Les Indestructibles 2

mv5bzdrimdy4ztytyze2ny00y2vlltlizjutnjy5mdy4ntgzzde3xkeyxkfqcgdeqxvyndg2mjuxnjm-_v1_sy1000_cr006741000_al_The Incredibles 2 Film d’animation américain (2018) de Brad Bird – 1h58

Après une intervention encore pointée du doigt par les autorités, les Indestructibles sont approchés par un magnat de la télécommunication qui, fan de leurs exploits, leur propose un plan pour autoriser les super-héros à exercer de nouveau. Elastigirl est désignée pour redorer ce blason la première, mais elle est confrontée à l’Hypnotiseur, un terrible génie du mal utilisant les écrans pour manipuler ses victimes…

Dans les treize années qui ont séparé les deux volets, on n’a pas vu un film de super-héros arriver à la cheville des Indestructibles. L’attente d’une suite fut donc très longue mais elle ne pouvait arriver que par la volonté d’un seul homme : Brad Bird. Déjà que Pixar avait produit le premier épisode comme un mea culpa au réalisateur, leurs premiers succès ayant contribué à balayer son magnifique Géant de fer, on se doutait bien que le studio n’allait pas donner suite aux aventures de la famille Parr sans sa participation. Ainsi, après un passage par le cinéma live qui l’a vu signer le meilleur épisode de Mission : Impossible puis subir l’injuste échec de Tomorrowland, Brad Bird fait son grand retour dans l’animation avec Les Indestructibles 2 qui a profité du retard de Toy Story 4 pour sortir encore plus tôt que prévu. Et une fois n’est pas coutume, il écrase toute concurrence…

Soyez rassurés, Les Indestructibles 2 est au moins aussi bon que son modèle, dont il est une suite/remake. Passée une scène d’ouverture rimant avec le climax d’il y a treize ans, la suite reprend la structure du premier en inversant les rôles : cette fois, c’est Elastigirl qui retrouve le goût des aventures d’antan sous l’impulsion d’un admirateur, tandis que Mr Indestructible s’occupe tant bien que mal du foyer familial. Le tout est mené à un train d’enfer, montrant l’incroyable assurance de son auteur et ne nous laissant jamais soupçonner qu’avec son métrage de près de deux heures, filant à toute allure, Les Indestructibles 2 est le film le plus long sorti des studios Pixar. Il faut dire qu’en plus d’ouvrir la porte à de nouveaux personnages, le film affine encore les rapports étroits entre les pouvoirs et la personnalité des membres de la famille, entre un Mr Indestructible dépassé par quelque chose qui lui résiste enfin, ses responsabilités familiales, ou Violette ne supportant plus son invisibilité, surtout aux yeux de son amour de lycée. Et puis il y a un personnage magique qui émerge de cette suite, un peu délaissé dans le premier : le petit Jack-Jack ! Alors qu’on découvre peu à peu ses pouvoirs, notamment dans une baston homérique et hilarante avec un raton-laveur autrement plus expressif que celui des Gardiens de la galaxie, Jack-Jack porte le savant équilibre entre la drôlerie et l’inventivité, aussi irrésistibles l’une que l’autre, de cette suite, et ce sans jamais être autre chose qu’un bébé, aussi mignon que dangereux.

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Cette fois chez les Indestructibles, c’est madame qui a droit à la super-bécane pendant que monsieur s’occupe des gosses…

Le traitement de Jack-Jack à lui seul suffirait à prouver l’intelligence suprême de Bird et Pixar sur l’animation moderne (ou ne serait-ce que par rapport à Baby Boss). Mais par bien des aspects, Les Indestructibles 2 se hisse aisément au sommet de la création hollywoodienne actuelle, gagnée par la fièvre super-héroïque de surcroît. Avec l’élégance des années 50 et 60 qui inspirent son excellente direction artistique et le score génial de Michael Giacchino (a-t-on besoin d’attendre février pour lui filer un Oscar ?), Bird renoue avec une insouciance virtuose qui nous avait aussi grandement manqué dans les blockbusters (depuis quand n’avait-on pas ressenti cette envie d’acheter tous les jouets du film pour en poursuivre son imaginaire ?), à des années lumière du cynisme roublard de ses lointains cousins marvelliens. Un duel qui se retrouve mis en abyme dans le film avec le génie maléfique sans équivoque de son glaçant méchant l’Hypnotiseur, usant des écrans pour manipuler ses victimes amorphes. Heureusement que les Indestructibles sont là pour nous sauver, pauvres spectateurs, avec une mise en scène qui fait feu de tout bois, jonglant avec les pouvoirs des uns et des autres, attisant sans cesse notre regard dans chaque recoin de l’écran, multipliant les idées quitte à nous laisser sur le carreau plutôt qu’à les sur-expliquer ou à leur imposer une ironie inopportune. Bref, Les Indestructibles 2 nous réveille un bon coup et nous ramène une fraîcheur qui nous occupera bien encore une quinzaine d’années au moins…

BASTIEN MARIE


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