Quand Harry rencontre Sally…

18751852When Harry Met Sally… Comédie romantique américaine (1989) de Rob Reiner, avec Billy Crystal, Meg Ryan, Carrie Fisher et Bruno Kirby – 1h36

Harry et Sally se rencontrent en partageant une voiture pour aller de leur université de Chicago à New York mais le trajet leur semble interminable. Ils se croisent une nouvelle fois quelques années plus tard à l’aéroport mais ne s’apprécient toujours pas. Encore plus tard, alors que tous deux se remettent d’une rupture difficile, ils se rencontrent à nouveau et, cette fois, deviennent amis…

Ça y est, la coupe du monde vient de commencer. Et pour pouvoir regarder les matchs tranquillement, j’ai promis à ma copine de revoir et de parler d’un de nos films préférés, Quand Harry rencontre Sally… qui a tué le game de la comédie romantique. Ce devrait être une formalité tant je connais le film par cœur, et en même temps c’est un challenge de mettre le doigt sur la parfaite alchimie du film. Mais je pense qu’autant tactiquement que techniquement, j’ai le potentiel pour y parvenir et ramener les trois points à la maison.

Quand Harry rencontre Sally…, c’est essentiellement quatre artistes dont la collaboration tourne à l’alignement de planètes. Chacun y offre le meilleur de lui-même, un meilleur qu’on ne retrouvera plus par la suite dans leurs carrières respectives. S’il enchaînera avec Misery (que Harry feuillette dans le film) et dirigera les premiers scénarios d’Aaron Sorkin (Des Hommes d’honneurLe Président et Miss Wade), Rob Reiner ne connaîtra plus un tel succès, en tous cas pas dans la comédie, allant jusqu’à s’embourber dans une suite du Lauréat ! S’éloignant aussitôt de la comédie romantique, Billy Crystal préférera mettre son talent comique au service de la présentation des Oscars plutôt que sur le grand écran. Mesdames la scénariste Nora Ephron et Meg Ryan vivront encore plus dans l’ombre de leur classique, tentant en vain de capturer à nouveau le coup de foudre avec Tom Hanks dans les dispensables Nuits blanches à Seattle et Vous avez un mess@geQuand Harry rencontre Sally… va donc jusqu’à surclasser la carrière de ses propres instigateurs, visant dans le mille dès le premier coup.

19179134
Rob Reiner pose, hilare, au milieu de son couple de stars.

S’ils s’étaient doutés à l’époque que le film deviendrait une telle référence… A sa sortie, Quand Harry rencontre Sally… n’est au mieux qu’une jolie variation des réussites du Woody Allen des années 70 comme Manhattan ou Annie Hall. La preuve d’ailleurs, les nominations que le film glane aux récompenses annuelles restent sans suite, les trophées allant tous à un Driving Miss Daisy bien plus anecdotique et mielleux. Mais son influence se fait très vite ressentir, notamment dans la sitcom (Friends lui doit beaucoup) et surtout dans les nombreux ersatz qui pullulent, chaque comédie romantique sortie par la suite étant condamnée à devenir « le nouveau Quand Harry rencontre Sally… » avant la prochaine. Pour échapper à cette épée de Damoclès, le genre s’est depuis accommodé du high concept, alors que le film de Rob Reiner n’en a, lui, aucun de grand concept, sinon l’illustration de l’élémentaire règle de scénariste « boy meets girl » (qui fut d’ailleurs un titre provisoire du film). Quand Harry rencontre Sally… ne raconte rien d’autre que quand Harry rencontre Sally, rencontre(s) agrémentée(s) de dialogues et réflexions piochés chez les amis de Nora Ephron, entre deux personnages dont on se demande bien ce qui les distingue de n’importe quels autres new yorkais, dont les histoires d’amour racontées en interludes pourraient faire d’aussi bons films.

19179130
Sally (Meg Ryan) et Harry (Billy Crystal) tout juste arrivés à New York à l’issue de leur première rencontre ; c’était pas gagné à l’époque.

Mais la merveille de Quand Harry rencontre Sally… tient à son timing de vannes qui fusent, ne résultant pas seulement du bon mot mais aussi des situations dans lesquelles on le sort, dans une mise en scène et un montage qui dissimulent leur perfection dans une aisance désarmante, demeurant intacte à la centaine de visions. Et chacun apporte son smatch au ping-pong comique. La conversation téléphonique impossible à quatre combinés, c’est du Rob. Les running gags sur la maniaquerie de Sally et l’angoisse existentielle de Harry, c’est du Nora. La fameuse simulation d’orgasme au milieu d’un restaurant bondé, c’est Meg. La vanne sur les Kennedy trahissant une criante différence d’âge, c’est Billy. Sans parler de Carrie Fisher et Bruno Kirby, les meilleurs copains ayant aussi leurs scènes mémorables. On pourrait passer des heures à étiqueter les trouvailles de chacun, mais le réalisateur et la scénariste et les deux stars forment de si parfaits couples que ça n’en vaut pas la peine. Tout aussi inutile serait de dissocier les moments écrits à la virgule près et les improvisations très inspirées, fusionnant parfois dans une même scène sans aucun soupçon de déséquilibre. La plus belle ironie de Quand Harry rencontre Sally…, c’est donc de voir un film voulant décortiquer et déconstruire les rouages de la parfaite romance hollywoodienne en usant d’une harmonie inhérente à celle-ci.

BASTIEN MARIE


Une réflexion sur “Quand Harry rencontre Sally…

  1. Coucou,

    C’est le meilleur film romantique que j’ai regardé ! J’ai même versé une larme à la fin. D’ailleurs, je recommande ce long-métrage à tous les couples qui souhaitent organiser une soirée de cinéma en amoureux.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s