ci recherchait un réalisateur pour son prochain chef-d’oeuvre, Commando.

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George C. Scott dans le rôle d’un improbable bad guy qui a coûté un œil à la production.

Bien qu’aujourd’hui Charlie ne soit ni la plus connue ni la plus réussie des adaptations de Stephen King, il a tout de même assez retenu l’attention pour être pillé inspirer Stranger Things et faire l’objet d’un imminent remake, produit par Jason Blum et réalisé par Fatih Akin (?!). Une notoriété durable qui est sans doute due au bouquin  plus qu’au film de Lester qui se contente de l’adapter fidèlement. Une sage décision quand on a une mise en scène anonyme, consacrée essentiellement à l’efficacité propre à une honnête série B. Il en ressort un film indéniablement trop long pour son propre bien, mais miraculeusement soigné quand on sait les difficultés de la production. En sus de ses sympathiques séquences de pyrokinésie, Charlie peut aussi compter sur son solide casting, en particulier George C. Scott en bad guy aussi improbable qu’inquiétant. Ça suffit à faire passer la pilule d’un Charlie qu’on imagine moins profond que son modèle littéraire (paranoïa et relations père/fille y sont finalement futiles), et souffrant de l’inévitable comparaison avec deux films de Brian De Palma. D’abord Carrie évidemment, sur lequel Lester calque son final enflammé de belle facture, et puis Furie qui, dans le genre « jeune fille avec pouvoirs psychiques poursuivie par agence gouvernementale », se révèle autrement plus mémorable. Lester s’en sort quand même bien, et puis ce n’était qu’un échauffement pour son invasion d’un pays d’Amérique du Sud avec Schwarzy…

BASTIEN MARIE


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