The Rocky Horror Picture Show

mv5bmtcxmjg5njq4ov5bml5banbnxkftztgwotk2ndk4nje-_v1_Comédie musicale américaine (1975) de Jim Sharman, avec Tim Curry, Susan Sarandon, Barry Bostwick, Richard O’Brien, Patricia Quinn, Little Neill, Jonathan Adams, Peter Hinwood, Meat Loaf et Charles Gray – 1h40

Sur la route pour annoncer leurs fiançailles à un ancien professeur, Brad et Janet tombent en panne et s’abritent dans un château tenu par Frank N Furter, excentrique leader d’extraterrestres transsexuels sur le point de présenter sa nouvelle création, Rocky…

A près de deux ans d’existence du Super Marie Blog, ma copine m’a posé une question que je redoutais un peu : « Pourquoi n’as-tu pas encore écrit sur ton film préféré, The Rocky Horror Picture Show ? » Elle en a de bonnes… Si seulement je savais pourquoi j’aime tant ce film ! Autant sur d’autres de mes films préférés comme Un jour sans finUne journée en enfer ou After Hours, je saurais dire exactement pourquoi je les adore (mais chut, sinon elle va me demander d’écrire sur eux aussi !), autant pour The Rocky Horror Picture Show j’aurais du mal à mettre le doigt sur l’origine de ma passion, adoration énigmatique que, je pense et j’espère, partagent nombre de fans du film. Evidemment, je n’aurais aucun mal à trouver quelques pistes de cet amour fou : l’efficacité narrative du film qui nous le fait traverser comme un rêve ou un cauchemar ou les deux, ses chansons folles qui me font inévitablement taper du pied et chanter à tue-tête, les interludes du criminologue qui m’ont toujours fasciné, l’énergie de ses acteurs d’un Tim Curry dans une forme jaggerienne à Richard O’Brien prenant un plaisir sadique à nous faire froid dans le dos, sans oublier Susan Sarandon montrant généreusement ses… talents. Cependant, savoir ce qui m’a tant plu et poussé à revoir ce chaud show, c’est un mystère insondable.

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Les lèvres du générique nous donnent leur baiser éternel…

The Rocky Horror Picture Show étant d’une excentricité peu commune, je suis convaincu que tout le monde se souvient de la première fois qu’il l’a vu. Pour moi, il y avait eu une première occasion manquée le soir où il passait en prime time sur Canal +, que je n’aurais pas manqué s’il n’y avait eu cette foutue école le lendemain. Heureusement, comme s’il avait deviné qu’il serait happé par le culte du film, le frangin avait eu la bonne idée de l’enregistrer. Et je tombais sur la fameuse VHS deux ans plus tard. Je l’insérais pour la première de nombreuses fois dans le magnétoscope à l’âge de 7 ans. Un âge où on se fout encore des charmes de Susan Sarandon, où on passe à côté de tous les sous-entendus sexuels, où on ne possède pas le savoir encyclopédique du cinéma de genre, encore moins pré-70’s, pour reconnaître les références nombreuses dès la première chanson (https://www.youtube.com/watch?v=ts8H7Z5PNDY), et où même tous ces prérequis seraient bien inutiles puisqu’on a déjà du mal à lire les sous-titres en entier. Et malgré tout ça, je revoyais le film dès le lendemain ! Je me suis tout simplement pendu aux lèvres du générique pour ne plus les lâcher de tout le métrage, sans même comprendre que le corps découvert au repas était celui d’Eddie qui entonnait Hot Patootie quelques minutes plus tôt. Et je n’ai jamais consulté un psy pour en savoir plus.

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Frank N Furter (Tim Curry) trône fièrement au milieu de ses compatriotes de Transsexual.

Pour me rassurer, je me dis que même un docteur en cinéma aurait bien du mal à analyser le succès de The Rocky Horror Picture, véritable ça cinématographique gentiment intempestif. C’est le film culte par excellence, sorti dans l’indifférence générale, même avec une promo bénévole d’Elvis, retenu au bord du précipice de l’oubli par la volonté d’un projectionniste new-yorkais qui, sans le savoir, allait fonder une communauté mondiale de fans et offrir à Jim Sharman, pas plus connu avant qu’après, la chance d’être l’auteur du film à la plus longue exploitation de l’histoire : The Rocky Horror Picture Show n’a pas quitté les écrans depuis 1975 ! Dans ta gueule, Dark Vador, tu viens de te faire botter le cul par un Frankenstein transsexuel ! Car le film ne se célèbre pas seulement par le cosplay, mais aussi par tout un rituel de projection. C’est d’ailleurs amusant de se dire qu’aujourd’hui il appartient peut-être à Disney via le rachat de la Fox ; pas besoin de dépenser des milles et des cents pour créer une attraction Rocky Horror dans leurs parcs, le projeter suffit.

Quant à sa place dans l’histoire du cinéma et de la pop culture, elle est essentielle, incontournable, comme un météore dans la nuit à nul autre pareil, si ce n’est peut-être une troublante gémellité avec Phantom of the Paradise, sorti un an avant avec aussi peu de chance au box-office. Ce dernier adaptait Gaston Leroux et Faust à la musique de Paul Williams et la caméra virtuose de Brian De Palma ; The Rocky Horror Picture Show, plus anonyme en terme de mise en scène (il faut dire qu’il y a déjà assez de singularité devant la caméra), se montrait toutefois tout aussi pionnier dans le délire méta s’amusant et se réappropriant les codes du cinéma de genre passé, moins dans une posture revendicatrice que dans une joyeuse célébration du droit d’être bizarre. C’est pourquoi The Rocky Horror Picture Show vous provoquera une électricité tout le long de votre petit corps… ou vous laisser complètement de marbre. L’alchimie de ce film me paraît encore inexplicable au bout d’une centaine de visions, mais elle perdurera encore un demi-siècle au moins, The Rocky Horror Picture Show s’imposant aux yeux des cinéphiles à une place qui n’appartient qu’à lui.

BASTIEN MARIE

Je dédie cet article à mon pote Manu, un vrai transylvanien reparti trop tôt vers Sweet Transsexual. Mais t’inquière, we’ll do the Time Warp again !!


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