Sicario : la guerre des cartels

mv5bmjgyowrhmdctztzlnc00m2i1lwi0ndqtyzlmoddmyjy2mthixkeyxkfqcgdeqxvymzy0mte3nzu-_v1_sy1000_sx675_al_Sicario : Day of the Soldado Film d’action américain, italien (2018) de Stefano Sollima, avec Benicio Del Toro, Josh Brolin, Isabela Moner, Elijah Rodriguez, Jeffrey Donovan, Matthew Modine et Catherine Keener – 2h02

Alors que les cartels mexicains ont ajouté à leur trafic de drogue celui des migrants, le gouvernement américain engage Matt Graver pour déclencher une guerre entre eux. Il fait de nouveau appel à Alejandro pour mener l’enlèvement d’Isabel Reyes, la fille d’un chef de cartel. Mais l’opération ne se passe pas comme prévu…

On attendait assez peu une suite de Sicario, justifiée ni par sa qualité, assez moyenne, ni par son succès au box-office, assez moyen aussi. Mais toujours avec Taylor Sheridan au scénario après les excellents Comancheria et Wind River, et sans Denis Villeneuve derrière la caméra, on s’y est laissé prendre. Au casting, Josh Brolin et Benicio Del Toro, s’éloignant des marvelleries et caméo pour Star Wars pour gonfler le compte en banque, reprennent leurs rôles, tandis qu’Emily Blunt passe son tour, son personnage étant déjà peu intéressant dans le premier. Et pour diriger le tout, on a fait appel à l’italien Stefano Sollima, fils de Sergio, grand nom du western spaghetti.

Et on a bien fait de s’y laisser prendre car ce Sicario : la guerre des cartels est sans problème supérieur à son modèle. Le film s’assume bien plus comme un film d’action et se montre plus décomplexé par rapport à son contexte politique. Stefano Sollima se débarrasse de la pesanteur de son prédécesseur et humanise grandement des personnages qui étaient restés archétypaux. Josh Brolin y trouve son meilleur rôle pour cette année et Benicio Del Toro profite de chaque occasion et de chaque évocation du passé de son personnage pour le rendre plus vulnérable et émouvant. Quant à la brebis jouée par Emily Blunt qui découvrait que oh, tiens, le gouvernement américain est pas gentil en fait, son absence permet à Sicario : Day of the Soldado non seulement de proposer un jeune rôle féminin bluffant pour Isabela Moner dans le rôle de la fille du chef de cartel (autant dire qu’on lui la fait pas à celle-là !), mais aussi de poser son sale contexte de manière bien moins naïve, n’ayant pas peur de se salir les mains dans ce qui est, ni plus ni moins, qu’une guerre mafieuse. Un pessimisme qui sied bien mieux au néo-western né de la plume de Taylor Sheridan.

mv5bmjmxyzcxowytytjkmy00ztqzlwfhy2itndg3mtrkngzkymzmxkeyxkfqcgdeqxvyntc5otmwotq-_v1_sy1000_cr0014961000_al_
Alejandro (Benicio Del Toro) et sa captive Isabel Reyes (Isabela Moner) : le soldat se serait bien privé du babysitting…

Et le western, c’est visiblement dans les gênes de Sollima. Son film d’action fonce droit vers une épure qui offre une dernière demi-heure de film remarquable et que je n’oserai évidemment pas vous révéler. Avant cela, le réalisateur cherche une efficacité de chaque instant, rendant limpides les manigances du gouvernement ricain et terrifiantes les représailles des cartels, mêlant habilement les différentes directions prises par le script de Sheridan. Ce dernier a sans doute aiguisé sa plume entre-temps ; toujours est-il que ce second volet est d’une précision fort bienvenue là où son modèle se montrait plus nébuleux (ou est-ce juste le souvenir que j’en ai ?). Et avec son troisième volet apparemment déjà sur les rails, Sicario est passé de thriller présenté en trop grandes pompes à Cannes à une solide série d’action dont on peut, cette fois, attendre la suite.

BASTIEN MARIE


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s