Kin : le commencement

2321171Kin Film de science-fiction américain (2018) de Josh & Jonathan Baker, avec Myles Truitt, Jack Reynor, Zoë Kravitz, Dennis Quaid et James Franco – 1h42

A Detroit, le jeune Eli Solinski trouve une arme futuriste juste avant de se faire embarquer par son grand frère Jimmy, tout juste sorti de prison, dans sa cavale pour échapper aux gangsters auxquels il doit de l’argent. Une cavale à laquelle se joignent les propriétaires casqués de l’arme…

L’an dernier, le distributeur SND avait fait un coup de poker avec Seven Sisters, thriller SF porté par Noomi Rapace qui sortait à la dernière semaine d’août, s’éloignant ainsi des blockbusters concurrents et profitant de la morne rentrée de septembre pour taper le million d’entrées. Il semblerait qu’ils aient retenté le coup cette année avec Kin : le commencement, premier film des frères Baker. Ces derniers ont repris le concept de leur court-métrage Bag Man (2014), en ont confié l’écriture de l’allongement à Daniel Casey (qui planche actuellement sur Fast & Furious 9) et ont réussi à convaincre Shawn Levy et sa boîte 21 Laps Entertainment, productrice de Stranger Thingsà mettre ses billes dans un projet qui sera ensuite acheté à Toronto par Lionsgate pour 30 millions de dollars ! Le studio espère en tirer une franchise en cas de succès… ce qui semble assez mal barré.

Le titre original prenait au moins la précaution de s’en tenir à Kin alors que chez nous, l’ajout d’un « commencement » en sous-titre trahit cette envie de franchise. Manque de bol, il y a tellement peu à se mettre sous la dent dans le film des frères Baker qu’on voit mal comment une suite pourrait être mise en chantier. A défaut, on se retrouve avec un film qui ressemble plus à un pilote de série télé, avec une intrigue bien poussive, centrée sur des personnages transparents, jusqu’à un cliffhanger tardif. Influence néfaste de la narration télévisuelle ou frilosité à développer la suggestion du court-métrage d’origine ? Quoiqu’il en soit, on s’ennuie ferme face à ce road movie SF pompant sans vergogne Terminator (et le citer via une borne d’arcade n’excuse rien, bien au contraire), le suspens et l’action en moins.

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Le regard dans le vague, Zoë Kravitz se souvient de ce temps béni où elle jouait dans Mad Max Fury Road

Bien loin d’être les nouveaux Wachowski donc, même avec un élu black de quatorze ans, ni même les nouveaux frères Duffer, plus complexés qu’eux dans leur pillage des 80’s, les Baker se retrouvent coincés avec leur situation de départ et leurs personnages sans savoir qu’en faire. Le doute règne tant à la fabrication de Kin qu’il ne peut devenir que dangereusement inconséquent, avec un gosse qui fait mumuse avec le gros flingue qu’il vient de trouver (la morale attendra la suite), tandis qu’une strip-teaseuse (Zoë Kravitz, complètement larguée) prend le pognon qu’il lui donne avec un sourire attendri. Oui, c’est très douteux… Mais peu importe puisque l’épilogue confirme définitivement le peu de confiance que Kin confère en l’humanité. Si ce n’est pour un énième cabotinage de James Franco – ce qui fait de lui le meilleur acteur du film – nous ne vous recommandons donc pas Kin : le commencement qui, vraisemblablement, ne devrait pas être le commencement de grand chose…

BASTIEN MARIE


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