Robe de sang

mv5bzmu5zwixmtutntg0ny00ztu4ltk2ndqtndi4ztq4otmzmdk5xkeyxkfqcgdeqxvynjq2mjq5nzm-_v1_sy1000_cr006801000_al_I’m Dangerous Tonight Film d’épouvante américain (1990) de Tobe Hooper, avec Mädchen Amick, Corey Parker, Daisy Hall, R. Lee Ermey, William Berger, Dee Wallace et Anthony Perkins – 1h40

Trouvant une ancienne cape aztèque rouge à un vide-grenier, Amy la transforme en robe. Mais elle découvre que le tissu est possédé et que quiconque la revêt subit son influence maléfique…

S’il ne m’a fallu aucune excuse pour écrire récemment sur des navets aussi affligeants que Deadpool 2 ou Action ou vérité, je peux au moins prétexter un hommage tardif et modeste à R. Lee Ermey pour parler aujourd’hui de cette Robe de sang. Et oui, plutôt que de revenir une énième fois sur son rôle emblématique de Full Metal Jacket, ou même de sa reprise dans l’excellent Fantômes contre fantômes de Peter Jackson, j’ai préféré exhumer ce téléfilm réalisé par Tobe Hooper en 1990 et sorti en DVD dans la collection « Trésors du fantastique » (appellation qui me semble en l’occurrence un brin exagérée) par l’éditeur Movinside qui veut si bien nous le vendre qu’il prétend sur la jaquette que le maquilleur Howard Berger (le B de KNB) y tient un rôle. Alors que pas du tout, c’est en fait William Berger, un vétéran du western.

La genèse de Robe de sang commence par l’adaptation d’une nouvelle pulp de Cornell Woolrich (auteur déjà adapté par Hitchcock et Truffaut tout de même) par le scénariste et producteur de télévision Bruce Lansbury, qui créa notamment pour sa grande sœur Angela la série Arabesque. Il en confie la réalisation à Tobe Hooper qui, lessivé par ses années Cannon, débute son purgatoire télévisuel qui fera bouillir sa marmite pendant une quinzaine d’années. Pour ce téléfilm, on lui fournit quand même un beau casting avec R. Lee Ermey donc, mais aussi Dee Wallace (E.T.Hurlements) et Anthony Perkins, lui aussi abonné au petit écran sur sa fin de carrière, tandis que le rôle principal est confié à Mädchen Amick, future égérie de Twin Peaks.

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Amy (Mädchen Amick) passe un coup de fil, sans doute parce qu’elle veut retourner la robe au vendeur.

Je ne vous cache pas en revanche que Robe de sang reste un téléfilm très anecdotique dans la carrière de Tobe Hooper, tout juste sevré de son addiction à la cocaïne qui faisait le bonheur d’un Lifeforce – et métaphoriquement évoquée par le pouvoir de la robe rouge ? Le sieur se contente de faire le boulot derrière la caméra, les impératifs télévisuels (mollo sur le sexe et le sang) empêchant toute saillie de ses habitudes horrifiques. Hormis une grand-mère bien flippante qui n’aurait pas dépareillé dans la famille dégénérée de Massacre à la tronçonneuse, le reste doit se contenter du hors-champ (on coupe une scène de meurtre juste avant une émasculation sauvage à la lame de rasoir) ou de l’esquive (la scène très rigolote de l’héroïne qui allume un quaterback avec sa robe rouge mais qui refuse de conclure dès qu’il lui enlève). Robe de sang doit donc rester très sage mais tient à rester divertissant avec un scénario jamais à court de péripéties.

Sans doute influencé dans ce sens par la nature pulp et feuilletonesque de son modèle littéraire, le scénario de Bruce Lansbury et Philip John Taylor renouvelle constamment le suspens, pas bien épais de toute façon, du récit. Ainsi, selon le personnage qui met la main sur la robe rouge, Robe de sang prend diverses directions. Si certaines restent un peu sur le carreau (comme un aspect « revanche de Cendrillon » malheureusement trop bref), ça permet au moins de pas trop s’emmerder, comme quand le personnage de Dee Wallace surgit à la moitié du film sans crier gare. Et puis le casting apporte beaucoup. La jeune Mädchen Amick porte aussi bien le film que la robe, ayant autant de charme en girl next door qu’en femme fatale. Dee Wallace ne déroge pas à l’enthousiasme qu’elle a porté sur des décennies de cinéma de genre, et R. Lee Ermey prête sa trogne, pour une fois réconfortante, à un flic bien plus mesuré que ses militaires braillards. Quant à Anthony Perkins, c’est moins à celui de Psychose que de Psychose 4 qu’on a affaire, fidèle à son irrésistible cabotinage de fin de carrière, empruntant à Nietzsche la morale de l’histoire qu’il récite en regardant carrément la caméra sans ciller ! Le genre de détail irrésistiblement cheap que même un film très mineur de Hooper nous offre généreusement…

BASTIEN MARIE


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