Première Année

5693900Comédie dramatique (2018) de Thomas Lilti, avec Vincent Lacoste et William Lebghil – 1h32

Sur les bancs de la fac de médecine, Antoine entame sa première année pour la troisième fois, tandis que Benjamin arrive directement du lycée. Ils décident d’unir leurs forces et leurs capacités de mémoire pour venir à bout de cette terrible première année…

Après Hippocrate (actuellement développé en série télé) et Médecin de campagne, Thomas Lilti continue son exploration du corps médical dont il fit autrefois partie (en espérant qu’il s’arrête avant d’avoir à filmer une coloscopie) avec Première Année pour lequel, après l’internat aux urgences et la médecine rurale, il retourne sur les bancs de la fac. Vincent Lacoste redouble pour l’occasion face au petit nouveau William Lebghil, désormais bien loin de Soda et bien content de ne plus avoir à partager l’affiche avec Kev Adams sur Alad’2. Lilti et son équipe a squatté la fac Descartes à Paris pour un Première Année qui entend renouer avec le ton gentiment dénonciateur de Hippocrate et espère peut-être gonfler ses entrées au box-office grâce aux milliers d’étudiants qui ont du temps à tuer en attendant d’avoir des nouvelles de Parcours Sup.

Pour ceux qui auraient suivi avec assiduité la trilogie médicale de Thomas Lilti, Première Année leur apparaîtra comme un film plaisant, possiblement le meilleur des trois (c’est en tous cas mon avis) mais sûrement sans surprise. Le réalisateur y renouvelle une formule qui a déjà amplement fait ses preuves – la chronique douce-amère balançant entre humanisme et indignation – avec une expérience de cinéaste accrue, pas assez cependant pour transcender quelques limites tout aussi familières. Parmi celles-ci, il y a toujours cette difficulté de Lilti à dramatiser son propos, à s’engager dans une fiction qui menace de le faire tomber dans une invraisemblance grossière. Dans Première Année, c’est le burn out d’Antoine (Vincent Lacoste) qui donne lieu à des séquences un peu poussives malgré toute la conviction de l’acteur. Heureusement, Lilti se rattrape grâce à une chute que je ne vous révélerai évidemment pas mais qui conclue à merveille le film sur une idée qu’un documentaire ne pourrait pas offrir.

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Benjamin (William Lebghil) et Antoine (Vincent Lacoste) dans un sommeil pas trop réparateur.

A côté de ça, Première Année trouve rapidement son rythme de croisière avec son écriture éprouvée de chronique saupoudrée d’anecdotes qui « sentent le vécu », emmenée par deux acteurs très sûrs et crédibles. Mais le grain de sel qui rend, à mon avis, ce film supérieur aux deux précédents, c’est l’expérience acquise par Lilti, se démontrant ironiquement sur son récit d’apprentissage, lui permettant de livrer un film de montage plus que de scénario. Là où la thèse de Hippocrate se développait par des successions de situations très écrites, avec une caméra se contentant de se faire oublier pour faire vrai, le propos de Première Année suit bien mieux le rythme soutenu mais jamais assommant du film. Et Lilti y trouve régulièrement de petites idées visuelles qui rendent mieux compte, et de manière plus frappante et mémorable, du côté anxiogène et aberrant de la première année de médecine. Qu’il dénonce donc par l’image mieux qu’avec quelques lignes de dialogue. Première Année obtient donc la moyenne sans se fouler, en attendant de voir ce que donnera Lilti à la télévision.

BASTIEN MARIE


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