Jurassic World : Fallen Kingdom

3826877Film fantastique américain, espagnol (2018) de Juan Antonio Bayona, avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, James Cromwell, Rafe Spall, Ted Levine, Toby Jones, Daniella Pineda, Justice Smith, Isabella Sermon, B.D. Wong, Geraldine Chaplin et Jeff Goldblum – 2h08

Trois ans après la fermeture du parc Jurassic World, l’Isla Nublar est menacée par le réveil d’un volcan. Owen et Claire sont envoyés sur l’île pour sauver le plus de dinosaures possible de l’éruption imminente. Mais les intentions de leurs commanditaires pourraient être autre chose que la seule sauvegarde des espèces…

Attention, cette bafouille peut contenir du spoil ! Donc, si vous n’avez pas vu le film, vous connaissez la musique…

Avec son milliard et demi de dollars au box office, Jurassic World allait inévitablement connaître une suite, annoncée dans la foulée de la sortie du reboot. Le réalisateur de celui-ci, Colin Trevorrow, pond le script avec son pote Derek Connolly mais ne peut pas le réaliser puisqu’on l’appelle pour l’épisode 9 de Star Wars. La bonne nouvelle est redoublée par l’annonce de son remplaçant : Juan Antonio Bayona. Un répit de courte durée puisque, après l’échec cuisant de Book of Henry et à cause d’un melon grossissant aussi vite que les recettes de son reboot, Trevorrow a été viré de son Star Wars, pas assez vite pour reprendre les manettes de ce second volet mais le laissant dispo pour un troisième déjà annoncé pour 2021…

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Juan Antonio Bayona va-t-il se faire bouffer par ses producteurs dinosaures ?

En attendant cette apocalypse, fictive et réelle, on retrouve donc Juan Antonio Bayona à la tête de son premier blockbuster hollywoodien. Les majors lui faisaient déjà du pied avant même la sortie de son premier long-métrage, L’Orphelinat, mais Bayona refusait toutes les propositions, préférant ses propres coproductions européennes beaucoup plus personnelles (et pas exempt de succès comme The Impossible, le plus gros carton du box office espagnol). Jusqu’à ce que Steven Spielberg en personne lui passe un coup de fil… Bayona sait bien qu’on ne peut pas dire non à Spielberg, tout comme il sait que sa marge de manœuvre sur Jurassic World : Fallen Kingdom sera limitée, surtout avec un scénario déjà validé avant son arrivée sur le projet. Mais bon, cette petite escapade dans le monde des dinosaures, même balisée, ne peut pas faire de mal au CV…

Je dois avouer qu’en entrant dans la salle, j’avais encore le mince espoir que Bayona soit parvenu à balayer les mémos du studio et à emmener Jurassic World : Fallen Kingdom vers des sommets, mais que, si tel n’était pas le cas, j’aurais au moins un film de dinosaures convenablement mis en scène et moins idiot et cynique que son prédécesseur. Et c’est bien cela que j’ai eu. Bayona se reconnaît dans des velléités de mise en scène éparses dans l’extrapolation déraisonnée de l’univers créé par Michael Crichton et Spielberg. On se rend compte très vite de la roublardise de l’écriture de Colin Trevorrow et Derek Connolly, appelant à la rescousse Jeff Goldblum pour résumer vite fait la situation sans être capable de lui faire succéder des personnages un tant soit peu intéressants. Le joli minois de Bryce Dallas Howard et le flegme de Chris Pratt se remettent au service de héros nullement approfondis, embarrassés par la frigidité de leur romance cucul. On leur adjoint deux jeunes geeks inutiles prouvant une énième fois le profond mépris de Hollywood à leur égard. Dans le casting, seuls s’en sortent le routard James Cromwell, trouvant une nouvelle occasion d’exposer son engagement pour la cause animale, et Géraldine Chaplin qui, de son point de vue, ne doit pas s’apercevoir de la différence avec ses autres collaborations avec Bayona. Quant à la gamine du film, nul doute que le réalisateur aurait adoré lui rendre honneur, si seulement le film lui en laissait le temps. Finalement, le personnage le plus développé de cette suite, c’est le vélociraptor Blue dont la docilité est rendue encore un peu moins improbable.

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La petite Maisie (Isabella Sermon) avait bien vu un monstre dans le placard…

Dans la première partie du film – la rocambolesque évacuation de l’Isla Nublar destinée à remplir les bandes-annonces – Bayona ronge donc son frein, ménageant quelques jolies apparitions de dinosaures et une scène d’adieu émouvante. Mais il profite ensuite de la bifurcation du script – les dinosaures sont parqués dans un manoir en attendant la vente aux enchères qui décidera de leur destin – pour retrouver ses amours gothiques (dans lesquels les dinos s’insèrent incroyablement bien) et pour signer moins un film d’aventures que d’épouvante. Beaucoup plus inspiré que son prédécesseur pour mettre en lumière, ou plutôt en ombres, l’aberration de la nature que sont ses créatures issues de manipulations génétiques, Bayona leur prête une envergure comparable à celle d’une créature de Frankenstein dans une mise en scène enfin libérée des injonctions scénaristiques. La grande idée du réalisateur est donc de combler les trous de la séquence ADN avec les gênes des monstres Universal d’antan, ce qui semble être aussi un pied-de-nez au studio juste après son lamentable échec d’en faire un univers étendu. On retrouve donc autant de Del Toro que de Spielberg dans ce Fallen Kingdom, livrant quelques images et séquences marquantes (il y a de quoi faire des cauchemars de l’intrusion du dinosaure dans la chambre de la gamine dans une parfaite image de peur enfantine) avant que la franchise ne retombe dans sa dégénérescence déjà programmée.

BASTIEN MARIE

Autre film de Juan Antonio Bayona sur le Super Marie Blog : Quelques minutes après minuit (2016)


Une réflexion sur “Jurassic World : Fallen Kingdom

  1. Salut,

    Petit, j’étais passionné par les dinosaures. Voilà pourquoi l’un de mes films préférés était Jurassic Parc. Depuis mon enfance, je suis la saga et j’ai été vraiment émerveillé par tous les longs-métrages qui sont sortis jusqu’à présent. D’ailleurs, j’ai vu le 5e volet au cinéma et j’ai kiffé !

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